NEOTECH https://neotech.nc/ Toute l'actualité de la tech en Nouvelle-Calédonie Thu, 19 Mar 2026 05:44:25 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://neotech.nc/wp-content/uploads/2021/03/favicon-1.png NEOTECH https://neotech.nc/ 32 32 La mort de Google, mythe ou réalité ? https://neotech.nc/moteurs-recherche-ia-google-perd-sa-place/ Thu, 19 Mar 2026 05:44:24 +0000 https://neotech.nc/?p=15777 Et si “googler” devenait obsolète ? Les moteurs de réponse basés sur l’IA redéfinissent déjà notre manière d’accéder à l’information.

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Pendant longtemps, chercher une information sur Internet a reposé sur un geste simple et presque automatique : ouvrir Google, taper quelques mots, puis naviguer entre plusieurs sites pour trouver ce que l’on cherchait. Cette manière de faire s’est imposée comme une évidence, au point qu’on n’imaginait même plus faire autrement. Mais depuis peu, une autre façon d’accéder à l’information s’installe progressivement.

Avec l’arrivée des moteurs de recherche basés sur l’intelligence artificielle, il n’est plus nécessaire de parcourir des pages pour comprendre un sujet et de faire soi-même le tri. L’utilisateur pose une question à l’IA et obtient directement une réponse rédigée, souvent très (parfois trop !) bien organisée et déjà synthétisée. Ce changement peut sembler anodin à première vue mais il transforme en profondeur la manière dont nous utilisons Internet.

Là où il fallait auparavant chercher, comparer et interpréter, dorénavant l’information est proposée de manière immédiate en seulement quelques secondes. Internet ne se parcourt plus de la même façon – on lui pose directement des questions. Mais derrière cette évolution, il y a une transformation bien plus large. Ce ne sont plus seulement les outils qui changent mais la logique même de la recherche en ligne et avec elle, l’équilibre de tout l’écosystème numérique.

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Des moteurs de recherche… aux moteurs de réponse 

Pendant longtemps, chercher une information sur Internet, c’était presque un petit travail d’enquête. On tape quelques mots, on obtient une liste de liens, on ouvre plusieurs onglets, on lit, on compare et parfois, on doute… bref, on cherchait vraiment l’info ! Les moteurs de recherche traditionnels, c’est un peu comme faire ses courses sans liste : tu avances dans les rayons, tu regardes ce qu’il y a, tu compares et petit à petit, tu construis ton panier (et ta réflexion) toi-même.

Avec les moteurs basés sur l’intelligence artificielle, le parcours change radicalement. Là où tu composais toi-même ton “panier” d’informations, tout arrive désormais déjà prêt. Tu poses une question à ChatGPT et tu obtiens une réponse rédigée, structurée et directement exploitable. Plus besoin d’ouvrir dix onglets, ni de croiser les sources, c’est l’IA qui s’en charge. 

“Le moteur de recherche traditionnel repose sur l’indexation de mots-clés, alors que les moteurs basés sur l’IA vont chercher à formuler directement une réponse” – Mehdi Mahroug, Fondateur de la startup iLearn et IAfriendly

On passe d’une logique où l’on cherche à une logique où l’on reçoit. Cette évolution est déjà à l’œuvre : des moteurs comme Google SGE ou Bing Copilot intègrent désormais des réponses générées directement, sans passer par plusieurs sites. Ce basculement, aussi pratique qu’il soit, n’arrive pas par hasard. Il suit une évolution plus large : celle de l’instantanéité et de la surconsommation.

Comme sur les réseaux sociaux, on ne cherche plus vraiment, on “scroll” de réponse en réponse. Dans cette nouvelle ère, on ne navigue plus, on consomme l’information. Tout va plus vite, tout est plus fluide, mais aussi plus automatique, avec moins de comparaison, moins de recul et moins de confrontation de points de vue. Et derrière ce confort, une vraie question se pose : si tout devient immédiat, que reste-t-il de notre capacité à chercher, à douter et à réellement comprendre ?

Moteurs de recherche IA
Le « réflexe Google » devient une option ! © AHREFS

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« Zéro clic », un modèle économique remis en question 

Cette évolution change clairement les règles du jeu pour les médias et les créateurs de contenu. Avant, c’était plutôt simple : tu écrivais, tu attirais du clic donc tu générais du trafic. Aujourd’hui, l’info est consommée sans même passer par toi. C’est le fameux “zéro clic” : la réponse est là, mais toi tu restes invisible. Concrètement, c’est comme si tu écrivais un super article que tout le monde lit sans jamais ouvrir ta page. Et forcément, ça pique parce que tout le modèle économique du web repose encore là-dessus : l’audience. Moins de clics, c’est moins de revenus et là, on ne parle pas d’un détail mais d’un vrai déséquilibre. Plus de 50 % des recherches Google se terminent actuellement déjà sans clic.

Moteurs de recherche IA
Le clic devient optionnel … © SEMRUSH

Les règles changent aussi côté visibilité. Pendant des années, le SEO a été le terrain de jeu principal : optimiser ses contenus pour apparaître en haut de Google et capter des clics. Mais aujourd’hui, cette bataille de position laisse place à une nouvelle logique : le GEO. Cette fois, il ne s’agit plus d’être bien classé mais d’être directement intégré dans les réponses des IA. Ton contenu n’est plus là pour être visité, il est là pour être utilisé. Autrement dit, tu ne cherches donc plus à attirer mais à exister dans la réponse générée. Cette évolution est déjà identifiée comme un tournant majeur des stratégies de marketing digitales.

“Les utilisateurs ont désormais davantage recours à l’IA pour des tâches concrètes, comme la recherche de produits ou l’organisation de vacances”, observe Mehdi Mahroug, sans intervention de l’IA

Et dans ce nouveau jeu, tout le monde ne gagne pas. Les contenus moyens, génériques, pensés uniquement pour plaire à l’algorithme perdent du terrain. À l’inverse, les contenus solides et structurés, avec un vrai point de vue prennent de la valeur. Les médias ne disparaissent pas mais deviennent les « coulisses de l’information », ceux sur qui les IA s’appuient pour produire leurs réponses. Et au final, il y a une chose qui revient au cœur du jeu : la crédibilité. Sur LinkedIn, on le voit déjà : les contenus lisses passent et ceux qui apportent une vraie analyse restent. Ce n’est plus une course au clic, c’est une course à la légitimité, avec des IA qui privilégient déjà les contenus issus de sources fiables et expertes.

Moteurs de recherche IA
La fin du “je vais googler” ? © SEMRUSH

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Nouvelle-Calédonie : un terrain d’avance à construire

En Nouvelle-Calédonie, l’écosystème numérique est encore en structuration et c’est précisément ce qui en fait un terrain d’opportunités. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises locales ont une présence en ligne mais elle reste souvent limitée à l’essentiel. Jusqu’ici, cette simple présence en ligne suffisait pour exister sur Google. Mais, avec les moteurs de réponse, ce fonctionnement atteint peu à peu ses limites.

“D’après mon expérience, les entreprises calédoniennes ne sont pas encore prêtes. Je suis justement en train de sensibiliser plusieurs structures à ce sujet”, Mehdi Mahroug, senIAbilisateur.

