Développement et Paix https://devp.org Thu, 19 Mar 2026 13:04:21 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://devp.org/wp-content/uploads/2024/05/Favicon-transparent-1-150x150.png Développement et Paix https://devp.org 32 32 Messe télévisée le Jour du Seigneur pour le Dimanche de la solidarité https://devp.org/fr/messe-televisee-le-jour-du-seigneur-pour-le-dimanche-de-la-solidarite/ Wed, 18 Mar 2026 13:40:12 +0000 https://devp.org/?p=127282

Par Pascal André Charlebois, animateur régional Est-du-Québec

Au cœur du Carême, temps de préparation à la fête de Pâques qui commémore la Passion et la Résurrection du Christ, s’inscrit la campagne Carême de partage de Développement et Paix – Caritas Canada, l’organisation officielle de solidarité internationale de l’Église catholique au Canada fondée par les évêques canadiens en 1967. Sa mission est d’agir sur les causes profondes de la pauvreté, de l’oppression et des inégalités en travaillant avec des partenaires locaux dans des pays du Sud ainsi qu’en mobilisant la population canadienne pour la dignité de la personne humaine, la justice sociale et la paix dans le monde.

Le 22 mars 2026, 5e dimanche du Carême, nous célébrerons à la grandeur du pays le Dimanche de la solidarité. En ce dimanche, les évêques encouragent les membres des communautés chrétiennes de leur diocèse à prier pour la paix, à témoigner en Église du travail dans le monde de Développement et Paix – Caritas Canada ainsi qu’à faire un don lors de la quête commandée pour soutenir sa mission et son travail humanitaire. Les personnes qui ne pourront faire leur don Carême de partage dans leur communauté chrétienne peuvent le faire en ligne sur le site Internet de Développement et Paix en cliquant sur le lien Faire un don | Développement et Paix – Caritas Canada, par téléphone au numéro sans frais 1 888 234-8533 ou par la poste à Développement et Paix 555, boul. René-Lévesque Ouest, 8étage Montréal (Québec) H2Z 1B1.

L’an dernier, la générosité des personnes donatrices a contribué à soutenir 47 partenaires et 59 projets de développement communautaire et d’aide humanitaire dans 34 pays d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Asie, d’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. Pour en savoir plus sur ces accomplissements, nous vous invitons à consulter la version numérique du rapport annuel 2024-2025.

La messe télévisée Le Jour du Seigneur du 22 mars 2026 diffusée à 10 h HE (11 h HA) sur le réseau français ICI Radio-Canada Télé portera le Dimanche de la solidarité. La célébration eucharistique sera présidée par Frère Louis Cinq-Mars de l’Ordre des frères mineurs capucins. Le mot d’ouverture de la messe télévisée soulignera le Dimanche de la solidarité.  Les intentions de la prière universelle tiendront compte de la portée de la campagne Carême de partage qui a pour thème de cette année Sur la voie de la justice. Lors de l’homélie, le célébrant témoignera de la mission de Développement et Paix – Caritas Canada et de son action dans le monde.

Cette messe télévisée est diffusée en direct de l’Oratoire Saint-Joseph de Québec. Ce magnifique oratoire ouvert au public se trouve dans la Maison mère des Sœurs Saint-Joseph de Saint-Vallier située au 560, chemin Sainte-Foy à Québec, G1S 2J6. Elle est présentée par la Société Radio-Canada en collaboration avec le Comité de diffusion des célébrations liturgiques de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Bienvenue à toutes et à tous !

Dans notre montée vers Pâques, marchons ensemble sur des chemins de solidarité et de partage !

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Urgence au Moyen-Orient : aidez-nous dès maintenant ! https://devp.org/fr/urgence-au-moyen-orient-aidez-nous-des-maintenant/ Wed, 18 Mar 2026 12:00:00 +0000 https://devp.org/?p=127247 Par Minaz Kerawala, conseiller en communication et relations publiques

Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC) appelle les Canadiennes et Canadiens à donner généreusement pour aider nos partenaires régionaux à faire face à l’urgence au Moyen-Orient, qui ne cesse de s’étendre et de s’aggraver. Notre appel s’inscrit dans le cadre d’une collecte nationale organisée par la Coalition humanitaire, à laquelle nous participons en tant que membre de la Banque canadienne de grains.

DPCC a alloué 60 000 $ à Caritas Iran et 165 000 $ à Caritas Liban, qui ont déjà commencé à fournir de la nourriture, de l’eau, des fournitures d’urgence ainsi que des services médicaux et d’hébergement aux personnes touchées par la guerre. D’autres partenaires de la région se tiennent eux aussi prêts à venir en aide aux populations à mesure que la crise s’étend, mais ils auront tous besoin d’un soutien bien plus important.

Urgence au Moyen-Orient : une guerre illégale

La phase actuelle de l’urgence au Moyen-Orient a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes contre l’Iran le 28 février 2026. Cela a mis fin de manière abrupte et violente aux négociations au cours desquelles l’Iran avait fait d’importantes concessions pour rendre un accord de paix réalisable, selon le ministre des Affaires étrangères d’Oman, qui jouait le rôle de médiateur dans ces pourparlers.

L’Iran a riposté en frappant ce qu’il affirme être des positions américaines dans les pays voisins. Le Hezbollah a ensuite commencé à riposter contre Israël, qui n’arrêtait pas de violer un cessez-le-feu en vigueur. Israël a réagi par des frappes aériennes sur le Liban et a désormais lancé une invasion terrestre.

