Mid E-News https://midenews.com/ L'actualité numérique du Grand Sud Ouest Thu, 19 Mar 2026 13:39:19 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://midenews.com/wp-content/uploads/2026/02/fleche-logo-mid-e-news-1-90x90.png Mid E-News https://midenews.com/ 32 32 KYomed INNOV et CEISO fusionnent pour renforcer l’accompagnement des fabricants de dispositifs médicaux https://midenews.com/business/kyomed-innov-et-ceiso-fusionnent-pour-renforcer-laccompagnement-des-fabricants-de-dispositifs-medicaux/ Thu, 19 Mar 2026 13:19:43 +0000 https://midenews.com/?p=14618 La CRO clinique montpelliéraine KYomed INNOV et le cabinet CEISO annoncent leur fusion pour former le groupe KYomed INNOV – CEISO. Le nouvel ensemble veut couvrir un spectre plus large, du clinique au réglementaire, dans un contexte de durcissement des exigences sur les dispositifs médicaux et l’IA en santé. À Montpellier, le rapprochement entre KYomed

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La CRO clinique montpelliéraine KYomed INNOV et le cabinet CEISO annoncent leur fusion pour former le groupe KYomed INNOV – CEISO. Le nouvel ensemble veut couvrir un spectre plus large, du clinique au réglementaire, dans un contexte de durcissement des exigences sur les dispositifs médicaux et l’IA en santé.

À Montpellier, le rapprochement entre KYomed INNOV et CEISO vise un point devenu central pour les fabricants de dispositifs médicaux : raccourcir et sécuriser un parcours d’accès au marché toujours plus lourd, entre montée des exigences cliniques, règlement MDR et arrivée de l’IA Act. Fondée en 2014 par Daniel Laune, KYomed INNOV s’est spécialisée dans les projets de santé numérique et de dispositifs médicaux innovants. CEISO, de son côté, accompagne depuis plus de vingt-cinq ans les industriels sur les volets réglementaires, qualité et clinique.

Le nouveau groupe entend couvrir un périmètre large, des dispositifs médicaux classiques aux dispositifs médicaux numériques et au diagnostic in vitro. Son offre regroupe une CRO clinique full service, de l’expertise réglementaire, de l’accompagnement qualité, de la formation en présentiel et en e-learning, ainsi qu’une plateforme de validation des IA en santé présentée comme unique en Europe. L’objectif affiché est de proposer une continuité d’accompagnement allant de l’idéation jusqu’à la post-commercialisation.

L’un des effets immédiats du rapprochement concerne justement l’intelligence artificielle en santé. KYomed INNOV apporte son expertise sur l’évaluation de la robustesse, de l’explicabilité et de l’impact clinique des IA médicales, tandis que CEISO renforce l’accompagnement réglementaire autour de ces technologies. De nouveaux services sur ce volet doivent être lancés dès mars 2026. À plus long terme, le groupe affiche une ambition claire : se positionner d’abord en France, puis à l’échelle européenne, sur l’ensemble du parcours des dispositifs médicaux.

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Septeo renforce son logiciel immobilier Modelo avec le rachat de Cadastre.com https://midenews.com/business/septeo-renforce-son-logiciel-immobilier-modelo-avec-le-rachat-de-cadastre-com/ Thu, 19 Mar 2026 12:51:10 +0000 https://midenews.com/?p=14615 Septeo a annoncé le rachat de Cadastre.com pour renforcer Modelo, son logiciel métier destiné aux professionnels de l’immobilier. L’opération ajoute à la plateforme une brique de prospection fondée sur l’exploitation de données foncières et transactionnelles. À Montpellier, Septeo poursuit son expansion dans la proptech avec l’acquisition de Cadastre.com, annoncée le 12 mars. La solution vient

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Septeo a annoncé le rachat de Cadastre.com pour renforcer Modelo, son logiciel métier destiné aux professionnels de l’immobilier. L’opération ajoute à la plateforme une brique de prospection fondée sur l’exploitation de données foncières et transactionnelles.

À Montpellier, Septeo poursuit son expansion dans la proptech avec l’acquisition de Cadastre.com, annoncée le 12 mars. La solution vient enrichir Modelo, son logiciel métier destiné aux professionnels de l’immobilier, sur un segment très précis : la prospection.

À Montpellier, Septeo continue de consolider son jeu dans la proptech par blocs bien choisis. Le groupe a annoncé, le 12 mars, l’acquisition de Cadastre.com, une solution d’intelligence foncière et transactionnelle déjà intégrée à sa suite Modelo. L’opération renforce un point très concret de la chaîne immobilière : la prospection, ce moment où l’on essaie encore de repérer les bons biens avant les autres, avec autre chose qu’un flair fatigué et trois alertes mal réglées.

À LIRE AUSSI : Septeo cadenasse stp.one et élargit sa carte LegalTech

Cadastre.com apporte à Modelo une brique centrée sur la détection et la qualification d’opportunités à partir de plusieurs couches de données, parmi lesquelles les DVF, les DPE, les parcelles et matrices cadastrales. Pour les agents immobiliers, l’intérêt n’est pas théorique : mieux cibler les vendeurs potentiels, anticiper certaines mises en vente, lire plus finement un territoire, puis transformer cette masse de données en contacts exploitables sans se noyer dans l’interface.