Le constat est clair : le changement est déjà en cours mais il n’est pas encore pleinement intégré par les internautes. Et c’est là que tout se joue…

“C’est une excellente opportunité. La Nouvelle-Calédonie étant un territoire encore peu documenté sur l’IA, nous avons une plus grande capacité d’influencer les informations que nous souhaitons voir apparaître.” – Mehdi, IAnfluenceur.

Autrement dit, il y a encore de la place pour exister et structurer son expertise. Là où d’autres marchés sont saturés, le territoire peut encore écrire une partie de sa propre histoire numérique

“Il existe de réelles opportunités mais elles impliquent une transformation profonde. Cela passe par une adaptation rapide à ces nouveaux systèmes et aux nouvelles habitudes de consommation.” MehdIA.

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Internet change de mode d’emploi

Le web n’est pas en train de disparaître, il change simplement de forme. Pendant des années, il fallait aller chercher l’information et aujourd’hui, elle vient à nous. Quant à demain, qui sait, elle sera peut-être entièrement façonnée par les systèmes qui la sélectionnent et la reformulent !

Ce basculement est discret, mais il redéfinit déjà les règles… ce ne sont plus seulement les sites les mieux référencés qui comptent, mais ceux qui sont jugés suffisamment pertinents et crédibles par les IA pour être repris et intégrés dans une réponse. Derrière cette évolution, il y a eu enjeu clé : produire une information fiable et structurée devient indispensable pour exister dans ces nouveaux moteurs de réponse. Et au fond, la question n’est peut-être plus de savoir si Google restera central mais de comprendre une chose plus large : dans un monde où les réponses sont générées, la vraie bataille c’est de faire partie de celles qui comptent !

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Quand la tech redéfinit notre manière d’écouter https://neotech.nc/quand-la-tech-redefinit-notre-maniere-decouter/ Tue, 17 Mar 2026 05:47:43 +0000 https://neotech.nc/?p=15758 Un assistant d’écoute pour malentendants, facilite les échanges du quotidien même dans un environnement bruyant...

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On parle beaucoup d’intelligence artificielle, de robots conversationnels et d’assistants vocaux capables de répondre à toutes nos questions. Mais il existe une réalité beaucoup plus silencieuse : des millions de personnes ont de plus en plus de mal à entendre les autres parler. Une conversation à table, un rendez-vous chez le médecin, un échange au guichet d’une mairie… Quand l’audition baisse, ces moments pourtant banals deviennent vite compliqués. On fait répéter une fois, deux fois. Puis parfois on devine la suite de la phrase, ou on abandonne simplement. C’est précisément ce type de situations que cherche à améliorer Spokeo, un assistant d’écoute imaginé en France et récemment récompensé au Concours Lépine 2025.

assistant d'écoute
© Concours Lépine International Paris

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Quand entendre ne suffit plus à comprendre

La perte d’audition est l’un des handicaps les plus répandus mais aussi l’un des plus invisibles. En France, près de 7 millions de personnes sont concernées, mais plus d’une sur deux ne porte pas d’appareil auditif. Le problème n’est pas toujours le volume sonore. Très souvent, c’est le bruit autour : les voix se mélangent, certaines syllabes disparaissent et suivre une conversation demande de plus en plus d’efforts.

Dans ce contexte, certaines solutions cherchent simplement à rendre les échanges plus faciles :

«En EHPAD, en cabinet médical ou auprès d’aidants, c’est plus de 1 000 aides auditives Spokeo qui servent chaque jour à rétablir une communication simple avec des personnes malentendantes non appareillées. » expliquent les fondateurs de Spokeo.

Aujourd’hui, le dispositif est utilisé dans plusieurs contextes du quotidien : dans des consultations médicales, lors d’échanges avec des proches, ou encore dans des lieux accueillant du public.

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Une idée simple : rapprocher la voix de l’oreille

Le principe de Spokeo est assez simple : rapprocher la voix pour mieux la comprendre. Le dispositif fonctionne grâce à deux éléments. D’un côté, un micro-cravate directionnel porté par l’interlocuteur capte la voix au plus près de la bouche. De l’autre, un casque transmet le son directement à la personne qui écoute. La particularité du système repose sur un double mode de diffusion : le son passe à la fois par l’oreille, comme avec un casque classique, mais aussi par conduction osseuse, grâce à de légères vibrations autour de l’oreille – ce qui aide l’oreille interne à mieux distinguer la voix du bruit ambiant.

assistant d'écoute
Minimaliste dehors, technologique dedans ! © Spokeo

Dans la pratique, trois situations reviennent souvent :

« Lorsque qu’un soignant doit s’adresser à un patient malentendant non appareillé, lorsqu’un aidant souhaite discuter plus facilement avec un proche, ou encore dans des lieux recevant du public comme une mairie, une agence bancaire ou un bureau de poste. » expliquent les fondateurs de Spokeo à propos des principaux usages du dispositif.

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Une innovation née du terrain

Derrière Spokeo, on retrouve Jonathan Goldminc, Raphaël Zakine et Michaël Uzzan, trois professionnels issus des secteurs de l’audiologie, de l’optique et de l’innovation santé. Pendant plus de vingt ans, ils ont travaillé auprès de personnes âgées, notamment en EHPAD. Ils y ont observé une situation qui revient souvent : des personnes capables d’entendre mais pour qui suivre une conversation devient progressivement plus difficile. Le développement du dispositif a demandé cinq années de recherche et développement.

« Il nous a fallu cinq années pour définir le cahier des charges, réaliser les prototypes, les tester, les affiner et trouver l’usine capable de le produire. » nous indique les créateurs du dispositif.

Et concrètement, ça change quoi ? Les retours d’utilisateurs donnent déjà un aperçu :

« Merci, je peux enfin discuter à nouveau avec ma mère de 94 ans… et on se refait des blagues. » raconte un utilisateur de Spokeo.

Dans un EHPAD, une autre situation a marqué les équipes :

« Une résidente semblait désorientée, dans son monde. En testant Spokeo, on s’est aperçu qu’elle était en réalité très cohérente : elle souffrait simplement d’une perte auditive importante et ne portait pas d’appareil auditif. » expliquent les fondateurs de Spokeo à propos d’une expérience menée en EHPAD.

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La tech au service du lien … © Spokeo

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Une innovation au service du dialogue

Cette approche très concrète explique en partie l’intérêt suscité par Spokeo lors du Concours Lépine 2025, où le dispositif a notamment été évalué par un médecin ORL.

« L’innovation au service du bien vieillir est un sujet de société très actuel. Beaucoup de malentendants ne souhaitent pas s’appareiller, et Spokeo correspond bien à un usage ponctuel lorsqu’on veut simplement rétablir la communication. » expliquent les fondateurs de Spokeo.

L’objectif de l’équipe est désormais de faire connaître la solution plus largement, en France mais aussi à l’étranger, où l’accès aux appareils auditifs reste parfois limité. Parce qu’au fond, derrière la technologie, l’idée reste simple : permettre aux gens de continuer à se parler.