Bien que dénoncée à juste titre par la communauté internationale, la répression meurtrière de la dissidence par les autorités iraniennes ne justifie pas les agressions américaines et israéliennes. DPCC s’est jointe à Caritas Internationalis, la confédération mondiale des organisations catholiques d’aide et de développement dont nous sommes le membre canadien, pour condamner sans équivoque ces attaques comme étant « de graves violations de la dignité humaine, de l’état de droit et du droit international ». Cette évaluation de leur illégalité est partagée par des expert·e·s de l’ONU (voir communiqué de presse en anglais) et le premier ministre Mark Carney.

« Une tragédie d’une ampleur incommensurable »

Dès le début de la guerre contre l’Iran, le pape Léon XIV craignait « la possibilité d’une tragédie d’une ampleur incommensurable ». Le tout premier jour, des frappes américaines sur une école à Minab ont fait plus de 165 victimes, pour la plupart des enfants (voir rapport en anglais).

Hier, un suivi en temps réel des chiffres officiels indiquait que plus de 1 400 personnes avaient été tuées et plus de 18 500 blessées en Iran, et que le nombre de morts en Israël, dans d’autres pays du Golfe et au sein des forces armées américaines avait dépassé les 75 (voir article en anglais). On estime que jusqu’à 3,2 millions d’Iraniennes et Iraniens ont été temporairement déplacés.

Au Liban, 912 personnes ont été tuées ; 2 215 ont été blessées (voir article en anglais) ; et au moins 816 000 personnes, soit 14 % de la population totale, ont été déplacées (voir communiqué de presse en anglais). La guerre a eu des conséquences particulièrement lourdes pour les enfants à travers le Moyen-Orient, avec plus de 1 100 enfants tué·e·s ou blessé·e·s et au moins 52 millions d’entre eux confrontés à des perturbations dans leur scolarité (voir communiqué en anglais).

En violation des principes et du droit humanitaires, les attaques américaines et israéliennes détruisent également des infrastructures civiles, l’environnement, des établissements de santé et des monuments culturels et, conjuguées aux représailles iraniennes, elles aggravent les difficultés économiques et l’insécurité alimentaire.

Urgence au Moyen-Orient : vous pouvez aider dès maintenant

La complexité de cette urgence au Moyen-Orient signifie que les personnes qui y sont confrontées ont besoin non seulement d’une aide immédiate, mais aussi d’un soutien durable pour apaiser les divisions, se relever et retrouver leur résilience. Nos partenaires peuvent répondre à ces besoins, mais seulement avec votre aide. C’est pourquoi nous vous invitons à faire un don généreux en ligne ou en appelant le 1-888-234-8533 sans frais.

Nous nous joignons également aux évêques du Canada pour demander aux fidèles de prier pour la paix. Nous réitérons aussi le rappel du pape Léon XIV que la paix ne peut être obtenue que « par un dialogue raisonnable, authentique et responsable » et nous nous faisons l’écho de son appel aux belligérants pour qu’ils mettent fin aux hostilités.

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Réflexion hebdomadaire du 5e dimanche du Carême (22 mars 2026) https://devp.org/fr/reflexion-hebdomadaire-5e-dimanche-du-careme-2026/ Mon, 16 Mar 2026 12:10:00 +0000 https://devp.org/?p=127163 Réflexion hebdomadaire - semaine 5 - Carême 2026

Lectures :

Ézéchiel 37, 12-14
Psaume 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8
Romains 8, 8-11
Jean 11, 1-45

Des ossements desséchés naît un peuple, de la peur surgit un mouvement, de la crise émerge une création nouvelle.

Par Gustave Ineza OP, curé de la paroisse Sacré-Cœur à Toronto

En ce cinquième dimanche du Carême, la Parole de Dieu place devant nous deux images puissantes d’une vie arrachée à la mort : la vallée des ossements desséchés chez Ézéchiel et le tombeau de Lazare à Béthanie. Toutes deux parlent de situations qui semblent sans issue, où la vie s’est retirée et où il ne reste que ce qui est inerte. Pourtant, dans les deux cas, Dieu ne reconnaît pas à la mort le dernier mot.

Par le prophète Ézéchiel, le Seigneur s’adresse à un peuple en exil qui se sent comme une nation déjà ensevelie : « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple » (Ez 37,12). Israël n’est pas seulement blessé ou découragé ; il est comme mort. L’exil, l’oppression et l’humiliation ont vidé le peuple de son souffle. Mais Dieu promet plus qu’un réconfort : il promet une résurrection. « Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37,14). La vie revient lorsque Dieu insuffle son Esprit dans ce qui semblait perdu à jamais.

Cette prophétie ne concerne pas seulement l’Israël ancien. Elle rejoint toutes les situations où des systèmes d’exploitation, de violence ou de négligence réduisent des personnes à des « ossements desséchés », privées de dignité, de voix et d’espérance. Des communautés entières vivent aujourd’hui comme enfermées dans un tombeau : écrasées par la destruction écologique, les déplacements forcés, l’endettement ou des structures économiques qui privilégient le profit au détriment des personnes. Leurs terres sont meurtries, leurs rivières polluées, leurs modes de vie étouffés. De l’extérieur, on pourrait croire que plus rien de neuf ne peut y germer.