Septeo pousse ici sa logique habituelle : construire, par verticale métier, une suite logicielle la plus complète possible, avec data, automatisation et intelligence artificielle en renfort. Dans l’immobilier, le groupe estime désormais couvrir toute la chaîne de valeur des agents, de la prospection jusqu’à la gestion des mandats. Dit autrement, Modelo ne veut plus seulement organiser le travail des professionnels : il veut aussi nourrir leur pipe commercial.

L’acquisition permet aussi à Septeo de remettre une pièce dans la machine IA. Depuis novembre 2025, un pack Premium vient déjà ajouter à Modelo plusieurs fonctions de génération et d’assistance, du home staging sur photo à la rédaction de contenus, en passant par la transcription de messages audio. Rien de révolutionnaire pris séparément, mais un empilement cohérent : la donnée pour repérer, l’automatisation pour aller plus vite, l’IA pour lisser l’exécution.

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Haute-Garonne Numérique remet en avant sa Centrale Numérique https://midenews.com/transfo-digitale-territoires/haute-garonne-numerique-remet-en-avant-sa-centrale-numerique-pour-alleger-la-facture-des-collectivites/ Thu, 19 Mar 2026 10:31:45 +0000 https://midenews.com/?p=14612 Déployée depuis début 2025, la Centrale Numérique de Haute-Garonne Numérique mutualise achats et services numériques pour 548 communes et intercommunalités. Le syndicat met en avant des économies pouvant atteindre 50 % sur certains abonnements. À Salherm comme dans 547 autres communes et intercommunalités de Haute-Garonne, le numérique se joue ici sur un terrain très concret

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Déployée depuis début 2025, la Centrale Numérique de Haute-Garonne Numérique mutualise achats et services numériques pour 548 communes et intercommunalités. Le syndicat met en avant des économies pouvant atteindre 50 % sur certains abonnements.

À Salherm comme dans 547 autres communes et intercommunalités de Haute-Garonne, le numérique se joue ici sur un terrain très concret : des abonnements rationalisés, des bâtiments publics reliés entre eux, des services moins dispersés. Avec sa Centrale Numérique, Haute-Garonne Numérique remet en circulation un dispositif déployé depuis le début de l’année 2025 pour contenir les coûts de fonctionnement et simplifier la gestion des outils numériques locaux.

Le principe tient en peu de mots : mutualiser. Achats publics, accompagnement technique, interconnexion des sites, le syndicat propose un cadre commun à des collectivités qui n’ont ni les mêmes moyens ni le temps de réinventer seules leur organisation numérique. Dans un contexte budgétaire tendu, l’argument central reste limpide : acheter mieux, déployer plus vite, limiter les dépenses récurrentes.

La plateforme s’appuie sur trois axes. D’abord, des achats mutualisés sans frais. Ensuite, un accompagnement sur des sujets devenus difficiles à traiter à l’économie, comme la cybersécurité ou la téléphonie IP. Enfin, l’interconnexion des bâtiments publics via le réseau départemental LIGAM. Mairies, écoles, bibliothèques peuvent ainsi fonctionner sur une même infrastructure sécurisée, avec des échanges plus fluides et une administration moins morcelée.

Le nerf du sujet reste le budget. Certaines communes enregistrent déjà jusqu’à 50 % d’économies sur leurs abonnements. À cette échelle, la promesse ne relève plus du vocabulaire d’usage : elle touche directement à la marge de manœuvre des collectivités, à leur capacité à moderniser sans alourdir la note.

La suite est déjà annoncée : hébergement de données, vidéoprotection, intelligence artificielle. Soutenu par l’État et la Région Occitanie, Haute-Garonne Numérique inscrit ainsi sa Centrale Numérique dans un élargissement progressif de ses services aux collectivités.

Photo: Việt Anh Nguyễn Source : Pixabay

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Berger-Levrault nomme Hervé Solus à sa direction générale https://midenews.com/business/berger-levrault-mise-sur-herve-solus-pour-pousser-lia-au-centre-du-jeu/ Wed, 18 Mar 2026 13:37:05 +0000 https://midenews.com/?p=14608 Le groupe Berger-Levrault a nommé Hervé Solus au poste de CEO le 9 mars 2026. Passé par l’aventure entrepreneuriale avec DigitalRecruiters puis par le comité exécutif de Cegid, il arrive avec une mission très claire : accélérer la transformation technologique de l’éditeur et installer l’intelligence artificielle au cœur de ses logiciels. Le 9 mars dernier,

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Le groupe Berger-Levrault a nommé Hervé Solus au poste de CEO le 9 mars 2026. Passé par l’aventure entrepreneuriale avec DigitalRecruiters puis par le comité exécutif de Cegid, il arrive avec une mission très claire : accélérer la transformation technologique de l’éditeur et installer l’intelligence artificielle au cœur de ses logiciels.

Le 9 mars dernier, Berger-Levrault a tourné une page en confiant sa direction générale à Hervé Solus. Pour le groupe français, bien ancré dans les logiciels destinés aux collectivités, au secteur sanitaire et médico-social, à la GMAO et à l’éducation, le choix du nouveau capitaine donne le ton : la prochaine séquence se jouera sur le terrain de l’IA.