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TAMTAM : le câble qui pourrait secouer l’Internet du Pacifique https://neotech.nc/cable-internet-sous-marin-tamtam-pacifique/ Thu, 12 Mar 2026 03:17:07 +0000 https://neotech.nc/?p=15722 Plus de 99 % du trafic Internet mondial passe par des câbles sous-marins posés au fond des océans. Dans le Pacifique, le projet TAMTAM pourrait sécuriser la connectivité du Vanuatu et repositionner la Nouvelle-Calédonie dans les flux numériques régionaux.

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Internet ne flotte pas dans le cloud. Il est câblé au fond des océans.

Derrière chaque message envoyé, chaque vidéo regardée ou chaque requête sur une intelligence artificielle se cache une infrastructure bien réelle : des milliers de kilomètres de fibre optique posés dans les abysses. Ces fibres optiques transportent chaque seconde des quantités gigantesques de données entre les continents. Et leur importance est difficile à surestimer : plus de 99 % du trafic Internet mondial passe par des câbles sous-marins.
 Aujourd’hui, le monde compte plus de 530 câbles sous-marins actifs, soit environ 1,4 million de kilomètres de fibre optique reliant continents, îles et territoires isolés.
 Dans cette gigantesque toile numérique, un nouveau projet attire l’attention dans le Pacifique : TAMTAM, un câble de 411 kilomètres qui doit relier Port-Vila au Vanuatu à Lifou en Nouvelle-Calédonie.
 Un câble de plus dans l’océan ? Pas exactement car TAMTAM n’est pas un câble comme les autres. Il pourrait sécuriser l’Internet d’un pays entier, repositionner la Nouvelle-Calédonie dans les flux numériques régionaux et ouvrir la voie à une nouvelle génération de réseaux sous-marins.

Mais concrètement, que va vraiment changer ce câble pour la région ? Pourquoi le Vanuatu en a-t-il besoin ? Et en quoi cette nouvelle génération de câbles dits SMART pourrait-elle transformer les infrastructures numériques sous-marines ?

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Dans le Pacifique, Internet tient parfois à un seul câble

Dans les grands hubs numériques – Europe, États-Unis, Asie – plusieurs câbles relient les continents. Si l’un tombe en panne, les données passent simplement par un autre. Dans le Pacifique, la situation est souvent différente car certains territoires reposent encore sur une seule connexion internationale – c’est notamment le cas du Vanuatu.

“Il est stratégique en premier lieu pour le Vanuatu, en étant un câble de secours. Ils n’ont pour le moment qu’un seul câble ICN1 entre Port-Vila et Suva.”Camille Dumarty – Responsable de la communication corporate chez l’OPT Nouvelle-Calédonie.

Autrement dit : si ce câble rencontre un problème, c’est tout un pays qui peut voir sa connectivité perturbée. Le projet TAMTAM vise donc d’abord à sécuriser les communications du Vanuatu. Mais il ne s’agit pas seulement d’un câble de secours.

“Si on se place du côté du Vanuatu, ce câble a un double objectif : sécuriser les télécommunications de l’île d’Efate et apporter l’Internet haut débit à trois îles qui en sont dépourvues : Tana, Malekula et Santo.”
 Benoit Maritan – Directeur Générale de Pacific Peering

Pour certaines îles, cela signifie tout simplement l’arrivée du haut débit international pour la première fois. Oui, en 2026, certaines îles du Pacifique découvrent encore l’Internet rapide. Bienvenue dans la réalité géographique du numérique !

câble internet sous-marin
Zoom sur les câbles sous-marins à l’échelle mondiale … ©TeleGeography

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Et la Nouvelle-Calédonie dans l’histoire ?

On pourrait croire que TAMTAM va révolutionner la connectivité calédonienne. En réalité, la situation est un peu plus nuancée.

“La connectivité internet de la NC n’est pas à proprement parlé impactée par ce nouveau câble, la Nouvelle-Calédonie disposant déjà de deux routes d’approvisionnement vers Sydney, Gondwana-1 et Gondwana-2.”
 Camille Dumarty – OPT NC

câble internet sous-marin
Câbles sous-marins, comment ça fonctionne ? © BBC

Autrement dit : la Nouvelle-Calédonie n’est pas dépendante d’une seule connexion vers Internet. Mais TAMTAM ouvre tout de même des perspectives intéressantes.

“Ce nouveau lien offrira la possibilité au Vanuatu d’acheter du trafic internet auprès de la Nouvelle-Calédonie, en concurrence donc avec leur source d’approvisionnement actuelle qui est Fidji.”
 Camille Dumarty – OPT NC

Traduction : la Nouvelle-Calédonie pourrait devenir un point de passage pour une partie du trafic Internet régional. Et derrière cette idée se cache un enjeu plus large.

“La Nouvelle-Calédonie a vocation à devenir un hub du numérique au même titre que Fidji ou Tahiti et à développer une économie autour de ces enjeux : data centers, développement des IA, gestion de la data océanique.”
 Benoit Maritan – Pacific Peering

Mais pour devenir un hub numérique, il faut d’abord une chose : des infrastructures solides.

“Tout cela ne peut se faire qu’avec des infrastructures récentes et résilientes.”
 Benoit Maritan – Pacific Peering

Et c’est précisément ce que représente un câble comme TAMTAM.

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TAMTAM : quand les câbles deviennent (presque) intelligents…

Si TAMTAM attire l’attention dans les milieux technologiques, ce n’est pas seulement pour la connectivité. Le projet intègre une technologie encore rare dans le monde des télécommunications : les SMART cables. SMART signifie Science Monitoring And Reliable Telecommunications – autrement dit : un câble capable de faire deux choses en même temps.

câble internet sous-marin
Câble Tamtam – aussi petit que puissant ! © PACIFIC BUSINESS REVIEW

La première mission est classique : transporter des données numériques entre deux territoires, comme n’importe quel câble sous-marin

La seconde est beaucoup plus originale : intégrer des capteurs directement dans l’infrastructure. Ces capteurs permettent de mesurer en continu plusieurs paramètres dans les grands fonds marins :

  • la pression de l’eau
  • la température
  • la salinité
  • les mouvements du plancher océanique

Le câble devient donc à la fois une autoroute pour Internet et une station d’observation scientifique installée à plusieurs kilomètres sous l’eau.

“Cette technologie hybride réunit sur un seul câble deux fonctions majeures : l’observation scientifique des grands fonds marins et les télécommunications classiques.”
 Benoit Maritan – Pacific Peering

Et ce n’est pas un petit projet bricolé dans un coin. Le câble sera fabriqué par Alcatel Submarine Networks, l’un des leaders mondiaux des infrastructures sous-marines. La partie scientifique est pilotée par l’Ifremer, avec un soutien financier du programme français France 2030.

Pour la Nouvelle-Calédonie, cette innovation pourrait aussi créer de nouvelles compétences technologiques.

“La partie SMART est également très importante, étant une première mondiale, et permettra le développement de compétences spécifiques sur le territoire autour de la récolte et du traitement des données environnementales en eaux profondes.”
 Camille Dumarty – OPT NC

Les câbles sous-marins ne transporteront donc plus seulement Internet, ils pourraient aussi produire des données stratégiques sur l’océan !

