Iloth https://iloth.net Internet Libre et Ouvert à Tous dans l'Hérault Mon, 13 Oct 2025 18:52:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.6.5 https://iloth.net/wp-content/uploads/2024/06/cropped-iloth-v6url-32x32.png Iloth https://iloth.net 32 32 Le projet de loi ChatControl mis en échec devant le conseil des états européen. https://iloth.net/2025/10/le-projet-de-loi-chatcontrol-mis-en-echec-devant-le-conseil-des-etats-europeen/ Mon, 13 Oct 2025 18:52:12 +0000 https://iloth.net/?p=1459 Il n’a suffi que d’une voix. 

Au sein du Conseil des États membres, l’adoption du règlement nécessitait l’accord de 15 des 27 états pour que le règlement ChatControl soit accepté. Hier, nous avons pu assister à un retournement de situation historique puisque l’Allemagne s’est finalement prononcée contre ce texte. Sa position doit être confirmée par le ministre de l’intérieur Allemand mais pour l’instant, le projet ne sera pas soumis au vote lors de la prochaine réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE jusqu’à nouvel ordre. 

Le projet ChatControl est désormais à terre. 

Patrick Breyer qui a mené le combat contre ce projet de loi depuis ses débuts s’est réjoui de la nouvelle.


Un rejet qui doit être confirmé le 14 octobre au parlement. 


Afin de confirmer le rejet total de ce texte et de ne plus en entendre parler, nous devrons attendre le vote du 14 octobre au parlement européen, où sans majorité ce texte sera définitivement mort et enterré. 

C’est pour cela qu’il est urgent de maintenir la pression sur nos députés européen pour leur signaler que nous nous voulons pas de ce réglement !

Il faut que ce texte soit rejeté en masse par le parlement européen ce qui serait représentatif de l’avis des citoyens européen. 



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Dernière ligne droite pour le règlement chat control https://iloth.net/2025/09/derniere-ligne-droite-pour-le-reglement-chat-control/ Wed, 03 Sep 2025 17:55:22 +0000 https://iloth.net/?p=1443   Le 12 septembre 2025 se tiendront les premières discussions des groupes de travail du conseil européen sur l’application du règlement Chatcontrol afin de préparer les débats du trilogue entre la commission, le parlement et le conseil européen qui se tiendront au mois d’octobre.

    Ces derniers jours nous avons vu le sujet chatcontrol pointer le bout de son nez dans le débat public. Nous pouvons citer le site https://stopchatcontrol.fr/ qui a lancé une nouvelle pétition en ligne faisant écho à une première pétition de 2021 où les europpéen·nes s’étaient prononcé·es à hauteur de 72% contre ce projet de loi

    Si vous vous sentez concerné par ce règlement, il est important de contacter votre député européen afin de leur communiquer votre désaccord et vos inquiétudes sur ce nouveau texte.  Pour faire simple, des grands noms de fournisseurs de messageries comme Signal ou Protonmail, Tutanota ont émis plusieurs signaux d’alarme depuis 2022. Nous avons essayé durant ces dernières années de faire part de toutes les oppositions par les chercheurs en cybersécurité disant que ce texte est dangereux pour notre démocratie.

Sur le terrain, un géant de la tech comme Apple, après avoir tenté de mettre en application l’esprit du texte, a du se raviser en citant son incapacité technique à le mettre en place sans porté atteinte de manière inacceptable à la vie privée de ses utilisateurs. Elle projette de grosses pertes financières découlant de la perte de confiance de ses utilisateurs si de telles fonctionnalitées devenaient obligatoires.

    Les défenseurs du texte, à l’image de Monsieur Guillaume Desgens, balayent l’argument du risque posé par une faille de sécurité ouvert délibérément en prétendant que « de toutes façons, tout est possible ». De plus, sur le plan de la violation de vie privée et l’incompatibilité avec les textes existants comme le GPRD et le règlement sur les services numériques (DSA), il préconise de voter le texte dans le doute, et de voir ensuite s’il doit être censuré une fois voté.

Nous condamnons une telle approche nonchalante au vu des risques extrêmes et sans précédents posés aux citoyens européens. Si le texte Chatcontrol acroit l’insécurité numérique des citoyens, et s’il ouvre une brèche dans les garde-fous législatifs à l’égard de la protection des données, il doit être rejeté.

Pour finir n’hésitez pas à contacter vos députés pour que ce règlement soit rejeté une bonne fois pour toutes. 

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Les services BIM du fediverse en panne chez IlOTH. https://iloth.net/2024/12/les-services-bim-du-fediverse-en-panne-chez-iloth/ Tue, 24 Dec 2024 16:31:14 +0000 https://iloth.net/?p=1440 Les utilisateurs de notre service fediverse Social!bim Pellicule!bim et organise!Bim ont pu remarquer que ces services sont actuellement innacessible.

En effet, il y a de ça 1 mois (novembre 2024) le disque qui contenait les service du fédiverse a rendu l’âme. Nous avons pu restaurer et relancer les service en utilisant un autre disque neuf qui était en réserve au cas nous connaîtrions ce genre de panne. Malheureusement, dans la semaine du 16 décembre 2024, le disque de secours a connu une grosse panne à son tour. 

Plutôt que jouer à le mettre sur les disques des autres services et de risquer de mettre en panne tout le reste, nous avons pris le parti de nous poser pour réfléchir un peu pour régler nos problème de stockage. Nous avons décidé de nous équiper avec des disques entreprise qui sont réputés plus solides et plus endurants. Tout cela pour vous dire que nous n’abandonnons pas les services fediverse sur le BIM mais que nous prenons plutôt du temps pour les remettre en ligne de façon plus durable et plus stable. 

Les services n’ont pas la prétention d’être des services professionnels disponible 24/24 7/7 mais nous visons tout de même à offrir des services disponible de manière continue et sans problèmes récurrents. C’est pour cela que nous allons nous pencher dessus pendant le mois de janvier pour essayer de garder la direction prise par le BIM ces dernières années à savoir « Des services qui fonctionnent plutôt bien » :).

Pour l’heure nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’années et on se donne rendez-vous courant Janvier pour le retour des services du fediverse.   

L’équipe ILOTH

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ILOTH évolue ! https://iloth.net/2024/11/iloth-evolue/ Mon, 18 Nov 2024 19:57:03 +0000 https://iloth.net/?p=1436 Il y quelque mois, une association au nom de COTICE nous a contacté pour nous signaler qu’elle allait cesser son activité de fournisseur d’accès VPN et de location d’emplacements en Datacenter. Elle nous a proposé de reprendre leur baie vu que le datacenter se trouve être à Montpellier avec pas mal de choses qui ont été mises en place et payées. Grace à la reprise de ces emplacements on pourrait non seulement avoir un peu plus le contrôle sur nos infrastructure mais en plus héberger des associations amies qui en auraient besoin.

Lors de la dernière AG d’ILOTH nous nous étions décidés à nous ouvrir un peu plus aux autres pour éviter qu’un phénomène d’entre-soi s’installe ; car cela faisait quelques années que l’équipe d’ILOTH avait pris ses marques et faisait vivre cette petite association et son petit bout d’Internet dans son coin. Il fallait non seulement aller rencontrer les personnes qui nous contactées pour des connexions Internet ( c’est en cours ) mais aussi aller à la rencontre d’autre associations ayant des activités sur Internet.

La reprise de cette baie nous permettrais d’aller dans ce sens en proposant des services d’hébergement de serveurs à d’autres associations et garder un lien avec elles. Elles nous servirait aussi à renforcer notre infrastructure réseau.

Préparatifs

Après avoir acté l’utilité d’une telle baie, il fallait trouver des associations intéressées et voir si c’était soutenable financièrement.

La rencontre initiale pour sonder les personnes intéressées s’étant déroulé dans les locaux du BIB, ils étaient bien évidemment présent pour entendre cette proposition et se sont montré très intéressés par l’idée. Certes, un emplacement a un coût assez élevé mais si il y avait au sein de l’association quelques membres intéressés pour être hébergés dans un datacenter et que les frais sont partagés, cela devenait possible.

On a ensuite réuni tous les membres d’ILOTH autour d’allo!Bim et on a trouvé des membres intérressés par un emplacement, ce qui a permis de régler la question du coût et du financement de cette baie. C’est par les actions et envies de ses membres qu’ILOTH évolue et c’est grâce à leur engagement à prendre des emplacements et à participer au support technique que la baie va voir le jour !

On a décidé d’ouvrir l’offre à toutes les associations/coopératives locales ou ses membres intérressés par un emplacement en DataCenter. La baie associative ILOTH était née.

La mise en place de la Baie associative

L’équipe ILOTH s’est agrandie avec un ancien membre de COTICE, qui est d’ailleurs aussi un ancien membre d’ILOTH et d’une autre association comme le distrilab et la coopérative la Tendresse à Montpellier. Nous avons commencé à réfléchir et à dresser une liste des achats pour mettre cette baie en fonctionnement et faire fondre notre porte-monnaie. L’arrivée d’un membre de COTICE a grandement facilité les choses coté administratif. Nous avons reçu pas mal de conseils de part et d’autres notamment par les membres du BIB bref, y’avait plus qu’à, comme on dit.

Nous avons dû prendre contact avec les fournisseurs de services de l’association COTICE ce qui nous a permis par la même occasion de consolider nos infrastructures et notamment nos liens vers l’Internet.  Nous bénéficions en plus d’OVEA, notre transitaire de toujours, d’un transitaire en plus par l’intermédiaire de HIVANE et bientôt d’un autre grâce à APPLIWAVE. 

HIVANE a été d’une grande aide pour nous aider à faire évoluer notre réseau et nous l’en remerçions vivement. La communication et la disponibilité d’OVEA a également facilité les choses. Tout cela permet aujourd’hui de vous annoncer qu’ILOTH a évolué :) 🎉 et que ça va nous permettre de faire de nouvelles choses et à chacun⋅e de de bénéficier de services locaux pour sa connexion Internet.