Le profil colle au moment. Entrepreneur dès 19 ans, Hervé Solus a cofondé DigitalRecruiters et mené l’entreprise jusqu’à sa cession à Cegid fin 2022. Il a ensuite rejoint le comité exécutif de l’éditeur, avec en ligne de mire des sujets de transformation et de croissance. Un parcours qui combine réflexes de fondateur et expérience des grandes manœuvres, sans folklore inutile.

Chez Berger-Levrault, la feuille de route tient en deux mots ou presque : AI-First. L’idée n’est pas d’ajouter une couche d’intelligence artificielle pour suivre le mouvement, mais de l’inscrire dans le cœur des solutions pour produire un effet concret chez les clients. « Nous allons faire de l’IA le moteur de nos solutions pour dessiner, avec nos clients, le futur de nos marchés », résume le nouveau CEO.

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La deeptech toulousaine Hycco remet le public dans son tour de table https://midenews.com/business/la-deeptech-toulousaine-hycco-remet-le-public-dans-son-tour-de-table/ Wed, 18 Mar 2026 10:39:50 +0000 https://midenews.com/?p=14605 Le 16 mars 2026, Hycco a rouvert son capital au public avec un objectif de 1 million d’euros d’ici fin juin, notamment via Wiseed. La société toulousaine veut financer la montée en production de ses plaques bipolaires en fibre de carbone, déjà validées par Safran, Airbus et Air Liquide, avec les drones longue endurance en

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Le 16 mars 2026, Hycco a rouvert son capital au public avec un objectif de 1 million d’euros d’ici fin juin, notamment via Wiseed. La société toulousaine veut financer la montée en production de ses plaques bipolaires en fibre de carbone, déjà validées par Safran, Airbus et Air Liquide, avec les drones longue endurance en ligne de mire.

Le 16 mars 2026, à Toulouse, Hycco a rouvert son capital au public avec une deuxième levée de fonds accessible notamment via Wiseed. La société vise 1 million d’euros d’ici à la fin juin 2026 pour soutenir son développement industriel et commercial, avec un débouché déjà identifié, les drones. Cette ouverture au public passe par une plateforme de financement participatif et par un calendrier fixé à la fin du premier semestre.

La société toulousaine travaille sur un composant très précis des systèmes propulsifs hydrogène-électriques, les plaques bipolaires. Dit autrement, Hycco se concentre sur une pièce décisive du stack de pile à combustible. L’entreprise rappelle que cette pièce peut représenter jusqu’à 75 % du poids et 30 % du coût de l’ensemble.

L’entreprise s’appuie sur des plaques bipolaires ultra-légères en fibre de carbone, associées à des polymères haute performance, pour atteindre des densités de puissance élevées. Cette caractéristique vise des applications où le poids et la performance sont déterminants, notamment les drones longue endurance. La réduction de masse constitue ici un paramètre direct de l’usage visé.

Hycco précise que sa technologie a déjà été validée par Safran, Airbus et Air Liquide, avec lesquels elle collabore depuis plusieurs années. La société entre ainsi dans une phase d’industrialisation et de commercialisation de sa technologie. D’ici fin juin 2026, elle cherche à réunir 1 million d’euros pour installer une cadence de production autour de ses plaques bipolaires, avec les drones comme premier terrain de déploiement.

Romain Di Costanzo, président, et Alain Fontaine et Ludovic Barbès, fondateurs de Hycco (©Hycco).

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Plumber, le plombier des angles morts du logiciel https://midenews.com/cybersecurite/plumber-le-plombier-montpellierain-des-angles-morts-du-logiciel/ Wed, 11 Mar 2026 16:49:11 +0000 https://midenews.com/?p=14558 La startup montpelliéraine Plumber ne sécurise pas le logiciel là où il se montre, mais là où il se fabrique : dans les pipelines CI/CD, les scripts, les configurations et toute la chaîne d’automatisation qui conduit le code jusqu’à la production. Récemment soutenue par l’ANSSI via le programme France 2030 : NCC-FR Cyber, elle veut

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La startup montpelliéraine Plumber ne sécurise pas le logiciel là où il se montre, mais là où il se fabrique : dans les pipelines CI/CD, les scripts, les configurations et toute la chaîne d’automatisation qui conduit le code jusqu’à la production. Récemment soutenue par l’ANSSI via le programme France 2030 : NCC-FR Cyber, elle veut transformer cet angle mort technique en objet de conformité, de correction et de preuve. Entretien avec son cofondateur et CEO, Aurélien Coget.

Le logiciel contemporain adore la façade. Les fonctionnalités, la qualité du code, la vitesse de livraison, les promesses d’industrialisation. On audite ce qui sort, on mesure ce qui se voit, on commente ce qui arrive en production. En revanche, ce qui circule dans les murs bénéficie encore d’une forme d’indulgence : c’est indispensable au fonctionnement général, mais rarement regardé pour lui-même. Comme si l’on exigeait l’eau courante sans jamais descendre voir l’état des canalisations.

C’est pourtant là que se trouve le vrai sujet : dans ce qui permet au code de devenir un produit effectivement livré. Pipelines CI/CD, scripts, configurations, secrets, droits d’accès : tout un réseau discret que beaucoup continuent de traiter comme une simple question d’intendance, alors qu’il engage désormais la sécurité, la conformité et la capacité à prouver que la chaîne de fabrication logicielle est réellement maîtrisée.