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Au fond de l’océan, Internet continue d’évoluer

Le réseau mondial de câbles sous-marins représente aujourd’hui plus de 1,5 million de kilomètres de fibre optique. Ces infrastructures sont devenues la colonne vertébrale de l’économie numérique mondiale. Avec TAMTAM, le Pacifique ajoute une nouvelle pièce à ce puzzle. Pour le Vanuatu, c’est une question de sécurité numérique.
 Pour la Nouvelle-Calédonie, c’est une opportunité de renforcer son rôle dans les infrastructures régionales et de développer de nouvelles compétences technologiques. Et si l’on regarde plus loin, les câbles SMART pourraient bien transformer un jour ce réseau mondial en quelque chose d’encore plus ambitieux : le plus grand réseau de capteurs jamais installé sur Terre.

Pas mal pour quelque chose qu’on appelle “le cloud” !

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L’Heure du Boss – Épisode #30 – Benjamin Baldacci, DSI(N) de la province Sud https://neotech.nc/podcast-benjamin-baldacci-dsi-province-sud/ Mon, 09 Mar 2026 02:05:08 +0000 https://neotech.nc/?p=15710 Nous avons accueilli Benjamin Baldacci, DSIN de la province Sud au micro pour parler transformation numérique de la collectivité...

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En partenariat avec Lagoon Business
Benjamin Baldacci au micro de « L’Heure du Boss » sur © NeoTech

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Numéro 30 en compagnie de Benjamin Baldacci

Chers auditeurs, bonjour et bienvenus dans « L’Heure du Boss », le trentième épisode du nom, en compagnie de M. Benjamin Baldacci que nous accueillons aujourd’hui avec grand plaisir au micro. Après avoir papoté entrepreneuriat et pédagogie de l’entreprise avec Julie Micheli, nous voici de retour au coeur de notre sujet : la transformation numérique

Après dix années dans le dev’ logiciel et cinq autres dans le conseil organisationnel et stratégique, ce navigateur 2.0 a rejoint la province Sud pour en devenir son Directeur du Système d’Information (et du Numérique) au sein de la DSIN depuis plus de neuf mois. C’est donc l’occasion de parler numérique et tech, IA et démat’ aux côtés de Benjamin qui va (presque) tout nous dire sur la stratégie IT de la province.

« La DSIN est organisée en quatre services ; le premier est en frontal avec l’ensemble des utilisateurs, c’est le centre de services. Ensuite, on a le service infrastructures et logistiques qui gère les data centers de la province Sud, le réseau et tout ce qui est système informatique. Il y a également le service DevOps qui est l’équipe de développement et qui intègre notamment entre dix et quatorze personnes aux développements. Et enfin, le service Performance Opérationnelle qui va gérer le lien avec les métiers et accompagner sur le développement des projets et le changement dans l’ensemble de la province. » – Benjamin, DéSIgNé à l’IT

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Démat’ et dev’ en classique, IA et tech en vision

On ouvre le bal avec le parcours de Benjamin, de ces années d’entrepreneuriat en France, en passant par ses formations et son attrait pour les nouvelles technologies et le développement avant d’enchaîner sur ses « nouvelles responsabilités » à la province Sud où il gère la DSIN et ses quatre services.

Dans le cadre de ces fonctions, part belle est faite au retour d’expérience sur un sujet de transformation numérique central, la dématérialisation et les process. En effet, au regard du grand nombre d’applications et de sites, la dette technique est vite bien nourrie et la province n’y échappe pas…

« L’humain est prépondérant dans nos projets car nous accompagnons des agents de la province Sud, soit environ 1 400 agents administratifs et 1 400 enseignants en primaire ainsi que tous les usagers qui sont accompagnés par les métiers » – Benjamin, puissance 2 800

Benjamin Baldacci
Welcome on board avec © NeoTech

Mais qui dit « visionnaire », dit aussi « data science » et Benjamin a tout à fait compris le rôle central des données « administrés » pour la collectivité qui n’a de cesse de trouver les meilleures solutions pour les optimiser mais surtout pour les protéger. Après un petit détour par la formation et la conduite du changement pour les équipes internes, nous avons également abordé le sujet « intelligence artificielle » au sein de la province, un vaste sujet de grand intérêt pour Benjamin et ses équipes.

Bref, vous l’aurez compris, on ne gère pas la transfonum d’une administration comme n’importe quelle organisation alors… montez le son et on se retrouve à la première bafouille !

Pour réécouter le 29ème épisode de “L’Heure de LA Boss” en compagnie de Julie Micheli, c’est par ici

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Wi-Fi publics : les bons réflexes pour éviter les mauvaises surprises https://neotech.nc/wifi-publics-bonnes-pratiques/ Thu, 05 Mar 2026 02:34:31 +0000 https://neotech.nc/?p=15694 Les Wi-Fi publics facilitent l’accès à Internet mais peuvent exposer les données personnelles et professionnelles. Quels sont les risques et quels réflexes adopter pour se connecter en toute sécurité ?

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Se connecter à un Wi-Fi public est devenu un geste automatique. Dans un café, un hôtel, un aéroport ou un lieu ouvert au public, l’accès à Internet se fait en quelques clics, que ce soit pour travailler, pour échanger ou simplement pour s’informer. Cette facilité a néanmoins ses faiblesses. Les réseaux Wi-Fi publics sont souvent moins protégés que les connexions privées.

Sur ces réseaux ouverts, certaines informations peuvent circuler sans véritable protection, comme des données personnelles, des mots de passe ou encore des échanges professionnels, parfois sans que les utilisateurs s’en rendent compte. En clair : on se connecte en deux secondes… mais nos données voyagent aussi avec nous. Et le phénomène est loin d’être marginal. Selon l’agence européenne de cybersécurité, plus de 60 % des internautes utilisent régulièrement des réseaux Wi-Fi publics lors de leurs déplacements. Dans le même temps, les incidents liés à la cybersécurité ne cessent d’augmenter. En France, la plateforme Cybermalveillance du gouvernement a recensé plus de 280 000 demandes d’assistance en cybersécurité en 2023, un chiffre en constante progression.

Dans ce contexte, des questions se posent : que risque-t-on vraiment en utilisant un Wi-Fi public ? Quels réflexes adopter pour éviter les mauvaises surprises ? Et quelle part de responsabilité incombe aux acteurs qui déploient et gèrent ces réseaux ?

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Wi-Fi publics : une porte d’entrée idéale pour les cyberattaques

Le principe du Wi-Fi public est simple : permettre à tout le monde de se connecter facilement. Mais cette ouverture peut aussi rendre ces réseaux plus vulnérables. Concrètement, contrairement aux connexions privées, ces réseaux sont souvent partagés par de nombreux utilisateurs et parfois mal configurés. Dans ces conditions, certaines données peuvent circuler sans protection suffisante. Dans ce type de situation, des mots de passe, des emails ou même des informations professionnelles peuvent être récupérés par des personnes mal intentionnées, parfois sans que l’utilisateur ne s’en rende compte.