Dans cette réalité, l’Évangile de la résurrection de Lazare résonne avec la même force. Jésus ne reste pas à distance de la mort. Il se rend à Béthanie, se tient devant un tombeau scellé, et pleure. Ses larmes ne sont pas un signe de faiblesse, mais de compassion divine. Avant d’appeler Lazare hors du tombeau, Jésus accepte de ressentir la douleur de Marthe, de Marie et de toute la communauté. Il entre dans leur deuil. Puis il crie d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » (Jn 11,43). Celui qui était lié par les bandelettes funéraires sort du tombeau. Mais le récit ne s’arrête pas là. Jésus se tourne vers ceux qui sont autour et dit : « Déliez-le, et laissez-le aller » (Jn 11,44). Le miracle implique la communauté. Elle doit aider à enlever les signes de la mort et à rendre Lazare à la vie parmi les siens.

C’est ici que la Parole rejoint notre mission. Nous sommes appelés à délier les autres. La foi au Dieu de la vie ne peut pas rester abstraite ni désincarnée. Elle nous pousse vers celles et ceux dont l’existence a été vidée par des systèmes injustes, des communautés blessées par les industries extractives, par la dégradation de l’environnement, par la pauvreté écrasante et l’exclusion.

En ce dimanche de solidarité, alors que nous réfléchissons à la justice écologique et au travail de partenaires qui accompagnent les communautés touchées, nous entendons l’ordre de Jésus qui nous est adressé : « Déliez-les. » Le soutien, la défense des droits, la générosité et une présence fidèle sont des manières d’aider à rouler la pierre des tombeaux modernes. Lorsque nous nous tenons aux côtés de communautés vivant le long de territoires et de voies exploités, lorsque nous dénonçons des structures qui empoisonnent à la fois la terre et les personnes, nous participons à la promesse de Dieu. La spiritualité du don est participation à l’action même de Dieu qui insuffle la vie là où il y a la mort. Chaque geste de générosité, chaque pas Sur la voie de la justice, devient une petite résurrection, un signe que l’Esprit est toujours à l’œuvre.

Le Carême nous conduit vers la croix, où la mort semble triompher. Mais déjà aujourd’hui, au milieu des ossements desséchés et des tombeaux ouverts, il nous est rappelé que Dieu relève les morts. Et il nous invite à être, avec le Christ, des serviteurs de la vie.

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Réflexion hebdomadaire du 4e dimanche du Carême (15 mars 2026) https://devp.org/fr/reflexion-hebdomadaire-4e-dimanche-du-careme-2026/ Mon, 09 Mar 2026 12:10:00 +0000 https://devp.org/?p=126925 Réflexion hebdomadaire - semaine 4 - Carême 2026

Lectures :

1 Samuel 16, 1, 6-7, 10-13
Psaume 22 (23), 1-3a, 3b-4, 5, 6
Éphésiens 5, 8-14  Jean 9, 1-41

Comment vos yeux se sont-ils ouverts ?

Par Sœur Jean Bellini, membre de la Commission pastorale de la terre, Brésil

Dans l’Évangile selon Jean, nous assistons à une scène où les disciples de Jésus sont prêts à juger un homme simplement parce qu’il est aveugle, présumant que sa cécité est le résultat d’un péché. Ils ne voient pas vraiment l’homme, mais seulement son handicap. Jésus, en revanche, ému par la condition de cet homme, fait ce qui est en son pouvoir.

Lorsque l’homme a été amené devant les pharisiens, ceux-ci ont déclaré : « Cet homme n’est pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat. » Mais d’autres ont dit : « Comment un homme qui est un pécheur peut-il accomplir de tels signes ? » Et ils étaient divisés. Imaginez qu’on vous apprenne qu’un homme né aveugle peut désormais voir, mais que vous refusiez de reconnaître le miracle de sa guérison et que vous vous préoccupiez davantage des lois du sabbat !

Lorsque l’on nous présente une nouvelle façon de voir la réalité qui nous entoure, sommes-nous ouverts à percevoir la nouveauté, ou résistons-nous et nous accrochons-nous à ce qui nous est familier, à ce qui nous a servi dans le passé ?

Justiça nos Trilhos (Justice sur les rails) et Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC) s’efforcent d’ouvrir les yeux des gens ― au sein de l’Église et au-delà ― pour qu’ils voient ce qui n’est pas évident au premier abord, en encourageant un deuxième niveau de conscience. Par leur option préférentielle pour les pauvres, ils en sont venus à voir au-delà des premières apparences, à regarder d’un peu plus près, à avoir une vision plus large, nous aidant parfois à voir ce qui, au premier abord, passe inaperçu.

Nous vivons à une époque où l’information, réelle ou fausse, importante ou insignifiante, est diffusée sans discernement, toute la journée, tous les jours et partout. Inconsciemment, notre esprit a tendance à nous « protéger » en nous empêchant d’absorber la véritable importance de l’information, ce qui nous conduit à écarter les faits valables et significatifs en même temps que les faits insignifiants.

Vos dons pendant la campagne du Carême permettent à Développement et Paix – Caritas Canada de soutenir les efforts sincères de ses partenaires dans les pays du Sud. Ces partenaires encouragent, accompagnent et communiquent les initiatives et les efforts des organisations de base pour surmonter les difficultés et trouver des solutions viables et durables aux défis environnementaux, sociaux et économiques, et ce, de manière collective, renforçant ainsi leur résilience face aux défis futurs.

Depuis 1981, je suis une membre active de la Commission pastorale de la terre. Depuis la création de Développement et Paix – Caritas Canada, nous pouvons compter sur sa solidarité pour relever nos défis. Ainsi, le réseau de solidarité s’étend et s’entremêle. Nous collaborons à des actions conjointes avec Justiça nos Trilhos et admirons grandement leur travail.