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L’Union Européenne doit poursuivre le financement des logiciels libres https://iloth.net/2024/07/lunion-europeenne-doit-poursuivre-le-financement-des-logiciels-libres/ Mon, 15 Jul 2024 20:54:33 +0000 https://iloth.net/?p=1410 Cette lettre a été publiée initialement par les petites singularités. Si vous souhaitez signer la lettre, merci de la publier sur votre site et de compléter le tableau ici.

Lettre ouverte à la Commission Européenne

Depuis 2020, les programmes Next Generation Internet (NGI), sous-branche du programme Horizon Europe de la Commission Européenne financent en cascade (via les appels de NLNet) le logiciel libre en Europe. Cette année, à la lecture du brouillon du Programme de Travail de Horizon Europe détaillant les programmes de financement de la commission européenne pour 2025, nous nous apercevons que les programmes Next Generation Internet ne sont plus mentionnés dans le Cluster 4.

Les programmes NGI ont démontré leur force et leur importance dans le soutien à l’infrastructure logicielle européenne, formant un instrument générique de financement des communs numériques qui doivent être rendus accessibles dans la durée. Nous sommes dans l’incompréhension face à cette transformation, d’autant plus que le fonctionnement de NGI est efficace et économique puisqu’il soutient l’ensemble des projets de logiciel libre des plus petites initiatives aux mieux assises. La diversité de cet écosystème fait la grande force de l’innovation technologique européenne et le maintien de l’initiative NGI pour former un soutien structurel à ces projets logiciels, qui sont au cœur de l’innovation mondiale, permet de garantir la souveraineté d’une infrastructure européenne. Contrairement à la perception courante, les innovations techniques sont issues des communautés de programmeurs européens plutôt que nord-américains, et le plus souvent issues de structures de taille réduite.

Le Cluster 4 allouait 27.00 millions d’euros au service de :

  •  « Human centric Internet aligned with values and principles commonly shared in Europe » ;
  • « A flourishing internet, based on common building blocks created within NGI, that enables better control of our digital life » ;
  • « A structured eco-system of talented contributors driving the creation of new internet commons and the evolution of existing internet common ».

Au nom de ces enjeux, ce sont plus de 500 projets qui ont reçu un financement NGI0 dans les 5 premières années d’exercice, ainsi que plus de 18 organisations collaborant à faire vivre ces consortia européens.

NGI contribue à un vaste écosystème puisque la plupart du budget est dévolue au financement de tierces parties par le biais des appels ouverts (open calls). Ils structurent des communs qui recouvrent l’ensemble de l’Internet, du matériel aux applications d’intégration verticale en passant par la virtualisation, les protocoles, les systèmes d’exploitation, les identités électroniques ou la supervision du trafic de données. Ce financement des tierces parties n’est pas renouvelé dans le programme actuel, ce qui laissera de nombreux projets sans ressources adéquates pour la recherche et l’innovation en Europe.

Par ailleurs, NGI permet des échanges et des collaborations à travers tous les pays de la zone euro et aussi avec ceux des widening countries1, ce qui est actuellement une réussite tout autant qu’un progrès en cours, comme le fut le programme Erasmus avant nous. NGI0 est aussi une initiative qui participe à l’ouverture et à l’entretien de relation sur un temps plus long que les financements de projets. NGI encourage également à l’implémentation des projets financés par le biais de pilotes, et soutient la collaboration au sein des initiatives, ainsi que l’identification et la réutilisation d’éléments communs au travers des projets, l’interopérabilité notament des systèmes d’identification, et la mise en place de modèles de développement intégrant les autres sources de financements aux différentes échelles en Europe.

Alors que les États-Unis d’Amérique, la Chine ou la Russie déploient des moyens publics et privés colossaux pour développer des logiciels et infrastructures captant massivement les données des consommateurs, l’Union Européenne ne peut pas se permettre ce renoncement. Les logiciels libres et open source tels que soutenus par les projets NGI depuis 2020 sont, par construction, à l’opposée des potentiels vecteurs d’ingérence étrangère. Ils permettent de conserver localement les données et de favoriser une économie et des savoirs-faire à l’échelle communautaire, tout en permettant à la fois une collaboration internationale. Ceci est d’autant plus indispensable dans le contexte géopolitique que nous connaissons actuellement. L’enjeu de la souveraineté technologique y est prépondérant et le logiciel libre permet d’y répondre sans renier la nécessité d’œuvrer pour la paix et la citoyenneté dans l’ensemble du monde numérique.

Dans ces perspectives, nous vous demandons urgemment de réclamer la préservation du programme NGI dans le programme de financement 2025.

  1. Tels que définis par Horizon Europe, les États Membres élargis sont la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la République Tchèque, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, la Lithuanie, Malte, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. Les pays associés élargies (sous conditions d’un accord d’association) l’Albanie, l’Arménie, la Bosnie Herzégovine, les Iles Feroé, la Géorgie, le Kosovo, la Moldavie, le Monténégro, le Maroc, la Macédoine du Nord, la Serbie, la Tunisie, la Turquie et l’Ukraine. Les régions élargies d’outre-mer sont: la Guadeloupe, la Guyane Française, la Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint-Martin, Les Açores, Madère, les Iles Canaries. ↩
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Retour des services du BIM ! https://iloth.net/2024/06/retour-des-services-du-bim-%ef%bf%bc/ Mon, 03 Jun 2024 20:03:21 +0000 https://iloth.net/?p=1384     Comme vous l’avez vu dans notre précédent article et sur notre forum, les services du BIM étaient en panne. Cette semaine, les bénévoles de l’équipe d’ILOTH se sont employé·e·s pour les remettre en ligne. Malheureusement, pour nous ça n’a pas été pas possible de juste rebrancher les machines pour tout relancer. Nous avons eu des pertes matérielles (matériel réseau essentiellement). C’est pour cela que la remise en ligne a pris un peu plus de temps que prévu.

    Depuis jeudi soir, les services du BIM sont de retour de manière stable et nous sommes heureux de constater qu’il n’y a pas eu de pertes de données et de services pour les utilisateurs. Tout a été remis en ligne et semble fonctionner normalement. N’hésitez pas à nous contacter si vous rencontrez des problèmes.

Nous tenons à remercier l’équipe du support d’Ovea qui s’est rendu disponible pour intervenir au datacenter et pour nous avoir remonté les problèmes.

Tout cela aura amené des réflexions sur comment faire mieux et sur les lacunes qu’il y a dans nos infrastructures. En effet, malgré le caractère exceptionnel de la panne, cet épisode aura amené à réfléchir sur la façon de gérer notre infrastructure. Nous avons fait des progrès pour annoncer les maintenances, et agir sans trop déranger les utilisateurs, mais on a encore des lacunes et on fait avec nos moyens. Cependant de nouveaux projets dans ILOTH vont permettre d’améliorer les choses. On vous tient au courant.

Enfin, comme cette histoire se finit bien, si ça vous dit, on se retrouve le vendredi 7 juin au BIB, 80 impasse flouch. On fêtera le retour des services du BIM autour d’un verre et de petites choses à grignoter pour avoir une ligne parfaite avant l’été sur la plage 😛.

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Coup de foudre sur le BIM ! https://iloth.net/2024/05/coup-de-foudre-sur-le-bim/ Thu, 23 May 2024 19:59:52 +0000 https://iloth.net/?p=1373 Vous l’aurez peut-être remarqué, l’ensemble des services du BIM sont inaccessibles depuis le 17 mai au soir.

Dans les grandes lignes : un gros orage en fin de semaine dernière a rendu HS un de nos équipements réseau hébergé en datacenter. Cet équipement permettait de connecter les services du BIM à internet. Une intervention manuelle en datacenter est en train de se planifier pour la semaine prochaine, ce qui nous permettra peut-être de rétablir la connexion (on croise les doigts) !

Pour celleux qui ne connaissent pas, le BIM (Bienvenue sur l’Internet Montpellierain) est un ensemble de services open-source et libres d’accès que notre association héberge et maintient. Parmi ces services figure notamment notre BIM!Social (instance Mastodon) qui nous permet habituellement de communiquer sur nos interruptions de service (planifiées ou non), et que nous ne pouvons bien sûr par utiliser en ce moment.

Pour plus de détails sur cette panne et suivre son évolution, rendez-vous sur notre forum : https://forum.iloth.net/t/panne-des-services-du-bim/451

Associativement,

L’équipe ILOTH

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Chat control V2 : Le temps de la raison https://iloth.net/2023/11/chat-control-v2-le-temps-de-la-raison/ Mon, 20 Nov 2023 21:47:06 +0000 https://iloth.net/?p=1344

Les institutions européennes avaient précédemment essayé à plusieurs reprises de faire passer la directive chatcontrol visant à compromettre les communications chiffrées

Mais, plus récemment le Parlement Européen a accepté d’écouter divers intervenants et experts dans les problématiques soulevées qui leur ont exposé les dangers posés par ce texte, qui en l’état se révélaient à la fois inefficaces et dangereux.

Un gros travail de pédagogie envers nos député·e·s

Cet été, Apple avait déjà mis en évidence que lors de leurs propres tentatives, mettre en place de telles mesures de contrôle ouvraient la voie à d’importantes failles de sécurité. Celles-ci étant assez sévères pour que le géant technologique abandonne tout simplement un tel projet.

De plus, le séminaire « Le point de non-retour ? » par l’EDPS a permis de mettre fin à l’empressement initial autour du vote d’un texte mal compris, et a donné une opportunité pour les députés de mieux en saisir la substance ains que de se former une opinion plus avisée.

Nous pouvons finalement saluer les diverses interventions de chercheur·ses ayant fait un travail de pégagogie qui porté ses fruits puisqu’il a permis de donner naissance à un important accord de principe au sein du Parlement Européen.

Celui-ci consiste à s’opposer unanimement aux contrôles initialement proposés par la version initiale du texte. Notamment, il se propose d’abandonner à la fois le scan indiscriminé de messages sans contrôle judiciaire, ainsi que l’attaque généralisée des mesures de chiffrement des messageries privées.

Le 14 novembre les membres du parlement europeen ont acté cet accord en proposant un texte amendé qui abandonne les attaques contre le chiffrement et prend désormais position en faveur de la vie privée et de la sécurité.

Ça y’est c’est gagné ?