WI-FI publics
© Centre Cyber Du Pacifique

Pour Laurent Rivaton, expert en cybersécurité et dirigeant de la société AdDo ainsi que fondateur de la Cyber Académie du Pacifique, cette vulnérabilité tient en grande partie à la nature même des réseaux publics :

« Les Wi-Fi publics sont plus exposés que les réseaux privés car ils reposent sur des infrastructures partagées où les données peuvent circuler sans protection suffisante si le réseau est mal sécurisé »

Selon l’expert, le problème vient aussi de la banalisation de ces usages :

« Les utilisateurs se connectent souvent sans se poser de questions, alors que ces réseaux peuvent être observés ou détournés plus facilement qu’une connexion privée »

Autre piège plus discret : les faux réseaux Wi-Fi. Certains cybercriminels créent des réseaux qui imitent ceux d’un lieu public, par exemple un café ou un hôtel, afin d’inciter les utilisateurs à s’y connecter. À première vue, rien ne semble suspect car le nom du réseau ressemble au vrai, la connexion fonctionne… et pourtant l’utilisateur navigue parfois sur un réseau frauduleux conçu pour observer ce qui circule dessus. Selon certaines analyses de cybersécurité mobile, près d’un quart des hotspots Wi-Fi publics étudiés présentent des failles de sécurité importantes. Derrière la simplicité d’un Wi-Fi gratuit peut donc parfois se cacher un terrain de jeu idéal pour les cyberattaques !

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Se connecter oui, mais pas n’importe comment !

Bonne nouvelle ! Utiliser un Wi-Fi public ne signifie pas forcément prendre des risques inconsidérés. Dans la majorité des cas, quelques réflexes simples permettent déjà de limiter les problèmes potentiels.

WI-FI publics
Le tour de passe-passe du hacker … © norton

Premier principe : éviter les usages sensibles. Consulter l’actualité ou ses emails ne pose généralement pas de problème. En revanche, accéder à sa banque en ligne ou à des outils professionnels sur un réseau public peut exposer des informations plus critiques. Deuxième réflexe : vérifier le réseau utilisé. Certains réseaux frauduleux peuvent reprendre des noms très proches de connexions officielles – on les appelle les Evil twin. Autre habitude utile : désactiver la connexion automatique afin d’éviter que son appareil se connecte seul à un réseau non fiable. Aussi, utiliser un VPN peut également sécuriser les échanges de données, tandis que les mises à jour des appareils permettent de corriger régulièrement des failles de sécurité

Pour Thomas Avron, fondateur d’APID et entrepreneur engagé dans de nombreux projets numériques en Nouvelle-Calédonie, notamment autour du projet OCEAN’IA, plusieurs réflexes simples permettent déjà de réduire les risques lorsqu’on utilise un Wi-Fi public. Il recommande notamment d’éviter de transmettre des informations sensibles si elles sont demandées par un réseau public, de privilégier les pages sécurisées en HTTPS plutôt qu’en HTTP et de limiter, autant que possible, les connexions à des services nécessitant un identifiant et un mot de passe. Activer la double authentification – par exemple recevoir un code sur son téléphone en plus du mot de passe – permet aussi de mieux protéger ses comptes.

« Une erreur fréquente consiste à se connecter à un Wi-Fi public avec un appareil sur lequel les identifiants et mots de passe sont déjà enregistrés dans le navigateur. Cela peut faciliter leur récupération en cas d’attaque. »

Enfin, un détail qui a son importance : se déconnecter d’un Wi-Fi public une fois la connexion terminée. Un petit geste… mais parfois un moyen simple pour éviter une mauvaise surprise.

WI-FI publics
Les bonnes pratiques à retenir ! © APDP

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Wi-Fi publics : une responsabilité partagée entre usagers et opérateurs

La sécurité des Wi-Fi publics ne dépend pas uniquement des comportements des utilisateurs. Elle repose aussi sur la manière dont ces réseaux sont conçus, configurés et gérés par les opérateurs et/ou administrateurs de réseaux. Du côté des usagers, la vigilance reste essentielle. Un Wi-Fi gratuit ne signifie pas forcément un Wi-Fi sécurisé, même lorsqu’il est proposé dans un lieu de confiance. Mais les opérateurs et gestionnaires de réseaux ont également un rôle clé. Mettre en place des protections de base, configurer correctement les infrastructures et surveiller les connexions permet de limiter les failles et les usages malveillants.

Dans la pratique, cela passe par des choses très concrètes : sécuriser les équipements, séparer le Wi-Fi public des réseaux internes de l’entreprise ou du lieu, ou encore surveiller les connexions inhabituelles pour repérer rapidement d’éventuelles tentatives d’intrusion. Car derrière un Wi-Fi accessible en quelques clics dans un café, un hôtel ou un lieu public, il y a en réalité toute une infrastructure qui doit être correctement configurée et surveillée. Ces sujets ne sont d’ailleurs pas laissés au hasard. Ils font aussi partie des enjeux suivis par les autorités de régulation des télécommunications, comme l’ARCEP qui encadre en France la gestion et la sécurité des infrastructures numériques.

Pour les acteurs qui déploient ces réseaux, la question est finalement assez simple : comment proposer un accès facile et pratique pour les utilisateurs, sans transformer ces points de connexion en portes d’entrée trop évidentes pour des usages malveillants ? En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, avec des usages numériques qui prennent de plus en plus de place dans le quotidien, le défi reste le même : faciliter l’accès à Internet dans les lieux publics… tout en veillant à ce que ces réseaux restent fiables et sécurisés pour ceux qui les utilisent.

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(Cyber)security first, for sure !

Dans un café, un hôtel ou un aéroport, se connecter à un Wi-Fi public est devenu un réflexe. Quelques clics suffisent pour travailler, envoyer un message ou chercher une information. Pratique certes, mais pas toujours sans risque ! La bonne nouvelle, c’est que ces risques ne sont pas une fatalité.

Avec quelques réflexes simples côté utilisateurs et des réseaux mieux sécurisés côté opérateurs, il reste tout à fait possible d’en profiter sans exposer ses données. Une chose reste néanmoins valable : sur Internet, la connexion la plus pratique n’est pas toujours la plus prudente.

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3 questions à… Séverine Zimmer autour du Campus N https://neotech.nc/interview-severine-zimmer-campusn-fiaf/ Tue, 03 Mar 2026 02:41:02 +0000 https://neotech.nc/?p=15674 Rencontre avec Séverine Zimmer, directrice du FIAF NC, autour du Campus N, son consortium et sa mise en oeuvre sur la trois années à venir...

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La montée en compétences numériques est aujourd’hui un enjeu majeur en Nouvelle-Calédonie, pour les salarié.e.s comme pour les entreprises. De cette réalité est né le Campus N, pensé pour répondre aux besoins concrets du territoire en matière de compétences numériques. Lauréat de l’Appel à Manifestation d’Intérêt France 2030 – Compétences et Métiers d’Avenir, il prévoit la mise en œuvre, sur les prochaines années, d’un campus des métiers et des qualifications du numérique, construit à partir des besoins du terrain et en lien avec les politiques numériques du territoire.

Séverine Zimmer, directrice du Fonds Interprofessionnel d’Assurance Formation (FIAF), revient sur les objectifs du Campus N, sa mise en œuvre et ses impacts attendus pour les salarié.e.s et les entreprises.

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Bonjour Séverine et bienvenue sur NeoTech ! Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer en quelques mots l’initiative Campus N, ainsi que les principaux acteurs impliqués dans sa mise en œuvre ?