Le travail des membres et bénévoles de Développement et Paix – Caritas Canada qui consacrent leur temps et leur énergie à faire passer le message et à encourager d’autres personnes à collaborer à travers leurs campagnes est très important et grandement apprécié.

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Femmes du Sahel : cultiver l’autonomie, transformer l’avenir https://devp.org/fr/femmes-du-sahel-cultiver-lautonomie-transformer-lavenir/ Sun, 08 Mar 2026 11:05:00 +0000 https://devp.org/?p=126388 À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous sommes fiers de vous présenter une vidéo réalisée par notre partenaire, l’Association malienne pour la sécurité et la souveraineté alimentaires (AMASSA), dans le cadre du projet Sécurité alimentaire et nutritionnelle et changements climatiques au Sahel (SANC2S).

À travers les témoignages inspirants de deux femmes transformatrices d’aliments et d’une maraîchère, découvrez comment le projet a renforcé leurs organisations, soutenu leurs activités génératrices de revenus et favorisé leur autonomie.

La cheffe de projet à AMASSA, Bengali Mariam Koné, explique également la mise en œuvre de cette initiative et son impact concret dans les communautés dans cette vidéo :

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Iran : Caritas Internationalis soutient l’appel du pape Léon en faveur de la paix par le dialogue https://devp.org/fr/iran-caritas-internationalis-soutient-lappel-du-pape-leon-en-faveur-de-la-paix-par-le-dialogue/ Mon, 02 Mar 2026 13:53:02 +0000 https://devp.org/?p=126505 Par Caritas Internationalis

En réaction aux récentes escalades militaires au Moyen-Orient, marquées par des attaques conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ainsi que des représailles qui ont suivi, Caritas Internationalis, la confédération mondiale des organisations catholiques d’aide humanitaire, de développement et de services sociaux dont Développement et Paix – Caritas Canada est membre, a publié la déclaration suivante.

Caritas condamne sans équivoque les attaques menées samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran, au cours desquelles ils affirment avoir lancé plus de 1 200 bombes, ainsi que les représailles de l’Iran contre Israël et plusieurs autres pays de la région, notamment le Bahreïn, l’Irak, la Jordanie, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis.

Ces actes de guerre exacerbent les tensions, la violence et l’instabilité dans la région, compromettant les perspectives de paix, et constituent de graves violations de la dignité humaine, de l’état de droit et du droit international, y compris la Charte des Nations unies et le droit international humanitaire, qui protège les populations civiles et les non-combattants dans les conflits.

Les écoles, les hôpitaux, les lieux de culte et les zones civiles peuplées, qui devraient être des sanctuaires d’apprentissage, de soins et de sécurité, sont des espaces protégés en vertu du droit international humanitaire ; les attaques contre ces lieux, qu’elles soient délibérées ou imprudentes, sont moralement indéfendables et légalement interdites.

Face à la flambée rapide des tensions dans la région, Caritas exhorte toutes les parties à désamorcer immédiatement la situation, à s’abstenir de toute nouvelle action militaire et à respecter pleinement leur obligation de protéger les civils, sans exception. La perte de vies innocentes, en particulier celle d’enfants, exige une retenue urgente et un engagement renouvelé en faveur de la diplomatie.

Lors de l’Angélus d’aujourd’hui, en réponse à la spirale de violence dans la région, le pape Léon a lancé un appel pressant en faveur de la stabilité et de la paix, soulignant que celles-ci ne peuvent être obtenues que par un dialogue raisonnable, sincère et constructif.

S’adressant directement à toutes les parties concernées, il a déclaré :

« Face à la possibilité d’une tragédie aux proportions immenses,  je lance un appel sincère à toutes les parties concernées pour qu’elles assument la responsabilité morale de mettre fin à la spirale de la violence avant qu’elle ne devienne un gouffre infranchissable. Que la diplomatie retrouve son rôle légitime et que le bien-être des peuples, qui aspirent à une existence pacifique fondée sur la justice, soit préservé. Et continuons à prier pour la paix. »

Caritas s’associe pleinement à cet appel urgent. En ce moment critique, la justice, la retenue et la primauté de la vie humaine doivent guider chaque décision des dirigeants nationaux. La communauté internationale doit agir sans délai afin de prévenir de nouvelles pertes de vies innocentes, d’assurer la responsabilité des acteurs impliqués, de garantir la protection des populations civiles et d’ouvrir une voie crédible vers une paix durable.

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Réflexion hebdomadaire du 3e dimanche du Carême (8 mars 2026) https://devp.org/fr/reflexion-hebdomadaire-3e-dimanche-careme-2026/ Mon, 02 Mar 2026 13:15:00 +0000 https://devp.org/?p=126370 Réflexion hebdomadaire - semaine 3 - Carême 2026

Lectures :

Exode 17, 3-7
Psaume 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9
Romains 5, 1-2.5-8
Jean 4, 5-42
Jean 4, 5-15.19b-26.39a.40-42

Oser la rencontre

Par Françoise Lagacé, théologienne et membre de Développement et Paix – Caritas Canada de Gatineau

Une des plus belles rencontres de l’Évangile de Jean. Si inspirante encore aujourd’hui.

Un homme, Juif; une femme, Samaritaine.

Il fallait un puits, en dehors du village, à l’heure du midi, en Samarie, pour que Jésus et la Samaritaine se rencontrent. Pour qu’un dialogue improbable s’engage, un tête-à-tête, un cœur à cœur déterminant, malgré tous les interdits sociaux.