Pas vraiment.

Ce texte doit encore être voté pour être définitif, or ce vote aura lieu après les prochaines élections de députés européens. Il existe donc un risque que les positions prises actuellement ne soient pas maintenues après ces changements de députés. Il est d’autant plus important alors de maintenir le texte ChatControl V2 au centre des arguments de campagne et forcer les futurs députés à prendre position sur ce texte polémique.

Le droit au chiffrement et à la vie privée doivent être plus que jamais un sujet essentiel aux prochaines élections parlementaires. Il est important que les états membres −et en particulier la France qui est indécise − affichent des positions claires pour ces valeurs vitales à la société.

L’équipe Iloth

Ressources:

https://edps.europa.eu/system/files/2023-11/23-11-10_report_from_edps_seminar_on_csam_en.pdf

Stickers à coller : 

https://doc.bim.land/file/#/2/file/dR9Qw5DBZN6c5BEydG2Rmjms/

https://doc.bim.land/file/#/2/file/juxkI-9RtNBz9e8+FUuLXxwM/

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Le Règlement Chat Control (CSAR) avance https://iloth.net/2023/09/avancement-chatcontrol-csar/ Mon, 25 Sep 2023 20:10:28 +0000 https://iloth.net/?p=1305 Les États membres de l’UE veulent voter l’adoption du Règlement Chat Control (aussi appelé Child Sexual Abuse Regulation ou CSAR), les ministres de la Justice et de l’Intérieur veulent arrêter leur position le 28 septembre.

De nombreuses critiques de tous bords mais les gouvernements s’entêtent

Plus de 80 ONG la qualifient de sans précédent : « Elle obligerait les services Internet à passer au crible les communications numériques privées de tous les individus pour le compte des gouvernements ». Source : https://edri.org/our-work/open-letter-eu-countries-should-say-no-to-the-csar-mass-surveillance-proposal/

Le service de recherche du Parlement européen (EPRS) s’est montré défavorable à une telle, lois la jugeant peu efficace sur la protection des enfants et très dangereuse car violant les droits fondamentaux des utilisateurs d’internet. Source : https://tutanota.com/fr/blog/chat-control

Une lettre ouverte signée par 300 scientifiques demande l’abandon de cette loi : https://tutanota.com/fr/blog/chat-control

Des services comme tutonota, Mullvadd ou encore Cryptpad participent activement aux demandes de rejet du texte.

Malgré ça, une majorité d’États membres s’est positionnée POUR le texte ; parmi eux, le gouvernement français qui déclare en discuter « au plus haut niveau politique » et s’est déclaré pour le vote du texte en l’état.

Quelques États se montrent critiques sur le texte

La Pologne, les Pays-Bas et l’Estonie demandent de leur côté que les « obligations générales de surveillance » et les « mesures visant à contourner le chiffrement » soient exclues du texte de loi. L’ancienne présidence suédoise avait intégré ces formulations, mais la présidence espagnole les a supprimées.

L’Autriche et la Slovénie ont encore « besoin de discuter » de l’élément de contrôle du chat.

La position de l’Allemagne n’est pas claire mais elle ne s’est pas déclarée pour l’adoption du texte non plus. Elle demande plus de temps pour négocier.

La présidence du Conseil sera tenu par l’Espagne qui s’est prononcée pour l’adoption du texte. Une possibilité de bloquer l’adoption du texte reste possible si l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche s’abstiennent ou votent contre l’adoption du texte.

Des problèmes subsistent dans la mise en place d’une telle loi

En effet, à ce jour le siège du centre européen qui recevra les plaintes n’a toujours pas été décidé.

Certains se disent prêt a accueillir de nouvelles autorités européennes sur leur territoire mais ils ne sont pas tous d’accord sur ce point.

Les états veulent donc décider séparément de l’emplacement du centre.

Une contre-proposition de loi annoncée sur le site du député Patrick Breyer

Une contre-proposition de loi apportant des solutions moins intrusives et plus respectueuses de la vie privées tout en garantissant la sécurité des enfants a été rédigée et publiée sur le site du député européen Patrick Breyer.

Vous pourrez trouver cette proposition ici : https://www.patrick-breyer.de/en/real-child-protection-instead-of-big-brother-scanning-5-point-plan-for-the-deadlocked-eu-council-negotiations-on-child-sexual-abuse-bill-chat-control/

Vous tenir à jour sur le sujet

Sur les réseaux sociaux, cherchez les hashtags #ChatControl ou #CSAR.

Voici également un article récent de La Quadrature du Net sur le sujet : https://blogs.mediapart.fr/la-quadrature-du-net/blog/180923/reglement-csar-la-surveillance-de-nos-communications-se-joue-maintenant-bruxelles

Retrouvez notre traduction du dossier de Patrick Breyer ici : https://iloth.net/2023/05/traduction-du-dossier-chat-control-2-0-de-patrick-breyer/

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Traduction du dossier Chat Control 2.0 de Patrick Breyer https://iloth.net/2023/05/traduction-du-dossier-chat-control-2-0-de-patrick-breyer/ Wed, 31 May 2023 14:21:46 +0000 https://iloth.net/?p=1167 L’article ci-dessous est une traduction et adaptation de l’article https://www.patrick-breyer.de/en/posts/chat-control/ provenant du blog de Patrick Breyer.

Traduction mise à jour le : 15/04/2024

Patrick Breyer est un député européen membre du Parti Pirate qui représente les oppositions au règlement Chat Control.

Avertissement Cet article parle d’abus pédosexuels.

Note de traduction : « Chat Control » ou « Chat Control 2.0 » est le surnom donné à la proposition de règlement européen qui cherche à généraliser l’analyse automatisée des conversations numériques privées à des fins de détection de contenu pédopornographique (aussi appelé « CSAM » ou « CSEM » pour « Child Sexual Abuse/Exploitation Material ») ou de corruption de mineur (« child grooming ») à l’ensemble des opérateurs de services de messageries. Le nom officiel de cette proposition est « Proposal for a Regulation laying down rules to prevent and combat child sexual abuse ».

Chat Control : La fin de la vie privée dans nos conversations numériques

L’Union européenne voudrait obliger les opérateurs de services de messagerie à chercher de manière automatique les contenus suspects dans les conversations et messages privées ainsi que les emails.

L’objectif déclaré : lutter contre les contenus pédopornographiques (« CSEM »).

Leur solution : la surveillance de masse par la lecture et l’analyse automatique de chaque message envoyé en temps réel, sonnant la fin du secret des correspondances numériques.

Parmi les autres conséquences (qui seront tout aussi inefficaces) de cette proposition de règlement figurent : les blocages réseaux, le filtrage des fichiers privés dans le cloud, la vérification obligatoire de l’âge des utilisateurs mettant fin aux communications anonymes, la censure dans les magasins d’applications, et l’exclusion des mineurs du monde numérique.

Chat Control 2.0 dans tous les smartphones.

Le 11 mai 2022, la Commission européenne a présenté une proposition qui rendrait l’analyse automatisée des communications privées obligatoire pour tous les opérateurs de services de messagerie ou d’email, et s’appliquerait même au services chiffrés aujourd’hui de bout en bout. En amont de cette proposition, une consultation publique par la Commission a montré que la majorité des répondants, citoyens comme parties prenantes, sont opposés à une obligation d’utiliser la surveillance des conversations. Plus de 80% des répondants s’opposaient à son application aux communications chiffrées de bout en bout.

Un règlement autorise actuellement les opérateurs de scanner les communications sur la base du volontariat (surnommé « Chat Control 1.0 »). Aujourd’hui, seuls quelques services étasuniens non chiffrés comme Gmail, Facebook/Instagram, Skype, Snapchat, les emails iCloud et le tchat XBox inspectent volontairement les communication privées (plus de details ici). La Commission européenne prédit une multiplication par 3,5 fois du nombre de signalements automatiques suite à la l’implémentation de la proposition Chat Control 2.0 (par 354%).

Le parlement s’est positionné en grande majorité contre la surveillance systématique des communications numériques. Au sein du conseil de l’UE, le clivage entre les partisans et les opposants de la surveillance obligatoire de toutes les communications numériques ne permet de trouver une position commune, la commission européenne a proposé une prolongation de 2 ans du règlement Chat Control V1 (proposition laissant le choix aux fournisseurs de services de contrôler les messages transitants sur leurs plateformes) en novembre 2023. 

Une victime d’abus pédosexuel et l’eurodéputé Patrick Breyer ont intenté des actions en justice pour mettre fin à la surveillance systématique des messages par les grandes plateformes de messagerie étatsuniennes.

Voici ce que la proposition implique réellement :

Proposition Chat Control 2.0 de la Commission européenneConséquences    Position du Parlement européenPosition du Conseil (en cours d’élaboration)
Sont envisagées : la surveillance des conversations, le blocage réseau, la vérification obligatoire de l’âge pour les applications de communication ou de stockage, la vérification de l’âge pour les magasins d’applications et l’interdiction pour les mineurs d’installer de nombreuses applications.Pas de surveillance ni de blocages réseaux, pas de vérification obligatoire de l’âge des utilisateurs, pas d’exclusion de l’utilisateur sur le critère de son âge.Aucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Tous les services fournis contre une rémunération (y compris les services financés par la publicité) entrent dans le champ d’application du texte, sans limite de taille, de nombre d’utilisateurs, etc.Seuls les services non commerciaux et non financés par la publicité, comme beaucoup de logiciels libres ne sont pas concernés par le texteAucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
L’autorité du pays d’établissement du fournisseur est tenue d’ordonner la mise en place d’un système surveillance des messages.Voir l’article 33 de la propositionAucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Les services de communication concernés incluent la téléphonie, les courriers électroniques, les messageries, les conversations (y compris dans les jeux, sur les applications de rencontre, et c.), la visioconférenceLe texte, les images, les vidéos et la parole pourront être analysésLa téléphonie est exclue ainsi que les SMS mais les courriels, messagerie, tchat public, les services de visioconférence seront surveillés.Aucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Les services de messagerie chiffrée de bout en bout ne sont pas exclus du champ d’applicationLes fournisseurs de services de communication chiffrés de bout en bout vont devoir analyser les messages sur chaque smartphone (analyse côté client) et, en cas de correspondance, signaler le message à la police.Les services de messagerie chiffrés de bout en bout sont exlus du champ d’applicationAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Dans les services d’hébergement concernés, il y a l’hébergement web, les réseaux sociaux, les services de diffusion de vidéo, l’hébergement de fichiers et les services en ligne.Même le stockage personnel, qui n’est pas partagé, comme le service iCloud d’Apple, seront soumis à chat control.Aucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Les services qui sont susceptibles d’etre utilisés pour du contenu illégal ou du pédopiégeage devront obligatoirement fouiller le contenu des communications personnelles et les données stockées avant tout soupçon et ce de manière généraliséeÉtant donné que n’importe quel service est probablement aussi utilisé à des fins illégales, tous les services seront dans l’obligation de déployer chat control.Seule la surveillance ciblées de personnes et de groupes spécifiques dont on peut raisonnablement penser qu’ils sont liés à du contenu pédopornographique est autoriséeAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
L’autorité d’un pays doit exiger à un fournisseur de service hébergé sur son térritoire d’appliquer le système ChatControlL’application du texte et le moment de son application est laissé à la décision des autorités du paysAucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission

ChatControl implique des recherches automatisées d’images et de vidéos connues du CSEM. Les messages/fichiers suspects seront signalés à la police.
Selon la police fédérale suisse, 87% des rapports qu’elle reçoit (généralement basés sur la méthode de hachage) ne sont pas pertinents d’un point de vue pénal.Aucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Les services d’hébergement comme les hébergeurs de pages web, les réseaux sociaux, les services de streaming vidéo, les services d’hébergement de fichiers et de cloud, sont concernés par le texte.Même les fichiers personnels comme les service iCloud ou Dropbox sera soumis à la surveillance obligatoireAucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
ChatControl implique des recherches automatisées d’images et de vidéos connues du CSEM. Les messages/fichiers suspects seront signalés à la police.
La recherche automatique de représentations d’abus inconnues est une procédure expérimentale faisant appel à l’apprentissage automatique (« intelligence artificielle »). Les algorithmes ne sont pas accessibles au public et à la communauté scientifique, et le projet ne prévoit aucune obligation de divulgation. Le taux d’erreur est inconnu et n’est pas limité par le projet de règlement. On peut supposer que ces technologies donnent lieu à des quantités massives de fausses déclarations. Le projet de législation autorise les fournisseurs à transmettre à la police des rapports de concordance automatisés sans qu’ils soient vérifiés par des humains.
Aucune modification par rapport à la proposition de la CommissionAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Le contrôle des conversations implique des recherches sur les machines pour détecter d’éventuelles pratiques de manipulation d’enfants ; les messages suspects seront signalés à la police.La recherche automatique de pédophilie potentielle est une procédure expérimentale qui fait appel à l’apprentissage automatique (« intelligence artificielle »). Les algorithmes ne sont pas accessibles au public et à la communauté scientifique, et le projet ne contient pas d’obligation de divulgation. Le taux d’erreur est inconnu et n’est pas limité par le projet de règlement. On peut supposer que ces technologies donnent lieu à un grand nombre de fausses déclarations.Pas d’autorisation pour les recherches automatiques de pédophilie potentielle.Pas d’autorisation pour les recherches automatique de pédophilie potentielle.
Les services de communication susceptibles d’être utilisés à des fins de pédophilie (donc tous) doivent vérifier l’âge de leurs utilisateurs.Dans la pratique, la vérification de l’âge implique une identification complète de l’utilisateur, ce qui signifie que les communications anonymes par courrier électronique, messagerie, etc. seront effectivement interdites. Les dénonciateurs, les défenseurs des droits de l’homme et les groupes marginalisés comptent sur la protection de l’anonymat.Pas d’obligation de vérification de l’age des utilisateursAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Les magasins d’applications doivent vérifier l’âge de leurs utilisateurs et empêcher les enfants et les jeunes d’installer des applications susceptibles d’être utilisées à des fins de sollicitation.Tous les services de communication tels que les applications de messagerie, les applications de rencontres ou les jeux peuvent être utilisés à mauvais escient pour la sollicitation d’enfants (child grooming) et leur utilisation sera bloquée pour les enfants/jeunes.Lorsqu’une application requiert le consentement pour le traitement des données, les magasins d’applications dominants (Apple Store, Android Store) doivent faire un effort raisonnable pour s’assurer du consentement des parents pour les utilisateurs de moins de 16 ansAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Les fournisseurs d’accès à Internet peuvent être obligés de bloquer l’accès aux images et vidéos interdites et inamovibles hébergées en dehors de l’UE au moyen d’un blocage de réseau (blocage d’URL).Le blocage des réseaux est techniquement inefficace et facile à contourner, et il aboutit à la construction d’une infrastructure de censure technique.Les fournisseurs d’accès internet peuvent être obligé d’appliquer des blocagesAucune modification par rapport à la proposition de la Commission
Tableau des implications du règlement Chat Control 2.0

Les changements proposés par le Parlement européen :

En novembre 2023, le Parlement européen a adopté à la quasi-unanimité un mandat de négociation pour la proposition de loi. Avec l’eurodéputé du Parti Pirate Patrick Breyer, l’opposant le plus déterminé au texte s’est assis à la table des négociations. Le résultat : le Parlement veut déjouer la proposition extrême de la Commission européenne :



  1. Nous voulons préserver le secret numérique des correspondances et supprimer la surveillance systématique des messageries qui viole les droits fondamentaux et n’a aucune chance devant les tribunaux. L’actuelle analyse volontaire des messages privés (et non des réseaux sociaux) par les opérateurs internet américains est progressivement supprimée. La surveillance ciblée des télécommunications et les perquisitions ne seront autorisées que sur mandat judiciaire et limitées aux personnes ou groupes de personnes soupçonnés d’être liés à des contenus pédopornographiques.
  2. Nous voulons préserver la confiance dans le chiffrement de bout en bout. Nous excluons clairement ce que l’on appelle l’analyse coté client, c’est-à-dire l’installation de fonctionnalités de surveillance et de failles de sécurité dans nos smartphones.
  3. Nous voulons garantir le droit à la communication anonyme et supprimer la vérification obligatoire de l’âge des utilisateurs de services de communication. Les lanceurs d’alerte pourront ainsi continuer à divulguer des actes répréhensibles de manière anonyme, sans avoir à montrer leur carte d’identité ou leur visage.
  4. Supprimer au lieu de bloquer : le blocage de l’accès Internet doit être facultatif. Les contenus légaux ne doivent en aucun cas être bloqués de manière collatérale.
  5. Nous rejetons l’assignation à résidence numérique : nous ne voulons pas obliger les magasins d’applications à empêcher les jeunes de moins de 16 ans d’installer des applications de messagerie, de réseaux sociaux, et de jeux « pour leur propre protection », comme cela a été proposé par la Commission. Le Règlement Général sur les Protection des Données personnelles (RGPD) doit être maintenu.


Le Parlement veut protéger les jeunes et les victimes d’abus bien plus efficacement que la proposition extrême de la Commission européenne :



  1. La sécurité dès la conception : afin de protéger les jeunes de la corruption de mineurs, le Parlement souhaite que les services Internet et les applications soient sécurisés dès leur conception et par défaut. Il doit être possible de bloquer et de signaler d’autres utilisateurs. Ce n’est qu’à la demande de l’utilisateur qu’il doit être accessible au public et voir les messages ou les photos des autres utilisateurs. Les utilisateurs doivent être invités à confirmer leur identité avant d’envoyer leurs coordonnées ou des photos de nu. Les auteurs et victimes potentiels doivent être avertis lorsque cela est pertinent, par exemple s’ils tentent de rechercher des contenus abusifs à l’aide de certains mots de recherche. Les tchats publics présentant un risque élevé de corruption de mineur doivent être modérés.
  2. Afin de nettoyer le réseau des contenus d’abus sexuels sur les enfants, le Parlement souhaite que le nouveau Centre européen de protection de l’enfance recherche automatiquement et de manière proactive les contenus Internet accessibles au public pour y trouver des contenus pédopornographiques connus. Cette recherche pourrait également être utilisée sur le darknet et serait donc plus efficace que les mesures de surveillance privées des fournisseurs.
  3. Le Parlement souhaite obliger les fournisseurs qui ont connaissance de contenus manifestement illégaux à les retirer, contrairement à la proposition de la Commission européenne. Les forces de l’ordre qui auraient connaissance d’un contenu illégal seraient obligées de le signaler au fournisseur pour qu’il le retire. Ceci en réaction au cas de la plateforme Boystown hébergée sur le darknet, où les pires contenus pédopornographiques ont sciemment continué d’être diffusés pendant des mois avec l’aval de Europol.

Attention : Il ne s’agit que du mandat de négociation du Parlement, qui ne l’emporte généralement que partiellement. La plupart des gouvernements de l’UE continuent de soutenir la proposition initiale de Chat Control 2.0 de la Commission européenne sans compromis significatif. Cependant, de nombreux autres gouvernements empêchent un tel positionnement (minorité de blocage). Dès que les gouvernements de l’UE seront parvenus à un accord au sein du Conseil, le Parlement, le Conseil et la Commission entameront les négociations dites de trilogue sur la version finale du règlement. Patrick Breyer ou son successeur potentiel Anja Hirschel du Parti Pirate s’assiéront à nouveau à la table des négociations pour lutter contre Chat Control.

Position des gouvernements de l’UE au Conseil :

La plupart des gouvernements de l’UE continuent de soutenir la proposition extrême initiale de la Commission européenne sans y apporter d’améliorations significatives. Plusieurs autres gouvernements s’opposent toutefois à une telle position (une minorité), de sorte que les positions proposées par le Conseil ont déjà échoué à deux reprises.

Rouge : en faveur du texte – Vert Opposé au texte – Jaune : En réflexion

Des vidéos supplémentaires sont disponible dans cette playlist.