Le Campus N est un très beau projet porté par un consortium engagé, composé de la DINUM et de la DTEFP, qui représentent la Nouvelle-Calédonie et qui sont les chefs de file du consortium, ainsi que de la CCI, du Vice-rectorat, de l’Université de la Nouvelle-Calédonie et du FIAF pour les publics salariés. L’idée du Campus N est de mettre en œuvre, dans les trois années à venir, un campus des métiers et des qualifications du numérique. Un campus qui se construit sur les besoins du terrain, qui s’adosse à la Station N dans la continuité des politiques numériques de la Nouvelle-Calédonie, et qui prend corps à travers la consolidation et le développement de la carte de formation, la formation des ressources et la mise en place d’une plateforme partagée, jusqu’à donner jour à un campus en bonne et due forme.

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Pourquoi était-il important, selon vous, d’orienter ces parcours de formation vers le numérique ? Quels objectifs le Campus N cherche-t-il à atteindre à travers ce choix ?

Numérique
© Campus N

Tous les acteurs du consortium se retrouvent face à une même réalité : un monde et des métiers qui se transforment très rapidement. Sans ces compétences transverses, les travailleurs et les travailleuses de demain seront incapables de faire face à ces transformations.
 Dans le monde du travail, le défi est constant pour conserver sa compétitivité et ce, dans un espace numérique de moins en moins sûr.

La cybersécurité et l’intelligence artificielle sont des technicités particulièrement importantes à appréhender rapidement, à l’échelle calédonienne. Il est aussi fortement question de valeurs et d’éthique, des sujets fondamentaux dans le monde du travail. Enfin, il y a notre expertise métier et notre rayonnement en tant que territoire. De grandes opportunités existent aujourd’hui en termes de carrière dans les métiers du numérique.

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Avec un peu de recul, en quoi des parcours diplômants comme ceux du Campus N peuvent-ils avoir un impact concret, à la fois sur l’écosystème numérique et sur l’emploi local ?

Le projet Campus N propose la consolidation de la carte de formation initiale et continue. Le rôle spécifique du FIAF dans cette consolidation est d’amener 25 salarié·e·s à la « diplomation » dans un métier du numérique.
 Notre marché du travail peut s’enorgueillir de professionnel·le·s créatif·ve·s, autodidactes et curieux·ses. Mais force est de constater que nos travailleur·se·s sont aussi souvent peu qualifié·e·s.

Notre stratégie est d’ouvrir des espaces de qualification, mais aussi un espace de construction entre salarié·e·s et employeur·euse·s, car l’entrée dans un parcours diplômant, quand on est salarié·e ou dirigeant·e, implique une réorganisation du travail autour de la formation. C’est un pari sur l’avenir, un co-portage bénéfique pour toutes les parties prenantes. Nous croyons que l’entreprise est un lieu de partage et d’épanouissement, et nous rendons ce projet plus abordable pour les entreprises d’un point de vue financier.

Salariés comme employeurs intéressés par un parcours diplômant dans les métiers du numérique peuvent dès à présent se faire connaître via le questionnaire de positionnement mis en place dans le cadre du projet Campus N. 
Cette démarche est sans engagement : les personnes et entreprises ayant manifesté leur intérêt seront informées en priorité du lancement des parcours de formation.

Questionnaire disponible ici

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Réseaux sociaux et mineurs en 2026 : le monde serre la vis pendant que les ados cherchent la clé… https://neotech.nc/reseaux-sociaux-protection-mineurs-monde/ Fri, 27 Feb 2026 03:52:52 +0000 https://neotech.nc/?p=15659 L'accès aux réseaux sociaux dès le plus jeune âge soulèvent des questions de santé mentale, d'éducation aux contenus et de législation...

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(Et spoiler : ils la trouvent souvent)

Pendant que les adultes légifèrent, les ados scrollent. Longtemps, l’accès des mineurs aux réseaux sociaux a été placé au second plan. Un problème identifié, documenté, commenté, puis repoussé à plus tard. Un peu comme une notification que l’on a lue, marquée « vu », puis oubliée.

L’année dernière, nous dressions un premier état des lieux de la situation « réseaux sociaux X mineurs« . Depuis, le sujet a clairement changé de statut. Les autorités compétentes se sont emparées de la question de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux et les premières décisions concrètes ont été prises. Ce n’est plus seulement une inquiétude parentale, ni un débat réservé aux experts du numérique. C’est devenu un enjeu politique et social, pris au sérieux par de plus en plus d’États. Aujourd’hui plusieurs questions se posent : peut-on réellement réguler l’accès des mineurs aux réseaux sociaux et surtout, quelles sont les limites des solutions testées dans le monde ?

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Quand la question n’est plus « faut-il agir ? » mais « comment protéger ? »

Entre violences en ligne et cyberharcèlement, exposition précoce à des contenus inadaptés et autres fakes et deepfake, impact sur la santé mentale des adolescents, le sujet n’a plus rien de marginal. Il est massif, documenté, et surtout vécu par notre jeunesse.

Concernant les violences en ligne, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS Europe), un adolescent sur six déclare avoir déjà été victime de cyberharcèlement et ce chiffre est en constante augmentation. Derrière cette statistique, il y a des insultes répétées, des humiliations (e-)publiques, des campagnes de dénigrement qui ne s’arrêtent jamais vraiment – parce qu’Internet, lui, ne dort pas.
 À l’échelle mondiale, l’UNICEF dresse un constat encore plus brutal : un jeune sur trois, dans plus de 30 pays, a déjà été confronté au harcèlement en ligne, et un sur cinq a évité l’école pour y échapper. On ne parle plus d’un simple malaise numérique, mais d’un impact direct sur la scolarité, la socialisation et la construction personnelle, bref, sur la vie IRL et en ligne des adolescents. 


réseaux sociaux
Le silence d’une jeunesse qui souffre… © uKnowKids

À ces violences visibles s’ajoutent des phénomènes plus discrets, mais tout aussi préoccupants : exposition précoce à des contenus violents ou sexualisés, comparaison permanente de soi, quête de validation sociale, fatigue cognitive et sociale. Comme si cela ne suffisait pas, l’intelligence artificielle ajoute une couche de complexité. Deepfakes, contenus générés artificiellement, désinformation et autres orgies de fake news : même les adultes peinent parfois à distinguer le vrai du faux. Pour des mineurs dont l’esprit critique est encore en construction, cette réalité devient leur normalité.
 Pendant ce temps-là, les adolescents, principaux concernés, continuent de faire ce qu’ils savent très bien faire : s’adapter. Entre création de comptes au nom d’un parent, migration vers des plateformes moins surveillées, ou utilisation de VPN (Virtual Private Network, un outil qui masque l’origine de la connexion et permet de contourner certaines restrictions), nos bambins regorgent de créativité !