Ce n’était pas l’heure des rendez-vous. Personne n’ose se risquer sous ce soleil de plomb. Pourtant, ils sont là tous les deux, le mendiant et la mal-aimée. Jésus, épuisé par la route, assoiffé, si près du puits, mais sans rien pour puiser de l’eau. Une femme, sans prénom, vient puiser de l’eau, loin de tous regards.

Mais la soif est plus grande que tous les interdits et elle initie un grand chamboulement.

« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? »

En ces quelques mots, elle souligne tout ce qui les éloigne; tous les préjugées qui nous gardent distant·e·s et méfiant·e·s les uns des autres, encore aujourd’hui.

Mais voilà, une même soif les unit; celle de l’eau quotidienne du puits, mais surtout une soif plus profonde que Jésus réveille en elle. 

Au bord du puits, chacun d’eux a besoin de l’autre. Et c’est là, malgré toutes les contraintes imposées, que retentit la Bonne Nouvelle.  Il fallait cette quête profonde et une audacieuse liberté pour que cela advienne.

 « Dites, Si c’était vrai tout cela, Je dirais oui, oh, sûrement, je dirais oui. Parce que c’est tellement beau tout cela, quand on croit que c’est vrai. » (Jacques Brel)

Et la femme laisse sa cruche, va en ville et dit aux hommes

« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait.»

Ils sortent de la ville et viennent à lui.

Que de mouvements, d’actions déterminantes dans ces quelques phrases. La femme ose ce retour missionnaire vers son village. Jésus lui a redonné parole et dignité. Elle devient alors la première messagère de la Bonne Nouvelle chez les Samaritains.

Cette rencontre au puits vient donner tout son sens à tant de petits gestes quotidiens qui nous relient les uns aux autres. Le pape François, avec Fratelli tutti, nous appelle à l’art de la rencontre. Il parle de ce nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale.

Un rêve qui nous met en marche.

« En marche, les affamés et les assoiffés de dignité, de justice et de paix.

Oui, Ils seront rassasiés. » traduit André Chouraqui.

Les rêves se construisent ensemble, activement : Il faut, dit le pape, se rapprocher, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact… il faut dialoguer. Pour nous rencontrer et nous entraider, nous avons besoin de dialoguer.

Comment ce récit nous rejoint-il aujourd’hui?  « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jean 13, 35

Oui, « c’est de l’amour qu’on a pour une personne que dépend le don qu’on lui fait » (Fratelli tutti, §93)

« Je forme le vœu qu’en cette époque que nous traversons, en reconnaissant la dignité de chaque personne humaine, nous puissions tous ensemble faire renaître un désir universel d’humanité. Tous ensemble : « […] Personne ne peut affronter la vie de manière isolée. […] Nous avons besoin d’une communauté qui nous soutient, qui nous aide et dans laquelle nous nous aidons mutuellement à regarder de l’avant. Comme c’est important de rêver ensemble […] » (Fratelli tutti, §8)

Et si nous dialoguions ensemble au bord d’un puits, en relisant Fratelli Tutti.

« Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. » (Jean 4, 15)

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Un père dans les Prairies : comment notre visiteur de solidarité du Carême de partage a inspiré la Saskatchewan https://devp.org/fr/uun-visiteur-de-solidarite-inspire-la-saskatchewan/ Fri, 27 Feb 2026 22:52:19 +0000 https://devp.org/?p=126333 Par Michael LeBlanc, animateur pour la Saskatchewan et Keewatin-Le Pas

Solidarity visitor Visiteur de solidarité
Padre Dario s’est adressé à un public captivé lors d’une réunion à Swift Current, en Saskatchewan. (Michael LeBlanc/DPCC)

Lorsque j’ai appris que nous accueillerions en février, un visiteur de solidarité en Saskatchewan dans le cadre de notre campagne Sur la voie de la justice, je savais que ce serait très émouvant. Cependant, je ne me doutais pas, de la richesse des rencontres, des éclats de rire et de la profonde chaleur humaine qui allaient marquer cette visite.

« Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché… nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. »
― 1 Jean 1, 1-3

Après une série de réunions importantes à Montréal et à Toronto, le père Dario Bossi, MCCJ (ou « Padre Dario », comme on l’appelle), a atterri à Saskatoon le 17 février, quelques minutes avant l’arrivée d’une nouvelle tempête hivernale. Il faisait froid et il neigeait, mais l’accueil qui lui a été réservé était chaleureux et attentionné, ponctué d’humour, notamment à propos des conditions météorologiques !

Padre Dario et moi avons mis « le spectacle » sur la route, visitant les communautés de Saskatoon, Regina, Swift Current et Bruno. Pourquoi la toute petite Bruno parmi toutes les autres villes ? Lisez la suite ci-dessous !

Un visiteur de solidarité qui se tient aux côtés du peuple

Padre Dario est un prêtre et missionnaire comboinien qui consacre sa vie à servir les personnes les plus démunies de notre monde (pour en savoir plus sur lui, consultez cette traduction automatique de son entrevue en portugais sur Vatican News). Bien qu’il soit né en Italie, la vocation de Padre Dario l’a conduit à servir les communautés de l’État brésilien de Maranhão. Il y a été confronté à la dure réalité de la vie dans un contexte de dévastation environnementale causée par l’une des plus grandes mines de fer à ciel ouvert au monde, située dans la forêt amazonienne. Cette mine est reliée à la ville portuaire de São Luís par la voie ferrée de Carajás, longue de près de 900 kilomètres, que les habitant·e·s ont surnommée le « dragon de fer ». La voie ferrée perturbe considérablement le quotidien des personnes vivant dans les les communautés avoisinantes de multiples façons difficiles et préjudiciables.