C’est précisément à cet endroit qu’Aurélien Coget, cofondateur de Plumber, situe son entreprise. « Plumber s’attaque à un angle mort des systèmes d’information : non pas le code applicatif lui-même, c’est-à-dire le code du produit qu’on livre, mais toute la tuyauterie qui permet de transformer ce code en produit réellement déployable. »

Cachez-moi ce code que je ne saurais voir

Le terme de software supply chain a parfois l’élégance vague des expressions qui circulent très bien en conférence, un peu moins bien en entreprise. Aurélien Coget le ramène, lui, à quelque chose de plus concret : « Quand on fabrique un logiciel, il n’y a pas seulement des équipes qui écrivent du code. Il y a aussi toute une chaîne qui assemble, teste, package et déploie. Cette chaîne repose elle aussi sur du code, souvent du code de configuration, du YAML, des scripts d’automatisation. »

Autrement dit, il ne s’agit pas d’un décor technique installé derrière la scène pendant que le vrai spectacle aurait lieu ailleurs. Il s’agit d’un ensemble de fichiers, de règles, d’automatismes et de choix d’architecture qui conditionnent l’arrivée même du logiciel en production. C’est du code, simplement un code moins noble dans l’imaginaire collectif, donc moins visible dans les organigrammes, moins relu dans les audits.

Cette chaîne n’est pas seulement discrète ; elle est sur-privilégiée. Elle accède au code applicatif, aux secrets, aux environnements, aux serveurs, aux dépendances. À partir de là, le discours sur la conformité devient fragile dès qu’il laisse cette zone hors champ. « Une entreprise ne peut pas sérieusement affirmer qu’un produit est conforme ou sécurisé si elle n’est pas capable de garantir que toute la chaîne qui a permis de le fabriquer l’est aussi », tranche Aurélien Coget.

Et plus le delivery accélère, plus cette contradiction devient visible. Les entreprises automatisent davantage, livrent plus souvent, multiplient les dépendances et les environnements. La chaîne grossit, se complexifie, gagne en pouvoir. Et l’on continue pourtant, dans bien des cas, à la gouverner « à l’ancienne » : un peu d’expertise locale, un peu de vigilance, quelques règles éparses, et beaucoup de confiance tacite.

Plumber, ou l’art de ne pas s’arrêter à la fuite

Dans un secteur déjà saturé d’outils qui signalent, scorent et remontent des anomalies, Plumber refuse le rôle du gyrophare supplémentaire. « L’analyse est la première étape : c’est une forme d’audit automatisé qui permet d’identifier les non-conformités et les faiblesses. Mais on ne veut pas être seulement un outil qui signale des problèmes. Il en existe déjà beaucoup. Ce qui nous intéresse, c’est d’amener les entreprises vers la conformité », résume Aurélien Coget.

La différence se joue là. Plumber ne veut pas seulement détecter ; la startup veut faire corriger, puis faire prouver. Les entreprises définissent les exigences qu’elles veulent suivre, la plateforme vérifie automatiquement leur application dans les pipelines, accompagne la remédiation, puis donne à voir, via des tableaux de bord, ce qui est réellement conforme, ce qui ne l’est pas encore, et ce qui progresse.

L’enjeu, au fond, est moins de rédiger une belle politique de conformité que de pouvoir démontrer, dans la durée, que les chaînes CI/CD font effectivement ce qu’elles prétendent faire. C’est précisément dans cet écart entre la règle, sa mise en œuvre et sa preuve que Plumber essaie de s’installer.

Cela explique aussi pourquoi le cofondateur refuse de choisir entre développeurs et gouvernance : « On n’a jamais voulu en faire un outil uniquement pour les développeurs, ni uniquement pour les DSI ou les équipes de gouvernance. Parce que dans les deux cas, on recrée un silo. » L’idée, chez Plumber, est donc de relier ces deux niveaux : la définition des exigences d’un côté, leur application concrète de l’autre.

Le plombier sonne toujours deux fois

Si ce sujet remonte aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’une startup a trouvé son angle. C’est que deux pressions convergent enfin sur la même zone.

La première est réglementaire. « On voit se durcir les exigences autour de la software supply chain, notamment avec le Cyber Resilience Act », observe Aurélien Coget. Un règlement qui commence à viser plus explicitement les dépendances, la chaîne de livraison et la sécurité du processus de fabrication logicielle.

La seconde vient des attaques elles-mêmes. Pas forcément les intrusions spectaculaires qui alimentent les présentations dramatiques, mais des attaques « très silencieuses », explique le cofondateur de Plumber, qui visent ces chaînes pendant la construction du produit et permettent de siphonner code, données ou secrets sans produire immédiatement de vacarme.