En France, l’ANSES alerte clairement sur les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants et des adolescents. Anxiété, sommeil en vrac, estime de soi fragilisée, isolement malgré l’hyper-connexion : plus l’exposition est précoce, plus les dégâts s’installent. Le premier à lâcher, c’est bien souvent le sommeil. Les notifications tardives, la peur de rater quelque chose (FOMO – Fear Of Missing Out) et les écrans jusqu’à l’épuisement sont un réel fléau pour des ados qui grandissent avec un téléphone greffé à la main et pour qui “se déconnecter” n’est plus vraiment une option. S’ajoute à cela la comparaison permanente. Des corps idéalisés, des vies filtrées, des réussites mises en scène en continu. À force, l’estime de soi prend des coups. Certains jeunes finissent par se sentir en dessous, avec cette impression sourde de ne jamais être assez biens, assez beaux, assez populaires.

Face à ces constats, les gouvernements ont commencé à réagir. Certains ont choisi l’interdiction pure et simple des plateformes ou réseaux sociaux avant un âge requis. D’autres misent sur la vérification de l’âge. D’autres encore préfèrent observer ce que font leurs voisins avant de se positionner. Bref, tout le monde cherche la bonne formule.

Enfance sous écrans.
© La Dépêche
Enfance sous écrans … © La Dépêche

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C’est quoi, concrètement, les solutions mises sur la table ?

La première réponse apportée par les états est législative. Elle pose un cadre, fixe des limites et transfère la responsabilité vers les plateformes. En Europe, plusieurs pays avancent dans cette direction. En Allemagne, par exemple, le gouvernement a récemment soutenu plusieurs propositions visant à limiter l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, allant jusqu’à évoquer une interdiction avant 14 ans. Le débat n’est pas tranché mais le message est clair : laisser faire n’est plus une option.
 À l’échelle européenne, cette dynamique s’inscrit dans le Digital Services Act (DSA) qui renforce les obligations des grandes plateformes en matière de protection des mineurs, de modération et de transparence des algorithmes. Un cadre plus protecteur mais contraignant au regard du Règlement Général de la Protection des Données (RGPD). Aux États-Unis, pas de lois fédérales claires sur le sujet donc les solutions apportées sont l’objet de disparités. Certains états imposent des restrictions ou un consentement parental, d’autres temporisent. Le résultat de cette politique fragmentée ? Une réglementation peu lisible au global et facilement contournable.

Mais légiférer ne suffit pas, il faut également appliquer. C’est là que les solutions techniques entrent en jeu (et coincent dans certains cas). Vérification de l’âge à l’inscription, consentement parental, contrôles d’identité a posteriori… les outils pour bloquer l’accès des réseaux sociaux aux mineurs sont multiples. Leur efficacité, en revanche, l’est beaucoup moins. D’une part, parce qu’ils sont intrusifs et vont parfois à l’encontre des lois sur la protection des données personnelles. D’autre part, parce qu’ils sont, dans les faits, largement contournables à qui sait utiliser les bons outils ; VPN, faux comptes, identités empruntées : les solutions techniques essaient de suivre les usages créatifs… mais a toujours un temps de retard !

Derrière ces choix se cache une réalité rarement assumée publiquement par les états : l’économie. Les adolescents ne sont pas qu’un public à protéger, ils sont aussi et surtout une cible stratégique principalement pour les géants du numérique. Leur temps d’écran fait tourner la machine : l’économie de l’attention, la pub et les algorithmes qui décident de ce qu’on voit sont autant de revenus pour ces Méta-entreprises. Restreindre leur accès, c’est toucher directement au modèle économique des grandes plateformes. Du coup, rien d’étonnant à ce que chaque tentative de régulation déclenche des réactions en chaîne : prises de parole publiques, communiqués alarmistes, pressions politiques. Réguler c’est ok, (mais pas trop quand même !). En tous cas, pas au point de mettre en danger un business qui repose largement sur l’engagement des plus jeunes. Business et protection de nos ados sont ainsi intimement liées ce qui complique la tâche.

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Cas d’école : quand les voisins australiens décident d’éteindre l’écran

L’Australie, elle, n’a pas tergiversé. Là où beaucoup de pays discutent encore, elle, a tranché. Moins de 16 ans, pas de réseaux sociaux, pas de compte et encore moins « juste pour regarder ». La loi Online Safety Amendment de 2024 impose désormais aux plateformes d’empêcher l’accès des mineurs, sous peine de sanctions financières.
 Résultat : environ 4,7 millions de comptes de mineurs bloqués ou supprimés après l’entrée en vigueur de la loi. Ainsi, Meta a retiré plus de 550 000 comptes dans les premières semaines. Avant et après l’adoption du texte, Meta, TikTok et Snapchat ont publiquement critiqué la loi, dénonçant un dispositif jugé « précipité », tout en multipliant les échanges avec les autorités australiennes pour essayer d’en revoir l’application. Une opposition qui en dit long sur ce qui est réellement en jeu…


En France, le tour de vis est engagé… mais pas encore enclenché. Début 2026, les députés ont voté un texte avec une intention simple : empêcher les moins de 15 ans d’ouvrir un compte sur les réseaux sociaux. L’idée est de forcer les plateformes à bloquer l’inscription ou à demander un véritable accord parental. Sur le principe, tout le monde comprend. Dans les faits, personne ne sait encore vraiment comment faire. Le texte doit encore passer par le Sénat et surtout être transformé en règles concrètes et en solutions applicables. En attendant, aucune interdiction n’est réellement en place : les adolescents continuent de s’inscrire, comme avant. Cette loi est donc annoncée, mais pas encore appliquée.

Et chez nous, concrètement, ça dit quoi ? Alors que les décisions se multiplient ailleurs dans le monde, la Nouvelle-Calédonie ne s’est pas encore clairement prononcée sur l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux. Aucun cadre local spécifique n’a été présenté et aucun dispositif public n’a été annoncé. Nous avons contacté les autorités compétentes afin de savoir si une réflexion était en cours ou si des adaptations locales avaient été envisagées mais n’avons, à date, pas eu de réponse de leur part. Pourtant, il y a peu, les autorités locales avaient opté pour une solution radicale, celle du « Bouton Off ». Et oui, rappelez-vous, pendant les exactions de 2024, la désinformation faisait rage sur le Caillou et les autorités n’avaient pas hésité à bloquer purement et simplement l’accès à la plateforme chinoise TikTok dans le cadre législatif de « circonstances exceptionnelles de manière temporelles et proportionnées« . Nécessité ne fait pas toujours loi ?

réseaux sociaux
Le monde tente de réguler l’accès aux réseaux sociaux © BFM

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Interdire ne suffit pas. Ignorer encore moins.

Partout dans le monde, une chose est devenue évidente : laisser faire et attendre n’est plus une option. Mais interdire sans accompagner ne fonctionne pas non plus. Les adolescents ne disparaissent pas quand on ferme une application : ils s’adaptent, comme toujours. La vraie question n’est peut-être pas seulement de savoir à quel âge on doit accéder aux réseaux sociaux, mais qui apprend aux jeunes à s’en servir, à s’en protéger et à comprendre ce qu’ils consomment.


L’utilisation des réseaux sociaux n’est pas neutre et leur appréhension par les mineurs, dans un domaine privé et scolaire, devrait être au centre des débats actuels et des réformes éducatives. Sensibiliser aux contenus violents, apprendre à les utiliser (avec modération et esprit critique), identifier les violences en ligne sont autant de sujets qui doivent désormais occuper l’esprit des parents mais aussi des autorités en charge. En Nouvelle-Calédonie, le débat reste donc ouvert. Et peut-être que c’est précisément le bon moment pour l’engager !