Depuis des générations, les habitant·e·s de la région qui subissent les effets néfastes sur l’environnement, la société et la santé se mobilisent pour changer les choses, plus récemment avec l’aide de Justiça nos Trilhos (Justice sur les rails, JnT ; voir site Web disponible en anglais, espagnol et portugais), un partenaire de Développement et Paix – Caritas Canada (DPCC). En étroite collaboration avec d’autres communautés de la région, Padre Dario et JnT ont obtenu pour la communauté la plus touchée, Piquia de Baixo, le droit de déménager dans un endroit plus sûr et plus sain, loin des effets néfastes du chemin de fer et des aciéries locales. En travaillant en étroite collaboration avec les gens pour soutenir leur lutte, Padre Dario et JnT ont réussi à faire réinstaller la communauté la plus touchée, Piquia de Baixo, dans un endroit plus sûr et plus sain, loin des effets néfastes du chemin de fer et des aciéries locales. La lutte pour la justice environnementale se poursuit toutefois dans plus de 100 communautés situées le long de la voie ferrée sinueuse.

Ce sont nos sœurs et nos frères. C’est le Christ nous disant : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40).

Une visite éclair, un programme chargé

Pendant six jours, Padre Dario a partagé son message, à la fois porteur de défis et d’espoir, à travers la Saskatchewan, racontant la vie quotidienne de celles et ceux qui vivent du mauvais côté de ce qu’on appelle les « zones de sacrifice » du monde.

Il a rencontré des évêques (voir message Facebook en anglais), des prêtres, des diacres, du personnel diocésain, des moines de l’abbaye Saint-Pierre de Münster (voir site Web en anglais) et des paroissiennes et des paroissiens dévoués. De nombreux jeunes ont également écouté son message lors de réunions importantes au St. Thomas More College à Saskatoon (voir site Web en anglais) et à l’Institut Sainte-Thérèse à Bruno (voir site Web en anglais). Les étudiant·e·s du Campion College (voir site Web en anglais) ont déjeuné avec lui et ont assisté à la présentation à la paroisse Saint-Pierre à Regina (regarder la vidéo en anglais). Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que, quelle que soit la personne à qui il s’adressait, Padre Dario prenait le temps de discuter, d’écouter et de répondre avec chaleur. Un véritable pasteur pour notre Église universelle !

Un enseignant et un apprenant

Padre Dario a également eu l’occasion d’apprendre beaucoup lors de chacune de ses rencontres et grâce aux dimensions culturelles plus larges de son voyage à travers la Saskatchewan. Il a visité la cathédrale catholique ukrainienne St. George (voir site Web en anglais), où il a découvert les liens culturels profonds qui unissent le peuple ukrainien à la province. Il s’est également rendu au Musée royal de la Saskatchewan (voir site Web en anglais), où il a découvert l’histoire naturelle et les racines autochtones de la région. Il a terminé son voyage à Asimakaniseekan Askiy, sur le territoire de la Nation crie de Muskeg Lake (voir site Web en anglais), où il a pris un café avec le diacre Harry LaFond, érudit vénérable, ancien chef et lauréat de l’Ordre du mérite de la Saskatchewan.

Des impressions durables

De merveilleux membres de longue date de DPCC ont ouvert leurs maisons au Padre Dario et à moi-même pendant notre odyssée d’une semaine, et la joie continuera à réchauffer nos cœurs avec de bons souvenirs pendant de nombreuses années.

Sa présence va vraiment me manquer et j’aurais aimé que nous puissions passer plus de temps avec lui, même si j’imagine qu’il était impatient de se rendre dans des endroits plus chauds à cette période de l’année ! J’ai été impressionné non seulement par l’impact qu’un seul missionnaire peut avoir, mais aussi par l’impact que les femmes et les hommes qui luttent pour leurs droits dans la région amazonienne du Brésil peuvent avoir sur la vie du Padre Dario et, à travers lui, sur nous toutes et tous.

Vous êtes inspiré·e ? Vous pouvez devenir une personne sympathisante et militante de cette cause et d’innombrables partenariats pour le changement partout dans le monde. Face aux coupures budgétaires dévastatrices dans l’aide humanitaire et le développement à l’échelle mondiale (dont j’ai été témoin lors de mon voyage d’étude au Rwanda l’année dernière), vous pouvez tracer une voie différente pour le Canada en défendant le changement auprès de votre député·e et en vous impliquant dans votre communauté locale de DPCC en tant que membre bénévole. Vous pouvez commencer en envoyant un courriel à votre personne animatrice locale, qui pourra vous mettre en contact avec d’autres personnes partageant les mêmes idées dans votre province ou territoire. Nos partenaires travaillent chaque jour pour la justice et le changement dans leurs communautés. Vous pouvez les soutenir dans leur travail en faisant des dons mensuels. Si vous vous inscrivez avant le 24 mai, le montant de votre don sera doublé pendant un an. C’est le moment de donner !

Aussi inspirant que soit Padre Dario, il ne peut accomplir cette tâche seul. Joignez-vous à moi pour répondre à ce voyage épique en doublant notre engagement à vivre dans la solidarité pendant ce Carême et au-delà !