Le plombier adoubé par l’ANSSI

Plumber a récemment été retenu dans le cadre du programme France 2030 : NCC-FR Cyber, opéré par Bpifrance et l’ANSSI. Pour Aurélien Coget, ce soutien vaut à la fois accélérateur et validation : « D’abord parce qu’il y a un soutien concret, qui va nous permettre d’accélérer le développement de la solution. Et ensuite parce que c’est aussi une forme de reconnaissance du sujet qu’on porte. »

Le sujet, justement, reste encore largement sous-estimé : la sécurité des pipelines CI/CD, autrement dit de toute cette chaîne de fabrication logicielle que beaucoup d’organisations continuent de traiter comme une arrière-technique. C’est là que Plumber entend faire sa différence. « Notre sujet, ce n’est pas simplement d’apporter des réponses ou de produire un outil de plus. Ce qu’on veut, c’est amener les entreprises vers une conformité réelle, durable, et qu’elles puissent démontrer dans le temps. »

Autrement dit, la startup ne parie pas sur un énième signal faible de plus dans des tableaux de bord déjà trop bavards. Elle mise sur quelque chose de plus exigeant : faire en sorte que les entreprises puissent enfin prouver que leurs chaînes sont aussi sérieuses que les logiciels qu’elles prétendent livrer. Dans les systèmes d’information comme ailleurs, la vraie question finit toujours par revenir : qui, exactement, a regardé les canalisations ?

Sur la photo: Aurelien COGET et Thomas Boni, fondateurs de Plumber.

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Nubbo sélectionne cinq startups pour lancer sa promotion 2026 https://midenews.com/innovation/nubbo-selectionne-cinq-startups-pour-lancer-sa-promotion-2026/ Tue, 10 Mar 2026 14:20:25 +0000 https://midenews.com/?p=14542 Le 9 mars 2026, à Toulouse, Nubbo a annoncé l’entrée de cinq startups dans son incubateur régional d’Occitanie, avec une cible de 25 projets accompagnés cette année entre incubation et accélération. La promotion réunit un bombardier d’eau dérivé d’ATR 72, une technologie de production d’ammoniac à partir d’air et d’eau, un outil de conception spatiale

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Le 9 mars 2026, à Toulouse, Nubbo a annoncé l’entrée de cinq startups dans son incubateur régional d’Occitanie, avec une cible de 25 projets accompagnés cette année entre incubation et accélération. La promotion réunit un bombardier d’eau dérivé d’ATR 72, une technologie de production d’ammoniac à partir d’air et d’eau, un outil de conception spatiale assistée par IA, une plateforme de gestion des aléas industriels et une solution de conformité pour les institutions financières. Le programme s’étale sur 12 mois et peut mobiliser jusqu’à 50 000 euros d’avance remboursable pour faire émerger premiers clients payants, premiers financements et premiers revenus.

À Toulouse, dans les murs de La Cité, Nubbo formalise ainsi une promotion 2026 calibrée pour son terrain de jeu historique, celui des projets technologiques B2B. Créé en 2000, l’incubateur a pris en 2022 le statut de premier incubateur à mission de France et conserve une mécanique simple : incubation sur 12 mois, puis, pour certains dossiers, accélération sur 6 mois avec une enveloppe maximale de 50 K€.

Le premier dossier marquant est Kepplair Evolution, qui convertit un ATR 72 en appareil capable d’intervenir sur les incendies, de transporter du fret et d’assurer des évacuations sanitaires. Développé avec l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse, le système de largage du KEPPLAIR 72 vise moins de passages, un coût annoncé 50 % inférieur aux solutions existantes et une arrivée sur le marché en 2027, ce qui évite au mot rapide de tourner à vide.

Swan-H, soutenue par Toulouse Tech Transfer, travaille sur un autre maillon industriel avec une technologie électrochimique brevetée d’activation de l’azote par la chimie du bore pour produire de l’ammoniac à partir d’air et d’eau, à basse température et basse pression. La cible affichée par Swan-H est large et précise à la fois : chimie, engrais et énergie, avec une production locale, modulaire et extensible, pensée pour réduire coûts, dépendance aux importations, exposition aux chaînes d’approvisionnement et empreinte carbone.

Vecteur pousse de son côté un outil de conception spatiale qui réunit ingénierie, industrie, supply chain et dimensions business dans un même environnement, avec une IA appuyée sur les règles de la physique et un cycle de design présenté comme jusqu’à dix fois plus rapide pour les acteurs du Newspace.

ALYZAI descend au niveau des PME et ETI industrielles avec une plateforme dédiée aux non-conformités, aux ruptures d’approvisionnement et aux pannes de machines, déployable en 15 minutes via des connecteurs standards et créditée d’un gain pouvant atteindre 25 % d’efficacité opérationnelle sur le cycle de production ; le qualificatif souveraine y gagne au moins un mode d’emploi.

Practicle.ai ferme la marche avec ComplianceOS, une plateforme conçue pour les institutions financières, capable de transformer des manuels réglementaires en flux numériques, de produire en quelques minutes des livrables de qualité audit et de diviser par dix le temps de revue grâce à un moteur de traçabilité et à des agents IA spécialisés en droit et finance.

Derrière l’hétérogénéité apparente des cinq dossiers, Nubbo reste aligné sur le même horizon de marché : faire sortir de 12 mois d’accompagnement des entreprises capables d’identifier leurs premiers clients payants, de trouver leurs premiers financements et de générer leurs premiers revenus. Le prochain repère est déjà fixé par un chiffre et une date : 2027 pour l’entrée sur le marché de KEPPLAIR 72, pendant que Nubbo maintient pour 2026 une jauge de 25 projets entre incubation et accélération.

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Le toulousain Infinite Orbits s’étend au Luxembourg et au Royaume-Uni https://midenews.com/business/le-toulousain-infinite-orbits-setend-au-luxembourg-et-au-royaume-uni/ Thu, 05 Mar 2026 13:59:27 +0000 https://midenews.com/?p=14534 Adel Haddoud, président et fondateur, et l'équipe d'Infinite Orbits (©Infinite Orbits).