Chronologie des négociations

2020 : La Commission européenne propose une législation « temporaire » permettant l’analyse de messagerie

La législation « temporaire » proposée [une dérogation à la directive 2002/58/EC communément appelée « directive ePrivacy » ou « directive vie privée et communications électroniques »] permet l’analyse de tous les messageries, et emails à la recherche d’images illégales de mineures ou de tentatives d’entrée en contact avec des mineur·e·s. Cela permet aux opérateurs de Facebook Messenger, Gmail, etc. de scanner tous les messages circulant sur leurs services à la recherche de texte ou d’images suspectes. Si un algorithme considère un message suspect, son contenu et ses métadonnées sont révélées (automatiquement et sans vérification humaine) à une organisation privée basée aux Etats-Unis d’Amérique, puis aux polices nationales du monde entier. Les utilisateur·ices signalé·e·s ne sont pas notifié·es.

6 juillet 2021 : Le Parlement européen adopte la législation permettant l’analyse de messagerie

Le Parlement européen vote en faveur de la dérogation à la directive « ePrivacy » qui permet aux opérateurs de messagerie et d’emails de surveiller ceux-ci. Des opérateurs de tels services basés aux Etats-Unis, comme Gmail et Outlook.com, commencent l’analyse automatisé des messages.

9 mai 2022 : Patrick Breyer, membre du Parlement européen, attaque en justice l’entreprise américaine Meta.

Selon la jurisprudence de la Cour de justice européenne, l’analyse automatisée, totale et permanente des communications privées viole les droits fondamentaux et est interdite (paragraphe 117).

Prof. Dr. Ninon Colneric, ex-juge de la Cour de justice européenne, conduit une analyse en profondeur des plans et conclue dans un avis juridique que les plans législatifs de l’UE concernant la surveillance de messagerie ne sont pas alignés avec la jurisprudence de la Cour de justice européenne, et violent les droits fondamentaux au respect de la vie privée, la protection des données et la liberté d’expression de l’ensemble des citoyen.nes européen.ennes. C’est sur ces faits que se base l’attaque en justice.

11 mai 2022 : La Commission a présenté une proposition visant à rendre obligatoire le surveillance des conversations pour les opérateurs de services.

Le 11 mai 2022, la Commission européenne a présenté une deuxième proposition législative, dans laquelle elle oblige tous les opérateurs de services de tchat, de messagerie et de courrier électronique à déployer cette technologie de surveillance de masse en l’absence de tout soupçon. Cependant, un sondage représentatif réalisé en mars 2021 montre clairement qu’une majorité d’européens s’oppose à la surveillance automatisée des conversations numériques (résultats détaillés du sondage ici).

Les 8 mai, 22 juin, 5 juillet, 20 juillet, 6 septembre, 22 septembre, 5 octobre, 19 octobre, 3 novembre et 24 novembre 2022

La proposition a été discutée au sein du groupe de travail « Application de la loi » du Conseil européen.

Les négociateurs

Les acteurs impliqués au Parlement européen : Rapporteur et rapporteurs fictifs

PPES&DRenewLes verts/ ALELa gaucheCREID
LIBE (lead)Javier ZarzalejosPaul TangHilde VautmansPatrick BreyerCornelia ErnstVincenzo SofoAnnalisa Tardino
IMCOMarion WalsmannAlex Aguis SalibaCatharina RinzemaMarcel KolajaKateřina KonečnáAdam BielanJean-Lin Lacapelle
CULTAsim AdemovMarcos Ros SempereLucia Duris NicolsonovaMarcel KolojaNiyazi KizilyürekElzbieta KrukCatherine Griset
FEMMEleni StavrouHeléne FritzonKaren MelchiorPierrette Herzberger-FofanaSandra PereiraJadwiga Wiśniewska
BUDGNiclas HerbstNils UšakovsNils TorvaldsAlexandra GeeseSilvia ModigBogdan RzońcaJoachim Kuhs
Tableau des négociateurs

Pourquoi cette loi vous concerne ?

Analyse des communications :

  • Toutes vos discussions par messageries instantanées ou par courriel seront automatiquement scannées pour trouver des contenus douteux. Rien ne pourra être confidentiel ou secret. Il n’y aura pas besoin d’une décision d’un tribunal pour scanner vos messages : ce sera fait systématiquement et automatiquement.
  • Si un algorithme classe le contenue de votre message comme douteux, vos photos privées ou intimes pourront être visionnées par le personnel et les sous-traitants d’entreprises internationales ou directement par les services de polices. Toutes vos photos de nudes peuvent être visionnées par des gens que vous ne connaissez pas et possiblement être mises entre de mauvaises mains.
  • Les flirts et les sextos peuvent être lus par le personnel et les sous-traitants d’entreprises internationales et par les autorités policières, car les filtres de reconnaissance de texte recherchant de la « corruption de mineurs » signalent souvent à tort les conversations intimes.
  • Vous pouvez être faussement dénoncé·e et faire l’objet d’une enquête pour diffusion présumée de matériel pédopornographique. Les algorithmes d’analyse de messageries sont connus pour signaler des photos de vacances tout à fait légales d’enfants sur une plage, par exemple. Selon les autorités de la police fédérale suisse, 80 % des signalements générés par des machines s’avèrent sans fondement. De même, en Irlande, seuls 20 % des signalements NCMEC reçus en 2020 ont été confirmés comme étant réellement des « documents relatifs à la maltraitance d’enfants ». En Allemagne, près de 40 % des procédures d’enquête criminelle ouvertes pour pédopornographie visent des mineurs.
  • Durant votre prochain voyage à l’étranger, attendez vous à avoir des problèmes. Des signalements automatiques sur vos communications peuvent avoir été transférés à d’autres pays, comme les Etats-Unis d’Amérique où la protection des données personnelles n’existe pas. – with incalculable results.
  • Les services de renseignement et les hackers pourront espionner vos communications privées. Si le chiffrement des applications de communication est supprimé pour permettre l’analyse de vos messages, la porte sera alors ouverte à quiconque en aura les moyens techniques de lire vos échanges.
  • Ce n’est que le début. Une fois la technologie d’analyse de messagerie établie, il devient très facile de l’utiliser à d’autres fins. Et qui garantit que ces machines à incriminer ne seront pas utilisées à l’avenir sur nos smartphones et nos ordinateurs portables ?

Vérification de l’âge :

  • Vous ne pourrez plus créer d’email ou de comptes anonymes sans présenter une pièce d’identité ou un photo de votre visage, vous rendant identifiable et vulnérables à des fuites de données. Cela limite par exemple les conversations sensibles liées à la sexualité, la communication de contenu anonyme (ex : lanceurs d’alertes), ainsi que les activités politiques.
  • Si vous avez moins de 18 ans, vous ne pourrez plus installer les applications suivantes via les magasins d’applications (raison donnée : risque de corruption de mineurs) : des applications de messagerie comme Whatsapp, Snapchat, Telegram ou Twitter, des applications de réseaux sociaux comme Instagram, TikTok ou Facebook, des jeux comme FIFA, Minecraft, GTA, Call of Duty, Roblox, des applications de rencontre, des application de visioconférence comme Zoom, Skype, Facetime.
  • Même si vous n’utilisez pas de magasins d’application, l’opérateur du service vérifiera votre âge. Si vous avez moins de 16 ans, vous ne pourrez plus utiliser Whatsapp du fait des règles de vérification d’âge ; idem pour les fonctions en ligne du jeu FIFA 23. Si vous avez moins de 13 ans, vous ne pourrez plus utiliser TikTok, Snapchat ou Instagram.

Cliquez ici pour d’autres arguments contre l’analyse automatisée des messageries

Cliquez ici pour savoir ce que vous pouvez faire pour arrêter la surveillance des messageries

Ce que vous pouvez faire

Vous craignez que cette loi ne porte massivement atteinte aux droits fondamentaux et qu’elle ne soit pas la bonne approche ?

Signez la pétition « Les enfants méritent un Internet sécurisé et sûr » et partagez-la.

Faites augmenter la pression médiatique sur les négociateurs (c’est le plus important maintenant) :

  • Faites-leur part poliment de vos préoccupations concernant la surveillance des conversations (arguments ici). L’expérience montre que les appels téléphoniques sont plus efficaces que les courriers électroniques ou les lettres. Le nom officiel du projet de loi sur la surveillance obligatoire des conversations est « Proposition de règlement établissant des règles pour prévenir et combattre les abus sexuels sur les enfants » (« Proposal for a Regulation laying down rules to prevent and combat child sexual abuse« ).

Parlez-en autour de vous ! Informez les autres des dangers de Chat Control. Retrouvez ici des images et vidéos à partager. Vous pouvez bien sûr créer vos propres images et vidéos.

Générez de l’attention sur les réseaux sociaux ! Utilisez le hashtag #ChatControl

Générez de l’attention médiatique ! Jusqu’ici, très peu de média ont couvert le projet de surveillance des communications de l’UE. Contactez des journaux et demandez-leur d’écrire sur le sujet, en ligne comme dans la presse papier.

Demandez à vos opérateurs de services d’email et de tchat ! Evitez Gmail, Facebook Messenger, Outlook.com et le tchat XBox, où l’analyse automatique des conversations est déjà implémentée. Demandez à vos founisseurs d’email et de tchat s’ils scannent déjà vos messages privés à la recherche de contenu suspect, ou s’ils comptent le faire dans le futur.