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Un père dans les Prairies : comment notre visiteur de solidarité du Carême de partage a inspiré la Saskatchewan | Développement et Paix nonadult
Réflexion hebdomadaire du 2e dimanche du Carême (1er mars 2026) https://devp.org/fr/reflexion-hebdomadaire-2e-dimanche-careme-2026/ Mon, 23 Feb 2026 13:00:00 +0000 https://devp.org/?p=126007 Réflexion hebdomadaire - semaine 2 - Carême 2026

Lecture :

Genèse 12, 1-4a
Psaume 32 (33)
2 Timothée 1, 8b-10
Matthieu 17, 1-9

Un monde transfiguré : la grâce transformatrice de la justice écologique

Par sœur Priscilla Solomon, membre ojibwée de la nation Anishinabek et sœur de Saint-Joseph de Sault-Ste-Marie

La Parole de Dieu nous appelle continuellement à la justice écologique en vivant fidèlement et sincèrement l’écologie intégrale. Vivre dans la justice, c’est honorer le caractère sacré, la dignité, la beauté et les relations inhérentes à toute l’œuvre de Dieu. Dieu aime et rend justice à toute sa création. Nous devons faire de même. Vivre l’écologie intégrale et œuvrer pour la justice écologique implique également de reconnaître l’incapacité des humains à percevoir l’interdépendance de toute la création et notre dépendance vis-à-vis des autres êtres vivants. Cela signifie reconnaître notre injustice écologique personnelle et sociétale, et être disposés à être transformés par la grâce. Cela signifie contribuer à la guérison et à la restauration du monde naturel. Cela nous invite à répondre de manière active et créative à la fois au « cri des pauvres et au cri de la terre ».

Les Écritures du deuxième dimanche de Carême ne semblent pas aborder directement l’injustice écologique, ni nous appeler à la justice écologique. Pourtant, dans Laudato Si’, le pape François a enseigné que : « L’écologie étudie les relations entre les organismes vivants et l’environnement où ceux-ci se développent. Cela demande de s’asseoir pour penser et pour discuter avec honnêteté des conditions de vie et de survie d’une société, pour remettre en question les modèles de développement, de production et de consommation. Il n’est pas superflu d’insister sur le fait que tout est lié. » (LS §138, italiques ajoutés).

La plupart des priorités humaines dans les pays aujourd’hui plus stables économiquement créent une disharmonie et un déséquilibre dans la répartition des biens et des ressources. Pendant ce temps, celles et ceux qui vivent dans des régions moins stables, y compris le monde non humain, souffrent d’exclusion, de dégradation et de destruction de l’environnement, d’un manque de ressources adéquates et de luttes constantes pour la survie, une vie saine et le bien-être social et communautaire. Comment réagir ? Saint Paul nous dit : « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération » (2 Timothée 1, 7). Ce sont là les dons dont nous avons besoin pour agir, pour changer radicalement notre mode de vie consumériste afin que toutes et tous puissent vivre.

Notre réponse consiste non seulement à agir, mais aussi à participer à un voyage. Dieu a dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. » (Genèse 12, 1) Abram a quitté ce qui lui était familier, ce qu’il aimait et ce à quoi il tenait pour se diriger vers une réalité inconnue. Cela n’a été possible que parce qu’il faisait confiance à celui qui l’avait appelé à partir. Notre foi nous enseigne que c’est le même Dieu qui nous appelle à quitter notre sécurité, notre confort familier et nos possessions pour voyager vers une terre intérieure, une terre spirituelle, où nous pouvons voir les injustices. C’est un espace où nous devons faire preuve d’honnêteté pour remettre en question les déséquilibres, les torts que nous causons et les injustices des systèmes biaisés que nous acceptons. Ensuite, nous devons avoir le courage et la sagesse d’agir, d’entreprendre le voyage nécessaire. C’est un voyage qui nous mène de l’indifférence et de l’inaction à la conscience écologique et à un engagement pour toute notre vie.

Dieu a promis à Abram qu’il recevrait des bénédictions et serait une source de bénédictions. À l’instar d’Abram, nous recevrons des bénédictions si nous réduisons notre impact écologique et œuvrons à la création d’un monde plus équitable. Nous serons une source de bénédictions pour celles et ceux qui souffriront moins et recevront davantage. Nous pouvons, et peut-être le ferons-nous, être une source de bénédictions pour la Terre en réduisant notre consommation de combustibles fossiles et de biens superflus, en nous engageant dans la lutte contre les changements climatiques et en contribuant au travail de Développement et Paix ― Caritas Canada.

Enfin, parlant de la transfiguration de Jésus, saint Matthieu dit : « Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. » (Matthieu 17, 2) Jésus rayonnait de lumière. L’homme, Jésus, que ses disciples connaissaient bien, fut transfiguré, révélant son identité en tant que Lumière. Sa divinité resplendissait.

Cela peut être une métaphore utile. Dieu réside dans toute la création et la soutient. Jésus a donné sa vie pour toute la création. Son esprit l’anime. Cependant, nous ne sommes pas souvent conscient·e·s de cette présence. C’est comme si nous avions des yeux, mais que nous ne voyions pas la Lumière. Sa transfiguration a également transformé ses vêtements. Ils brillaient eux aussi d’un éclat éblouissant. Métaphoriquement, les vêtements représentent toute la création elle-même. Grâce à la présence de Dieu en elle, elle brille également d’une lumière éblouissante que nous ne voyons pas facilement. La grâce transformatrice de la justice écologique est l’énergie et le don qui peuvent nous donner le pouvoir de voir comme Dieu voit, de prendre soin comme Dieu prend soin et d’agir avec justice comme Dieu le fait. Avec le psalmiste, nous dirons :

« Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Que la crainte du Seigneur saisisse la terre,
que tremblent devant lui les habitants du monde ! 
» (Ps. 32 (33))