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En deux annonces, les 26 février et 3 mars, Infinite Orbits enchaîne les acquisitions : LMO au Luxembourg puis Lúnasa au Royaume-Uni. Objectif : renforcer ses briques logicielles de navigation et de manœuvres de proximité (RPO) pour ses services en orbite, dont Orbit Guard. Un signe de plus que le New Space européen entre dans une phase de consolidation nette.

Le New Space européen n’a plus vraiment des airs de conquête romantique : il commence à ressembler à un marché qui consolide, qui tranche, qui avale. Infinite Orbits, société toulousaine spécialisée dans le service en orbite (notamment la surveillance du trafic spatial) vient d’en donner une illustration très concrète avec deux acquisitions coup sur coup, annoncées le 26 février et le 3 mars.

Premier mouvement : le rachat au Luxembourg des activités de LMO, spécialiste de logiciels autonomes pour la maintenance en orbite et les manœuvres de proximité (RPO, rendez-vous compris). Ce n’est pas un achat “cosmétique” : l’idée est d’épaissir la brique logicielle d’Orbit Guard, le microsatellite de surveillance géostationnaire qu’Infinite Orbits développe. Autrement dit, on n’empile pas des logos : on sécurise une compétence clé, celle qui permet de se déplacer, d’approcher, d’opérer… bref, de faire autre chose que regarder le ciel.

Quelques jours plus tard, deuxième prise : Lúnasa, au Royaume-Uni, également positionnée sur la navigation et le RPO. Là encore, le geste est lisible : verrouiller une chaîne de capacités sur un segment devenu stratégique, celui où l’Europe découvre que l’espace est un milieu encombré… et que l’autonomie logicielle n’est pas un luxe.

Ce double mouvement raconte aussi un “darwinisme” très terrestre : certains écosystèmes plient plus vite. Au Luxembourg, LMO devient la deuxième cible en deux mois après Anywaves/EmTronix ; côté britannique, l’ambiance est à la fragilité, avec la crise d’Orbex et ses rachats avortés. Pendant ce temps, sur d’autres niches, les acteurs se regroupent aussi, comme Exotrail et Astroscale France sur la désorbitation. Moralité : dans le New Space, on parle toujours d’orbite, mais la gravité, elle, est économique.

Sur la photo: Adel Haddoud, président et fondateur, et l’équipe d’Infinite Orbits (©Infinite Orbits).

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La startup montpelliéraine enCaps passe en mode “coop” avec Exertis Ztorm https://midenews.com/business/la-startup-montpellieraine-encaps-passe-en-mode-coop-avec-exertis-ztorm/ Thu, 05 Mar 2026 13:38:54 +0000 https://midenews.com/?p=14531 La startup montpelliéraine enCaps s’allie à Exertis Ztorm, acteur international de la distribution numérique. Objectif : connecter prochainement Point Nexus à l’écosystème Ztorm pour unifier la gestion des ventes via revendeurs, en direct comme via distributeur. En ligne de mire : plus de pilotage, plus de traçabilité, et moins de friction dans un marché où

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La startup montpelliéraine enCaps s’allie à Exertis Ztorm, acteur international de la distribution numérique. Objectif : connecter prochainement Point Nexus à l’écosystème Ztorm pour unifier la gestion des ventes via revendeurs, en direct comme via distributeur. En ligne de mire : plus de pilotage, plus de traçabilité, et moins de friction dans un marché où une “clé” peut vite devenir un problème.

En Occitanie, on aime les paysages vastes. Dans le numérique aussi : le marché mondial du jeu vidéo en est un, immense, bruyant, et peuplé d’intermédiaires. Au milieu de cette foire, il y a un objet minuscule mais explosif : la clé numérique. Une suite de caractères qui ouvre un jeu, comme un sésame, et qui se revend, s’échange, se détourne parfois. Résultat : pour un éditeur, vendre hors des grandes plateformes (Steam & co) peut vite ressembler à une expédition sans carte.

C’est là qu’intervient enCaps, startup montpelliéraine : elle développe Point Nexus, un outil qui aide les éditeurs à piloter leurs ventes via des revendeurs. Et cette semaine, enCaps annonce une alliance avec Exertis Ztorm, acteur international de la distribution digitale. Objectif : connecter bientôt Point Nexus à l’écosystème Ztorm, pour que les éditeurs puissent gérer deux mondes à la fois : les revendeurs “en direct” et ceux qui passent par un distributeur.

Concrètement, on parle de quoi ? D’un tableau de bord qui dit : qui vend, , à quel rythme, avec quelles marges, et surtout avec quelles clés. Point Nexus promet du suivi en temps réel et une redistribution plus intelligente des stocks numériques. Ztorm apporte le côté “usine propre” : gestion des comptes revendeurs, stimulation des ventes, contrôle du crédit, facturation… bref, l’intendance sans laquelle les grandes stratégies finissent en tableur panique.

Pour enCaps, l’intérêt est limpide : adosser Point Nexus à un distributeur mondial, c’est passer d’un outil à une chaîne de distribution. Disons-le simplement : la startup ne joue plus en solo.

Sur la photo: Pascal Jardé, cofondateur d’enCaps (©DR).