Briser les mythes

Lorsque le projet de loi Chat Control a été présenté pour la première fois en mai 2022, la Commission européenne a fait la promotion de ce projet controversé en avançant divers arguments. Les paragraphes qui suivent remettent en question certaines affirmations et les réfutent :


1. « Aujourd’hui, des photos et des vidéos montrant des abus pédosexuels circulent massivement sur Internet. En 2021, 29 millions de cas ont été signalés au Centre national américain pour les enfants disparus et exploités. »

Il est trompeur de parler exclusivement de représentations d’abus pédosexuels dans le contexte de la surveillance des conversations numériques. Certes, le contenu relatif à l’exploitation sexuelle des enfants (ou CSEM [« Child Sexual Exploitation Material »]) comprend souvent des vidéos de violence sexuelle à l’encontre de mineurs (du contenu relatif à l’abus sexuel d’enfants, ou CSAM [« Child Sexual Abuse Material »]). Toutefois, un groupe de travail international composé d’institutions de protection de l’enfance souligne que le contenu criminel comprend également des enregistrements d’actes sexuels ou d’organes sexuels de mineurs dans lesquels aucune violence n’est exercée ou aucune autre personne n’est impliquée. Les enregistrements réalisés dans des situations quotidiennes sont également mentionnés, comme une photo de famille d’une fille en bikini ou nue dans les bottes de sa mère. Les enregistrements réalisés ou partagés à l’insu du mineur sont également inclus. Le CSEM punissable comprend également les bandes dessinées, les dessins, les mangas/animes et les représentations de mineurs fictifs générées par ordinateur. Enfin, les représentations criminelles comprennent également les enregistrements sexuels de mineurs réalisés par eux-mêmes, par exemple pour les transmettre à des partenaires du même âge (« sexting »). L’étude propose donc l’expression « représentations de l’exploitation sexuelle » de mineurs comme une description plus appropriée. Dans ce contexte, les enregistrements d’enfants (jusqu’à 14 ans) et d’adolescents (jusqu’à 18 ans) sont également punissables.

2. « Rien qu’en 2021, 85 millions d’images et de vidéos d’abus pédosexuels ont été signalées dans le monde. »

De nombreuses affirmations trompeuses circulent sur la manière de quantifier l’ampleur des images de mineurs exploités sexuellement (CSEM). Le chiffre utilisé par la Commission européenne pour défendre ses projets provient de l’organisation non gouvernementale américaine NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children) et comprend des doublons car les images d’exploitation sexuelle de mineurs sont partagées plusieurs fois et ne sont souvent pas supprimées. Si l’on exclut les doublons, il reste 22 millions d’enregistrements uniques sur les 85 millions signalés.

75 % de tous les signalements du NCMEC de 2021 provenaient de Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp). L’analyse interne de Facebook indique que « plus de 90 % [du CSEM sur Facebook en 2020] étaient identiques ou visuellement similaires à des contenus précédemment signalés ». Et les copies de seulement six vidéos étaient responsables de plus de la moitié du contenu d’exploitation des enfants. » Les chiffres cités par le NCMEC ne décrivent donc pas vraiment l’ampleur des enregistrements en ligne de violences sexuelles à l’encontre des enfants. Ils décrivent plutôt la fréquence à laquelle Facebook découvre des copies d’enregistrements dont il a déjà connaissance. Cela aussi est pertinent.

Tous les enregistrements uniques signalés au NCMEC ne montrent pas des violences à l’encontre d’enfants. Les 85 millions de représentations signalées par le NCMEC comprennent également des sextos consensuels, par exemple. Le nombre de représentations d’abus signalées au NCMEC en 2021 était de 1,4 million.

L’Union européenne reçoit 7 % des signalements du NCMEC dans le monde.

En outre, même sur Facebook, où l’analyse des conversations est depuis longtemps utilisé de manière volontaire, les chiffres relatifs à la diffusion de matériel abusif continuent d’augmenter. L’analyse automatisée des conversations n’est donc pas une solution.

Source

3. « Augmentation de 64 % des signalements d’abus pédosexuels confirmés en 2021 par rapport à l’année précédente. »

Le fait que les algorithmes d’analyse automatisée des conversations implémentés volontaires par les grands opérateurs américains aient signalé plus de CSEM n’indique pas comment la quantité de CSEM a évolué dans l’ensemble. La configuration même des algorithmes a un impact important sur le nombre de signalements. En outre, cette augmentation montre que la circulation des CSEM ne peut pas être contrôlée au moyen d’un système de surveillance des conversations.

4. « L’Europe est la plaque tournante mondiale pour la plupart de ces contenus. »

7 % des signalements du NCMEC sont adressés à l’Union européenne. Par ailleurs, les services de police européens, tels que Europol et le BKA, ne signalent sciemment pas les contenus abusifs aux services de stockage pour qu’ils soient retirés, de sorte que la quantité de contenus stockés ici ne peut pas diminuer.

5. « Une enquête soutenue par Europol sur la base d’un signalement d’un fournisseur de services en ligne a permis de sauver 146 enfants dans le monde entier, et plus de 100 suspects ont été identifiés dans l’UE. »

Le signalement a été établi par un fournisseur de services de stockage dans le cloud, et non par un fournisseur de services de communication. Pour surveiller le stockage cloud, il n’est pas nécessaire d’imposer la surveillance des communications de chacun. Si l’on veut attraper les auteurs de délits en ligne liés à des contenus pédopornographiques, il faut utiliser des « honeypots » ou d’autres méthodes qui ne nécessitent pas de surveiller les communications de l’ensemble de la population.

6. « Les moyens existants de détection des contenus pertinents ne seront plus disponibles à l’expiration de la solution provisoire actuelle. »

Les fournisseurs de services d’hébergement (hébergeurs de fichiers, clouds) et les opérateurs de réseaux sociaux seront autorisés à poursuivre l’analyse automatisée après l’expiration de l’exemption à ePrivacy. Pour les opérateurs de services de communication, le règlement implémentant l’analyse automatisée volontaire [Chat Control 1.0] pourrait être prolongé sans exiger que tous les fournisseurs y adhèrent.

7. Ces métaphores : L’analyse automatisée des conversations est « comme un filtre anti-spam » / « comme un aimant qui cherche une aiguille dans une botte de foin : l’aimant ne voit pas le foin » / « comme un chien policier qui renifle des lettres : il n’a aucune idée de ce qu’elles contiennent ». Le contenu de votre communication ne sera vu par personne s’il la recherche n’aboutit pas à un résultat. « La détection à des fins de cybersécurité existe déjà, comme la détection de liens dans WhatsApp » ou les filtres anti-spam.

Les filtres anti-spam ou anti-logiciels malveillants ne divulguent pas le contenu des communications privées à des tiers et n’entraînent pas le signalement de personnes innocentes. Ils n’entraînent pas la suppression ou le blocage à long terme de profils sur les réseaux sociaux ou les services en ligne.

8. « En ce qui concerne la détection de nouveaux contenus abusifs sur le net, le taux de réussite est largement supérieur à 90 %. … Certaines technologies existantes de détection de corruption de mineurs (comme celle de Microsoft) ont un « taux de précision » de 88 %, avant examen par un humain. »

Compte tenu du nombre ingérable de messages, même un faible taux d’erreur se traduit par d’innombrables faux positifs qui peuvent dépasser de loin le nombre de messages corrects. Même avec un taux de réussite de 99 %, cela signifie que sur les 100 milliards de messages envoyés quotidiennement via Whatsapp, 1 milliard (c’est-à-dire 1 000 000 000) de faux positifs devraient être vérifiés. Et ce, chaque jour et que pour cette seule plateforme. La « charge de l’examen humain » qui pèserait sur les services de police serait immense, alors que l’arriéré et la surcharge de ressources jouent déjà en leur défaveur.

Par ailleurs, une demande d’accès à l’information par l’ex-député européen Felix Reda a révélé que ces affirmations sur la précision des technologies de détection proviennent de l’industrie-même, de ceux qui ont un intérêt direct dans ces affirmations parce qu’ils veulent vous vendre une technologie de détection (Thorn, Microsoft). Ils refusent de soumettre leur technologie à des tests indépendants et nous ne devrions pas prendre leurs affirmations pour argent comptant.

L’évaluation par l’UE des outils de détection des abus pédosexuels repose uniquement sur les affirmations de l’industrie, prises au pied de la lettre.

La surveillance de masse n’est pas la bonne approche pour lutter contre la « pédopornographie » et l’exploitation sexuelle

  • L’analyse des messages privés et des tchats ne permet pas d’endiguer la propagation du CSEM. Facebook, par exemple, pratique l’analyse automatisée des conversations depuis des années, et le nombre de signalements automatisés a augmenté chaque année, atteignant récemment 22 millions en 2021.
  • L’analyse obligatoire des tchats ne permettra pas de détecter les auteurs qui enregistrent et partagent du contenu d’exploitation sexuelle des enfants. Les abuseurs ne partagent pas leur contenu par email ou messagerie, mais s’organisent par l’intermédiaire de forums secrets autogérés dépourvus d’algorithmes d’analyse automatique. En outre, ils uploadent généralement des images et des vidéos sous forme d’archives chiffrées et ne partagent que les liens et les mots de passe. Les algorithmes d’analyse automatique des conversations ne reconnaissent pas les archives chiffrées ou les liens.
  • La bonne approche consisterait à supprimer le CSEM là où il est hébergé en ligne. Cependant, Europol ne signale pas les contenus CSEM connus.
  • Le surveillance des conversations nuit à la poursuite des abus pédosexuels en inondant les enquêteurs de millions de signalements automatisés, dont la plupart ne sont pas pertinents sur le plan pénal.