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Un message pour le Carême et le Ramadan depuis la Terre Sainte https://devp.org/fr/message-pour-le-careme-et-le-ramadan-depuis-la-terre-sainte/ Thu, 19 Feb 2026 18:12:11 +0000 https://devp.org/?p=125941 Par Une voix de Jérusalem pour la justice

Message for Lent and Ramadan
Message pour le Carême et le Ramadan

Ce message pour le Carême et le Ramadan a été émis par Une voix de Jérusalem pour la justice, un collectif qui sert de témoin « œcuménique pour l’égalité et une paix juste en Palestine/Israël ». Il fait suite à leurs précédentes missives publiées sur notre site Web à Noël et à Pâques derniers, lors de l’escalade de la guerre menée par Israël contre Gaza l’été dernier, et après l’adoption récente par le Conseil de sécurité des Nations Unies d’un « plan de paix » profondément imparfait. Parmi les membres du collectif figurent Sa Béatitude Michel Sabbah, patriarche latin émérite de Jérusalem, et le père David Neuhaus, éminent érudit jésuite qui a été panéliste lors d’un webinaire populaire sur la Palestine organisé par Développement et Paix – Caritas Canada en octobre 2024.

Jérusalem, le 18 février 2026

Jérusalem : un message pour notre temps de jeûne

En ces jours, les chrétiennes et les chrétiens commencent leur jeûne du Carême, qui nous conduit à la Semaine Sainte et à la glorieuse célébration de Pâques. Nos sœurs et frères musulmans entament également leur jeûne du mois de ramadan. Cela signifie que nous sommes toutes et tous, chrétiens et musulmans, en train de jeûner ensemble, chacun·e à sa manière et selon ses propres croyances. Pour nous tous, cette période de jeûne est un temps de repentance et de retour à l’étreinte divine. C’est un voyage spirituel que nous vivons dans toute sa splendeur et sa spiritualité.

Nous saisissons l’occasion de ce jeûne simultané pour souligner ensemble les valeurs spirituelles, humaines et morales qui nous unissent en tant que personnes croyantes en notre Dieu, Créateur du ciel et de la terre. Dieu est amour, et Dieu nous appelle à aimer notre prochain. Nous devons vivre cet amour entre nous, car l’amour qui nous lie et nous unit est notre force pour défendre notre présence, notre histoire, nos lieux saints et la juste cause de notre peuple. Nous entrons dans cette période de Carême/Ramadan alors que notre peuple endure une terrible épreuve, une douleur et une souffrance incessantes, en particulier, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem, qui est entourée d’un mur de séparation et de postes de contrôle militaires de tous côtés.

En cette période, nous élevons nos prières pour implorer Dieu de mettre fin aux injustices dont souffre le peuple palestinien. Même si nous sommes confrontés à la cruauté dont nous sommes témoins, nous reconnaissons qu’il existe un Dieu miséricordieux, compatissant et bienveillant vers qui nous nous tournons dans notre douleur, notre chagrin et notre souffrance. Prions ensemble, personnes chrétiennes et musulmanes, pour toute l’humanité et pour le monde entier, où nous observons, en de nombreux endroits, un éloignement des nobles valeurs et principes spirituels et humains que nous partageons.

En cette période de l’année, rappelons-nous toutes les personnes qui souffrent, qui sont tourmentées et qui ont faim. Nous pensons à celles et ceux qui sont dans le plus grand besoin, exprimant notre amour pour nos semblables, en particulier pour celles et ceux qui ont besoin d’une aide urgente. Chrétien·ne·s et musulman·e·s jeûnent, et notre jeûne est un message d’amour et de fraternité, une réaffirmation des valeurs de foi, de vérité, de justice et d’amour véritable qui nous unissent sur cette terre, une terre où nous vivons ensemble, une terre qui habite également nos cœurs et nos âmes.

Nous adressons nos meilleurs vœux à toutes les personnes chrétiennes et musulmanes à l’occasion de cette période de jeûne, accompagnés de nos prières et supplications afin que le Seigneur Dieu ait pitié de nous, fasse preuve de compassion à notre égard et protège notre terre, notre ville sainte, nos lieux saints et, surtout, notre peuple palestinien. Le Jérusalem dont nous parlons et la Palestine que nous défendons ne sont pas seulement des lieux saints et des pierres inanimées ; ce sont des personnes. Quelle est la valeur des pierres sans les personnes ? Quelle est la valeur des lieux saints sans les gens ? Nous voulons que nos lieux saints soient vivants et animés. Nous exigeons que notre peuple palestinien puisse accéder à ses lieux saints, en particulier pendant ces périodes sacrées.

Que notre jeûne soit accepté, accompagné d’actes d’amour, de miséricorde, de solidarité, de prière et de supplication pour les personnes vulnérabilisées, opprimées et souffrantes, et pour la prévention de la guerre et de ses conséquences, en particulier dans cette partie bénie du monde.

Signataires :

  • Sa Béatitude Michel Sabbah, Patriarche latin de Jérusalem (émérite)
  • Son Éminence Attallah Hanna, Archevêque grec orthodoxe de Sébaste
  • Son Excellence Munib Younan, Évêque luthérien de Jordanie et de Terre Sainte (émérite)
  • M. Yusef Daher
  • Mme Sawsan Bitar
  • M. Samuel Munayer
  • Mme Dina Nasser
  • M. John Munayer
  • Mme Sandra Khoury
  • Révérend David Neuhaus, SJ
  • Révérend Frans Bouwen, MAfr
  • Révérend Firas Abdrabbo
  • M. Sami El-Yusef
  • Révérend Alessandro Barchi
  • M. Rafi Ghattas
  • et d’autres membres

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