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Bertrand Servary (NetExplorer) : « L’enjeu n’est pas d’être anti-américain, c’est de maîtriser » https://midenews.com/cybersecurite/bertrand-servary-netexplorer-lenjeu-nest-pas-detre-anti-americain-cest-de-maitriser/ Thu, 05 Mar 2026 10:42:13 +0000 https://midenews.com/?p=14525 NetExplorer, éditeur toulousain de partage et stockage de fichiers pour organisations manipulant des données sensibles, revendique un “cloud de confiance” plutôt qu’une souveraineté de façade. Sécurité, maîtrise technologique, traçabilité documentaire et stratégie européenne structurée : entretien avec son fondateur, Bertrand Servary. Il y a des mots qui rassurent comme des doudous institutionnels. “Souveraineté” en fait

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NetExplorer, éditeur toulousain de partage et stockage de fichiers pour organisations manipulant des données sensibles, revendique un “cloud de confiance” plutôt qu’une souveraineté de façade. Sécurité, maîtrise technologique, traçabilité documentaire et stratégie européenne structurée : entretien avec son fondateur, Bertrand Servary.

Il y a des mots qui rassurent comme des doudous institutionnels. “Souveraineté” en fait partie : on le brandit, on l’imprime sur des slides, on le soupoudre sur des appels d’offres, et tout le monde se félicite d’avoir été prudent, sans toujours regarder ce que le mot recouvre.

Bertrand Servary, fondateur et CEO de NetExplorer, a une manière plus ingrate, donc plus intéressante, d’aborder le sujet : il préfère parler de “cloud de confiance”. Moins lyrique, plus vérifiable.

NetExplorer, justement, n’est pas une promesse hors-sol. C’est un éditeur logiciel de partage et de stockage de fichiers en ligne, né à Toulouse, désormais implanté entre Toulouse et Paris, avec un positionnement BtoB net : les organisations qui manipulent de la donnée sensible et vivent sous la double contrainte conformité/sécurité. On y croise des cabinets d’avocats, obsédés par la confidentialité des dossiers, et des mastodontes comme Vinci Energies, où près de 30 000 collaborateurs utilisent l’outil au quotidien, notamment pour partager des fichiers avec l’extérieur. Autrement dit : l’usage réel, celui qui casse, celui qui fuit, celui qui engage la responsabilité.

2026 : l’odyssée ordinaire de la servitude volontaire

“Début 2026, qu’est-ce qui a changé ?” La réponse de Bertrand Servary tient en une idée : la dépendance technologique à des acteurs étrangers, particulièrement américains, n’est plus un diagnostic réservé aux initiés. « Ce n’est pas nouveau : beaucoup le savaient déjà. Mais aujourd’hui, les organisations mesurent plus clairement l’impact et surtout le risque que cette dépendance représente, parce qu’elle s’est installée partout, de manière presque invisible, dans les usages du quotidien. »

Le point important, c’est la posture. « L’enjeu n’est pas d’être anti-GAFAM ou anti-américain. L’enjeu, c’est d’être lucide et de se poser une question simple : comment sécuriser son activité quand on dépend d’un acteur qui peut, du jour au lendemain, imposer des contraintes juridiques ou financières, ou devenir plus difficilement accessible selon le contexte ? », insiste Bertrand Servary.

Dans ce tableau, un élément rend l’abstrait tangible : les récentes sorties de Donald Trump, perçues comme plus agressives vis-à-vis de l’Europe. « Les déclarations de Trump ont eu un effet d’accélérateur. Elles ancrent ces sujets dans le réel et poussent les décideurs à arbitrer plus vite. Et on le voit très clairement, à la fois chez de nouveaux clients et chez des clients existants », observe l’entrepreneur.

La souveraineté se cache dans les détails

Le passage le plus utile de l’entretien est peut-être celui où Bertrand Servary démonte le mot “souverain” sans s’offrir le plaisir facile du sarcasme. « C’est un sujet vaste, et le mot “souverain” est souvent galvaudé. Moi, je préfère parler de cloud de confiance, parce que c’est plus concret. Pour moi, la confiance repose sur deux choses : la sécurité et la maîtrise. »

Sur la sécurité d’abord : « les cyberattaques augmentent, les fuites de données se multiplient, et c’est devenu presque banal. Très régulièrement, une organisation annonce une fuite, et on s’habitue à recevoir des messages du type “désolé, il y a eu une fuite de données personnelles”. Aujourd’hui ça peut être un IBAN demain une adresse mail. Donc les clients cherchent des garanties tangibles : des mesures de protection, des certifications, des engagements clairs, pour réduire le risque de manière réelle », constate Bertrand Servary.

Puis la maîtrise : « Quand je confie mes données à un prestataire, est-ce que je sais exactement ce qui est fait, dans quelles conditions, et à quel point je reste propriétaire de mes données ? Est-ce que les engagements contractuels sont limpides ? Est-ce que je peux récupérer mes données facilement ? Est-ce que je reste indépendant, ou est-ce que je crée une dépendance forte ? »

Le patron de NetExplorer pose également le point que beaucoup préfèrent oublier (parce qu’il oblige à regarder sous le capot) : ne pas regarder seulement le fournisseur “final”. « On peut avoir un acteur français en façade, mais qui repose sur des briques technologiques qu’il ne maîtrise pas. Et dans ce cas, la promesse de souveraineté perd une partie de son sens, parce qu’on perd de la maîtrise, donc de l’indépendance ».