Le surveillance des messageries nuit à tout le monde

  • Tous les citoyens sont soupçonnés, sans raison, d’avoir éventuellement commis un délit. Les filtres de texte et de photos surveillent tous les messages, sans exception. Aucun juge n’est tenu d’ordonner une telle surveillance, contrairement au monde analogique qui garantit le secret de la correspondance et la confidentialité des communications écrites. Selon une décision de la Cour de justice européenne, l’analyse automatique permanente et générale des communications privées viole les droits fondamentaux (affaire C-511/18, paragraphe 192). Néanmoins, l’UE a aujourd’hui l’intention d’adopter une telle législation. L’annulation par la Cour peut prendre des années. C’est pourquoi nous devons empêcher l’adoption de cette législation en premier lieu.
  • La confidentialité des correspondances électroniques privées est sacrifiée. Les utilisateur·ices des services de messagerie, de tchat et de courrier électronique risquent de voir leurs messages privés lus et analysés. Des photos et des textes sensibles peuvent être transmis à des entités inconnues dans le monde entier et tomber entre de mauvaises mains. Le personnel de la NSA a déjà fait circuler des photos de femmes et d’hommes nus par le passé. Un ingénieur de Google a harcelé des mineurs.
  • La surveillance aveugle des messageries incrimine à tort des centaines d’utilisateurs chaque jour. Selon la police fédérale suisse, 80 % des contenus signalés par les machines ne sont pas illégaux, par exemple des photos de vacances inoffensives montrant des enfants nus jouant sur une plage. De même, en Irlande, seuls 20 % des signalements NCMEC reçus en 2020 ont été confirmés comme étant du « matériel pédopornographique ».
  • Les communications sécurisées par le chiffrement sont menacées. Jusqu’à présent, les messages chiffrés ne peuvent pas être recherchés par les algorithmes. Pour changer cela, il faudrait intégrer des portes dérobées dans les logiciels de messagerie. Dès que ce sera le cas, cette faille de sécurité pourra être exploitée par toute personne disposant des moyens techniques nécessaires, par exemple par des services de renseignement étrangers et des criminels. Les communications privées, les secrets d’affaires et les informations gouvernementales sensibles seraient exposés. Un chiffrement sécurisé est nécessaire pour protéger les minorités, les personnes LGBTQI, les militants pro-démocratie, les journalistes, etc.
  • La justice pénale est en cours de privatisation. À l’avenir, les algorithmes d’entreprises comme Facebook, Google et Microsoft décideront quel utilisateur est suspect et lequel ne l’est pas. La législation proposée ne contient aucune exigence de transparence pour les algorithmes utilisés. Dans un État de droit, les enquêtes sur les infractions pénales sont du ressort de juges indépendants et de fonctionnaires sous le contrôle d’un tribunal.
  • La surveillance aveugle des messageries crée un précédent et ouvre la voie à des technologies et à une législation plus intrusives. Le déploiement d’une technologie permettant de surveiller automatiquement toutes les communications en ligne est dangereux : elle peut très facilement être utilisée à d’autres fins à l’avenir, par exemple pour des violations de droits d’auteur, l’abus de drogues ou des « contenus préjudiciables ». Dans les États autoritaires, cette technologie sert à identifier et à arrêter les opposants au gouvernement et les défenseurs de la démocratie. Une fois la technologie déployée à grande échelle, il n’y a pas de retour en arrière possible.

La surveillance des messageries nuit aux enfants et aux victimes d’abus

Les partisans de cette mesure affirment que la surveillance aveugle des messageries facilite les poursuites contre l’exploitation sexuelle des enfants. Toutefois, cet argument est controversé, même parmi les victimes d’abus pédosexuels. En fait, la surveillance des messageries peut nuire aux victimes et aux victimes potentielles de l’exploitation sexuelle :

  1. Les espaces sûrs sont détruits. Les victimes de violences sexuelles ont particulièrement besoin de pouvoir communiquer en toute sécurité et en toute confidentialité pour obtenir des conseils et du soutien, par exemple pour échanger en toute sécurité entre elles, avec leurs thérapeutes ou leurs avocats. L’introduction de la surveillance en temps réel les prive de ces espaces sécurisés. Cela peut décourager les victimes de chercher de l’aide et du soutien.
  2. Les photos de mineurs nus enregistrées par eux-mêmes (sexting) se retrouvent entre les mains d’employés d’entreprises et de la police, où elles n’ont pas leur place et ne sont pas en sécurité.
  3. Les mineurs sont criminalisés. Les jeunes, en particulier, partagent souvent des enregistrements intimes entre eux (sexting). Avec la surveillances des messageries, leurs photos et vidéos peuvent se retrouver entre les mains d’enquêteurs criminels. Les statistiques criminelles allemandes montrent que près de 40 % des enquêtes pour pédopornographie visent des mineurs.
  4. La surveillance aveugle des messageries n’endigue pas la circulation de contenus illégaux, mais rend en fait plus difficile les poursuites contre l’exploitation sexuelle des enfants. Elle encourage les auteurs à entrer dans la clandestinité et à utiliser des serveurs privés chiffrés qui peuvent être impossibles à détecter et à intercepter. Même sur les canaux publics, la surveillance aveugle des messageries ne permet pas d’endiguer le volume de contenu en circulation, comme le montre le nombre sans cesse croissant de signalements automatisés.

Alternatives


Renforcer les capacités des services de police

Actuellement, les capacités des services de police sont tellement insuffisantes qu’il faut souvent des mois, voire des années, pour suivre les pistes et analyser les données collectées. Le contenu connu n’est souvent ni analysé ni supprimé. Les auteurs d’abus ne partagent pas leurs contenus via Facebook ou d’autres canaux similaires, mais sur le darknet. Pour réellement traquer les auteurs et les producteurs, la police doit travailler sous couverture au lieu de gaspiller des capacités limitées en vérifiant des signalements de machines souvent non pertinents. Il est également essentiel de renforcer les unités d’enquête responsables en termes de personnel et de ressources financières, afin de garantir des enquêtes à long terme, approfondies et durables. Il convient d’élaborer et de respecter des normes et des lignes directrices fiables pour le traitement policier des enquêtes sur les abus pédosexuels.

S’attaquer non seulement aux symptômes, mais aussi aux causes profondes

Au lieu d’essayer de contenir par des moyens techniques inefficaces la diffusion de contenu d’exploitation déjà publié, tous les efforts doivent se concentrer sur la prévention de ces enregistrements en premier lieu. La prévention et la formation jouent un rôle essentiel, car la grande majorité des cas d’abus ne sont jamais connus. Les organisations de protection des victimes souffrent souvent d’un financement instable.

Un soutien rapide et facile à obtenir pour les victimes (potentielles)

  1. Mécanismes de signalement obligatoires pour les services en ligne : Afin d’assurer une prévention efficace des abus en ligne et en particulier de la corruption de mineurs, les services en ligne devraient être tenus de mettre en évidence les fonctions de signalement sur les plateformes. Si le service est destiné aux jeunes ou aux enfants et/ou utilisé par eux, les fournisseurs devraient également être tenus de les informer des risques de corruption de mineurs en ligne.
  2. Lignes d’assistance téléphonique et centres de conseil : De nombreux services d’assistance téléphonique nationaux qui traitent les cas d’abus signalés sont confrontés à des problèmes financiers. Il est essentiel de veiller à ce que les capacités soient suffisantes pour assurer le suivi des cas signalés.


Améliorer l’éducation aux médias

L’enseignement de la culture numérique dès le plus jeune âge est un élément essentiel de la protection des enfants et des jeunes en ligne. Les enfants eux-mêmes doivent avoir les connaissances et les outils nécessaires pour naviguer sur Internet en toute sécurité. Ils doivent être informés des dangers qui peuvent les guetter en ligne et apprendre à reconnaître et à remettre en question les pratiques de corruption de mineurs. Cela pourrait se faire, par exemple, par le biais de programmes ciblés dans les écoles et les centres de formation, dans lesquels du personnel formé transmettrait des connaissances et mènerait des discussions. Les enfants doivent apprendre à s’exprimer, à réagir et à signaler les abus, même si ceux-ci proviennent de leur sphère de confiance (c’est-à-dire de personnes proches d’eux ou d’autres personnes qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance), ce qui est souvent le cas. Ils doivent également avoir accès à des canaux sûrs, accessibles et adaptés à leur âge pour dénoncer sans crainte les abus dont ils sont victimes.

Liste de Documents

Commentaires critiques et lectures complémentaires

Haut-Commissariat aux droits de l’homme : « Rapport sur le droit à la vie privée à l’ère numérique«  (4 août 2022)

    « Les gouvernements qui cherchent à limiter le chiffrement n’ont souvent pas réussi à démontrer que les restrictions qu’ils imposeraient sont nécessaires pour répondre à un intérêt légitime particulier, compte tenu de la disponibilité de divers autres outils et approches qui fournissent les informations nécessaires à des fins spécifiques d’application de la loi ou à d’autres fins légitimes. Ces mesures alternatives comprennent l’amélioration de la police traditionnelle et l’augmentation de ses ressources, les opérations d’infiltration, l’analyse des métadonnées et le renforcement de la coopération policière internationale ».

Comité des droits de l’enfant des Nations unies, Observation générale n° 25 (2021)

    « Toute surveillance numérique des enfants, ainsi que tout traitement automatisé de données à caractère personnel qui y est associé, devrait respecter le droit de l’enfant à la vie privée et ne devrait pas être effectuée de manière systématique, sans discernement ou à l’insu de l’enfant… »

Prostasia Foundation : « Comment la guerre contre le matériel pédopornographique a été perdue«  (19 août 2020)

Droits numériques européens (EDRi) : « Surveiller les enfants, est-ce vraiment les protéger ? Nos inquiétudes concernant le règlement CSAM provisoire«  (24 septembre 2020)

Organisations de la société civile : « Lettre ouverte : Points de vue de la société civile sur la défense de la vie privée tout en prévenant les actes criminels«  (27 octobre 2020)

    « nous suggérons que la Commission donne la priorité à ce travail non technique, et à un retrait plus rapide des sites web en infraction, plutôt qu’au filtrage côté client […] »

Contrôleur européen de la protection des données : « Avis sur la proposition de dérogations temporaires à la directive 2002/58/CE aux fins de la lutte contre les abus sexuels commis sur des enfants en ligne«  (10 novembre 2020)

    « En raison de l’absence d’analyse d’impact accompagnant la proposition, la Commission doit encore démontrer que les mesures envisagées par la proposition sont strictement nécessaires, efficaces et proportionnées pour atteindre l’objectif visé. »

Alexander Hanff (victime d’abus pédosexuels et professionnel de la protection de la vie privée) : « Pourquoi je ne soutiens pas les mesures qui portent atteinte à la vie privée pour lutter contre les abus pédoxuels«  (11 novembre 2020)

    « En tant que survivant d’abus, je (et des millions d’autres survivants à travers le monde) compte sur des communications confidentielles pour trouver du soutien et dénoncer les crimes dont nous sommes victimes. Supprimer nos droits à la vie privée et à la confidentialité, c’est nous soumettre à d’autres blessures et franchement, nous avons assez souffert. […] peu importe les mesures que nous prenons pour retrouver les agresseurs, peu importe le nombre de libertés ou de droits constitutionnels que nous détruisons pour atteindre cet objectif – cela n’empêchera PAS les enfants d’être victimes d’abus, cela ne fera qu’enfoncer davantage les abus dans la clandestinité, les rendre de plus en plus difficiles à détecter et, en fin de compte, faire en sorte que davantage d’enfants soient victimes d’abus ».