NetExplorer revendique justement l’inverse : hébergement et stockage localisés en France pour les clients français, en Europe pour les clients européens ; et surtout, logiciel et ingénierie développés en interne. « Ce n’est pas un détail, parce que c’est de la propriété intellectuelle, c’est un savoir-faire, et ça nous permet de maîtriser la solution aujourd’hui, mais aussi de ne pas dépendre du bon vouloir d’un tiers demain. Pour nous, c’est ça, un cloud réellement “de confiance” ».

NetExplorer x Yousign : le vrai sujet, c’est la vie (et la mort) des documents

NetExplorer a récemment annoncé une alliance avec YouSign, éditeur français spécialisé dans la signature électronique et la gestion des transactions numériques. La promesse côté client ? « garantir la cohérence et la valeur probante du document sur tout son cycle de vie, de sa création jusqu’à sa conservation, une fois signée », précise Bertrand Servary.

Traduction : le problème, ce n’est pas seulement de signer. C’est tout ce qui se passe autour. Un document part d’un espace de stockage, il est envoyé pour signature sur un autre outil, puis il revient… ou parfois il ne revient pas. Et dès qu’on introduit des manipulations manuelles, exporter le fichier, l’envoyer, le récupérer, le reclasser, on crée des risques : perte, erreur de version, manque de traçabilité, ou document qui “se perd dans la nature”.

« Avec YouSign, l’objectif est justement d’avoir une traçabilité unifiée et un process sécurisé de bout en bout : l’utilisateur ne sort pas du système, il n’a pas à faire circuler le fichier manuellement, et on s’assure que c’est bien le bon document qui est signé », se réjouit Bertrand Servary, avant d’ajouter « une fois signé, le document revient automatiquement dans NetExplorer pour être archivé et conservé durablement. C’est un point critique : si un document est signé en ligne mais jamais rapatrié et stocké dans l’entreprise, le jour où il faut le produire, ou si le collaborateur quitte l’organisation, on peut se retrouver incapable de remettre la main dessus. Dans ce cas, même une signature à valeur légale ne sert plus à grand-chose, parce que le document, lui, n’est plus accessible ».

Pourquoi maintenant ? Parce que la demande client monte : sécuriser les process, réduire les ruptures, renforcer la conformité. Bertrand Servary rappelle aussi une vérité embarrassante : « longtemps, la signature “ressemblait” à quelque chose d’artisanal (imprimer, signer, scanner), ce qui ouvre la porte à la fraude et ne garantit pas une valeur légale robuste ». Aujourd’hui, les entreprises veulent des solutions certifiées, opposables, qui tiennent dans le temps. YouSign est choisi aussi pour une cohérence d’ADN (entreprises françaises à vocation européenne) et des référentiels communs, notamment ISO 27001.

L’Europe : l’intendance avant l’épopée

“On prend des outils américains parce qu’il n’y a pas d’équivalent en Europe”, est un refrain commode, devenu réflexe pavlovien des achats IT. Et il n’est pas entièrement faux. Les organisations en France et en Europe attendent des solutions au niveau : robustes fonctionnellement, et robustes sur le plan de la sécurité.

« C’est précisément notre positionnement chez NetExplorer : être expert sur notre périmètre. Nous, c’est la gestion documentaire ; comme YouSign, c’est la signature électronique. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on travaille avec un partenaire sur la signature plutôt que de la développer nous-mêmes : ce n’est pas notre métier. L’enjeu, c’est d’avoir, brique par brique, des solutions spécialisées, solides, qui permettent aux organisations d’atteindre le niveau d’exigence attendu, à la fois en fonctionnalités et en sécurité », détaille Bertrand Servary.

Et ce besoin de confiance numérique et d’indépendance, on le retrouve partout : ce n’est pas uniquement un sujet français, c’est un sujet européen.

Sur l’ambition européenne, NetExplorer assume une stratégie structurée par vagues. « Nos pays cibles de premier niveau, ce sont l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Allemagne. En parallèle, on est déjà présents au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse. Ensuite, on avancera progressivement, notamment vers l’Europe de l’Est. L’idée, c’est une expansion structurée, pays par pays », conclut le dirigeant.

Bâtir, habiter, opérer

Côté coulisses, l’entreprise recrute surtout des profils techniques : produit (roadmap, innovation, évolutions fonctionnelles) et tech (développement, mise en œuvre), avec un besoin de profils expérimentés sur des sujets critiques. En 2026, NetExplorer vise environ 40 collaborateurs et un objectif de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en fin d’année.

L’organisation interne, par ailleurs, a une originalité qui dit quelque chose du projet : Toulouse porte l’essentiel de l’ingénierie, Paris concentre surtout l’infrastructure et l’exploitation. Et Bertrand Servary insiste sur l’ancrage occitan : « Toulouse est une priorité : on est encore en périphérie aujourd’hui, mais on a un projet d’implantation à terme dans le cœur historique ». Contrairement au mot « souveraineté », le doudou de NetExplorer n’est peut-être pas institutionnel, mais il est rose.

Sur la photo: Bertrand Servary, fondateur de NetExplorer (©NetExplorer).

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