Victime irlandaise d’abus pédosexuels (5 juin 2022)

    « Utiliser le voile de la moralité et le prétexte de la protection des plus vulnérables et des plus aimés dans nos sociétés pour introduire cette initiative potentiellement monstrueuse est méprisable. »

Une victime allemande d’abus pédosexuels (25 mai 2022)

    « En tant que victime de violences sexuelles, il est particulièrement important pour moi qu’une communication sécurisée soit possible, par exemple dans les groupes d’entraide et avec les thérapeutes. Si le chiffrement est cassé, cela affaiblit également les possibilités pour les personnes affectées par les abus pédosexuels de chercher de l’aide ».

Victime française d’abus pédosexuels (23 mai 2022)

    « Ayant moi-même été victime de violences sexuelles lors de mon enfance je suis convaincu que la seule manière d’avancer sur le sujet est l’éducation. La surveillance généralisée des communication n’aidera en rien les enfants à ne plus subir ces violences inacceptables. »

AccessNow : « Les inquiétudes sur les droits fondamentaux au cœur des nouvelles règles de l’UE sur le contenu en ligne » (19 novembre 2020)

    « En pratique, cela signifie qu’ils mettraient des entreprises privées en charge d’une question que les autorités publiques devraient traiter »

Association fédérale des avocats (BRAK) (en allemand) : « Stellungnahme zur Übergangsverordnung gegen Kindesmissbrauch im Internet«  (24 novembre 2020)

    « L’évaluation des faits liés aux abus pédosexuels fait partie du domaine de responsabilité de la profession juridique. Par conséquent, les communications échangées entre les avocats et les clients contiendront souvent des mots-clés pertinents. […] Selon les propositions de la Commission, il est à craindre que dans toutes les constellations susmentionnées, il y ait régulièrement une violation de la confidentialité en raison de l’utilisation inévitable de termes pertinents. »

Alexander Hanff (victime d’abus pédosexuels et militant pour la protection de la vie privée) : « Le Parlement européen est sur le point d’adopter une dérogation qui entraînera la surveillance totale de plus de 500 millions d’Européens«  (4 décembre 2020)

    « Je n’avais pas d’outils de communication confidentiels lorsque j’ai été violé ; toutes mes communications étaient surveillées par mes agresseurs – je ne pouvais rien faire, je n’avais aucune confiance. Je ne peux m’empêcher de me demander à quel point ma vie aurait été différente si j’avais eu accès à ces technologies modernes. [Le vote prévu sur la dérogation au règlement e-Privacy] rendra les abus plus difficiles à détecter, empêchera les groupes de soutien d’aider les victimes d’abus et DETRUIRA DES VIES.

Contrôleur allemand de la protection des données (en allemand) : « BfDI kritisiert versäumte Umsetzung von EU Richtlinie«  (17 Dezember 2020)

    « Une surveillance généralisée et non provoquée des canaux de communication numériques n’est ni proportionnée ni nécessaire pour détecter la maltraitance des enfants en ligne. La lutte contre la violence pédosexualle doit faire l’objet de mesures ciblées et spécifiques. Le travail d’enquête incombe aux autorités chargées de l’application de la loi et ne doit pas être confié à des opérateurs privés de services de messagerie ».

Droits numériques européens (EDRi) : Mise sur écoute des communications privées des enfants : Quatre séries de problèmes de droits fondamentaux pour les enfants (et le reste du monde) (10 février 2021)

    « Comme pour d’autres types de surveillance de contenu (que ce soit sur des plateformes comme YouTube ou dans les communications privées), le fait de scanner tout ce qui vient de tout le monde, tout le temps crée d’énormes risques de conduire à une surveillance de masse en échouant au test de nécessité et de proportionnalité. En outre, cela crée une pente glissante où nous commençons à surveiller pour des cas moins nuisibles (droit d’auteur), puis nous passons à des questions plus difficiles (abus sexuels sur enfant, terrorisme) et avant que vous ne réalisiez ce qui s’est passé, le fait de tout surveiller tout le temps devient la nouvelle norme ».

Association allemande des avocats (DAV) : « La surveillance indiscriminée des communications est disproportionnée » (9 mars 2021)

    « Le DAV est explicitement en faveur de la lutte contre la préparation et la commission d’abus pédosexuels et leur diffusion via Internet par des mesures efficaces au niveau de l’UE. Cependant, le règlement provisoire proposé par la Commission permettrait des atteintes manifestement disproportionnées aux droits fondamentaux des utilisateurs de services de communication basés sur l’internet. En outre, le règlement provisoire proposé ne prévoit pas de garanties procédurales suffisantes pour les personnes concernées. C’est pourquoi la proposition législative doit être rejetée dans son ensemble.

Lettre du Président du Barreau allemand (DAV) et du Président du Barreau fédéral (BRAK) (en allemand) (8 mars 2021)

    « Les résultats de recherche positifs avec divulgation ultérieure à des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux seraient redoutés non seulement par les accusés, mais surtout par les victimes d’abus pédosexuels. Dans ce contexte, la confidentialité absolue du conseil juridique est indispensable dans l’intérêt des victimes, en particulier dans ces affaires qui sont souvent empreintes de honte. Dans ces cas en particulier, le client doit conserver le pouvoir de décider quel contenu du mandat peut être divulgué à qui. Dans le cas contraire, il est à craindre que les victimes d’abus pédosexuels ne fassent pas appel à un conseil juridique ».

L’autonomie stratégique en danger : Les entreprises technologiques européennes mettent en garde contre l’abaissement des niveaux de protection des données dans l’UE (15 avril 2021)

    « Dans le cadre de l’initiative « Lutte contre les abus pédosexuels : détection, retrait et signalement des contenus illicites », l’Union européenne prévoit d’abolir la confidentialité numérique de la correspondance. Afin de détecter automatiquement les contenus illicites, tous les messages privés seront à l’avenir passés au crible. Cette mesure devrait également s’appliquer aux contenus qui ont été protégés jusqu’à présent par un chiffrement de bout en bout performant. Si cette initiative est mise en œuvre selon le plan actuel, elle portera une atteinte considérable à nos idéaux européens et aux fondements indiscutables de notre démocratie, à savoir la liberté d’expression et la protection de la vie privée […]. L’initiative porterait également gravement atteinte à l’autonomie stratégique de l’Europe et donc aux entreprises basées dans l’UE.

Article dans « Welt.de : Des scanners du crime dans tous nos smartphones : l’UE planifie une attaque majeure de surveillance » (en allemand) (4 novembre 2021)

    Les experts de la police et du monde universitaire sont plutôt critiques à l’égard du projet de l’UE : d’une part, ils craignent de nombreux faux signalements des scanners et, d’autre part, une fonction d’alibi de la loi. Daniel Kretzschmar, porte-parole du conseil fédéral de l’association des enquêteurs criminels allemands, déclare que la lutte contre les contenus pédosexuels est « extrêmement importante » pour son association. Il est néanmoins sceptique : des personnes innocentes pourraient facilement devenir le point de mire des enquêtes. En même temps, dit-il, privatiser ces enquêtes d’initiative signifie « rendre les forces de l’ordre dépendantes de ces entreprises, alors qu’il s’agit en fait d’une tâche étatique et souveraine ». « 

    Thomas-Gabriel Rüdiger, directeur de l’Institut de cybercriminologie de l’Université de police de Brandebourg, est également assez critique à l’égard du projet de l’UE. « En fin de compte, il est probable qu’il impactera à nouveau principalement les mineurs », a-t-il déclaré à WELT. M. Rüdiger se réfère aux chiffres des statistiques criminelles, selon lesquels 43 % des délits enregistrés dans le domaine des contenus pédopornographiques seraient imputables aux enfants et aux adolescents eux-mêmes. C’est le cas, par exemple, de ce que l’on appelle le « sexting » et la « pornographie de cour d’école », lorsque des jeunes de 13 et 14 ans s’envoient des photos obscènes.

    Les vrais auteurs, ceux que l’on veut réellement attraper, préfèrent probablement ne pas l’être. « Ils sont conscients de ce qu’ils ont fait et utilisent des alternatives. Il est probable que les clés USB et autres supports de données seront de nouveau de plus en plus utilisés », poursuit M. Rüdiger.

Droits numériques européens (EDRi) : Chat Control : 10 principes pour défendre les enfants à l’ère numérique (9 février 2022)

    « Conformément à la législation de l’UE en matière de droits fondamentaux, la surveillance ou l’interception de communications privées ou de leurs métadonnées dans le but de détecter, d’enquêter ou de poursuivre le CSAM en ligne doit être limitée aux véritables suspects à l’encontre desquels il existe des soupçons raisonnables, doit être dûment et spécifiquement justifiée, et doit respecter les règles nationales et européennes en matière de police, de procédure régulière, de bonne administration, de non-discrimination et de garanties des droits fondamentaux. »

    Droits numériques européens (EDRi) : Une fuite de l’avis de la Commission tire la sonnette d’alarme sur la surveillance de masse des communications privées (23 mars 2022)

    A l’approche de la proposition officielle qui sera présentée plus tard dans l’année, nous demandons instamment à tous les commissaires européens de ne pas oublier leurs responsabilités en matière de droits de l’homme et de veiller à ce qu’une proposition qui menace le cœur même du droit des personnes à la vie privée, et la pierre angulaire de la société démocratique, ne soit pas mise en avant.

    Conseil des sociétés européennes d’informatique professionnelle (CEPIS) : L’Europe a droit à des communications sécurisées et à un chiffrement efficace (mars 2022)

    « De l’avis de nos experts, universitaires et professionnels de l’informatique, tous les efforts visant à intercepter et à surveiller de manière approfondie les communications numériques via l’analyse côté client ont un impact négatif considérable sur la sécurité informatique de millions d’utilisateurs d’Internet et d’entreprises en Europe. Par conséquent, le droit européen à une communication sécurisée et à un chiffrement efficace pour tous doit devenir une norme.

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