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L’Heure de LA Boss – Épisode #29 – Julie Micheli, Parcours Entrepreneurs du Lycée Jules Garnier https://neotech.nc/lheure-de-la-boss-episode-29-julie-micheli-parcours-entrepreneur-du-lycee-jules-garnier/ Tue, 24 Feb 2026 03:43:49 +0000 https://neotech.nc/?p=15599 Pour cet épisode, nous avons reçu au micro Julie Micheli, enseignante au Lycée Jules Garnier qui nous parle du "Parcours Entrepreneur"...

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En partenariat avec Lagoon Business
Spoil alert : rayons de soleil au micro de © NeoTech

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« Parcours Entrepreneurs », l’entrepreneuriat en milieu scolaire

Chers auditeurs, bonjour et bienvenue dans ce 29ème épisode de « L’Heure de LA Boss« . Après avoir papoté transfornum au sein du groupe GBH avec Adrien Ductane, retour sur une initiative scolaire dédiée à l’entrepreneuriat : le « Parcours Entrepreneurs« . 

Pour cet épisode, nous avons reçu au micro Julie Micheli, enseignante agrégée d’Économie-Gestion au Lycée Jules Garnier, qui est à l’origine de la création et du déploiement du « Parcours Entrepreneurs », un programme qui sensibilise et intègre l’apprentissage de l’entrepreneuriat au coeur même du parcours lycéen. L’ambition : prouver que l’entrepreneuriat est accessible à tous et ce, dès le plus jeune âge. 

Instigatrice du « side project » la « Caravane de l’Entrepreneuriat« , la professeure a rassemblé une équipe pédagogique et de jeunes qui s’est déplacée sur l’ensemble du territoire pour aller rencontrer collégiens et lycéens, ainsi que la jeunesse en tribu, afin de parler « entrepreneuriat » et d’analyser les besoins concrets sur le terrain. Morceaux choisis avec une pédagogue active et inspirée ! 

Parcours Entrepreneur
Deux bénévoles au service du Parcours Entrepreneurs © NeoTech

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Tout le monde peut entreprendre !

Le leitmotiv de Julie ? « Tout le monde peut entreprendre« . Sa vision ? Utiliser l’entrepreneuriat au collège et lycée pour générer des vocations et inviter la jeunesse calédonienne à prendre son destin en main. Son outil ? Un programme pédagogique qui s’étale sur les trois années lycéennes à travers différentes étapes. Les objectifs pédagogiques ? Identifier un besoin, trouver une idée pour y répondre, créer son business plan à travers les grands volets « commercial », « marketing », « RH » et « finances » et bénéficier d’un accompagnement fait directement par des experts et professionnels bénévoles investis dans la mission.

Julie revient donc sur ces premières années de test, sur son ambition de démocratiser l’accès pédagogique au « Parcours Entrepreneurs », sur les résultats de l’année 2025 mais elle nous présente également les grandes lignes du programme pour 2026, tout en partageant des souvenirs mémorables, anecdotes pédagogiques et autres sucreries lycéennes avec bienveillance, humour et finesse. Bienvenue dans le monde de Julie et bonne écoute sur NeoTech.nc !

Pour réécouter le 28ème épisode de “L’Heure du Boss” en compagnie d’Adrien Ductane, c’est par ici

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3 questions à… Mehdi Hassouni, la Grande Collecte Numérique https://neotech.nc/3-questions-mehdi-hassouni-grande-collecte-numerique/ Sun, 22 Feb 2026 22:19:16 +0000 https://neotech.nc/?p=15645 Associer l’inclusion numérique, l’économie circulaire et la RSE en Nouvelle-Calédonie, c’est l’enjeu de la Grande Collecte Numérique...

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Associer l’inclusion numérique, l’économie circulaire et la responsabilité sociétale des entreprises en Nouvelle-Calédonie, c’est tout l’enjeu du dispositif la Grande Collecte Numérique portée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et le cluster numérique OPEN NC

Cette initiative consiste à collecter, trier, reconditionner puis distribuer des matériels informatiques depuis les entreprises participantes jusqu’aux associations et particuliers afin de lutter contre une fracture numérique bien présente en Nouvelle-Calédonie. Pour nous présenter la deuxième édition de ce dispositif, nous sommes allés à la rencontre de Mehdi Hassouni, représentant d’OPEN NC et président de sa commission « Numérique Inclusif et Durable ». 

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Mehdi bonjour et bienvenu sur NeoTech ! Pour commencer peux-tu nous parler un peu de cette fameuse commission et de son rôle dans le projet de Grande Collecte Numérique ? 

Bonjour aux lecteurs de NeoTech ; début 2023, dans le cadre des activités d’OPEN NC, nous avons longuement échangé avec Maeva Leroux, chargée de projet inclusion numérique au gouvernement, qui cherchait des partenaires de terrain et avons décidé de créer une commission dédiée, ouverte à tous, que nous avons appelé « Numérique Inclusif et Durable ». 

En effet, je suis assez sensible aux questions environnementales et, plus précisément à l’impact du numérique sur l’environnement. Fort de ces valeurs et du soutien politique de Christopher Gygès notamment, nous nous sommes inspirés de dispositifs qui existaient en France pour créer cette Grande Collecte Numérique avec toutes les énergies en présence. 

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Quel est le concept de cette Grande Collecte Numérique et quels sont les principaux objectifs de ce dispositif ? 

Le concept est éprouvé : nous collectons des matériels considérés obsolètes ou usagés directement dans les entreprises calédoniennes participantes. Il peut s’agir d’ordinateurs mais aussi d’imprimantes et de petits matériels. Une fois collectés, nous trions ces équipements avec des équipes bénévoles avant de les envoyer à des « reconditionneurs » tels que Repar Media Store, Shop Moi Ça et Kass pas L’PC engagés dans le dispositif qui s’occupent de les traiter sans contrepartie monétaire. Une fois que ce travail est fait, les matériels sont redistribués à des associations via des appels à manifestation d’intérêt. L’un d’entre eux est actuellement en cours et se terminera le 30 mars prochain. 

Cette initiative répond à divers enjeux et objectifs ; d’une part, il fédère les bonnes volontés qui ne demandent qu’à s’exprimer et il génère des actions bénévoles de tous les âges, sans obligation de compétences. De plus, pour les entreprises, il offre une solution sécurisée au traitement des machines jugées obsolètes et propose une traçabilité de chaque numéro de série, le tout en établissant des chiffres de référence sur notre capacité de reconditionnement.

Et puis, ça permet aussi de réduire les déchets et de créer une image plus responsable et solidaire du numérique en Nouvelle-Calédonie. Tout ça avec un très petit budget grâce à l’implication de nombreux acteurs que j’en profite pour remercier… 

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Vous venez donc de lancer un AMI destiné aux associations qui luttent contre la facture numérique et pour l’inclusion numérique. Quels sont les objectifs de cette Collecte 2026 ? 

Au 11 février, plus de 900 matériels ont été collectés ; 712 ordinateurs, 120 écrans et 87 imprimantes, sans compter les souris, claviers et autres « petits matériels » qui proviennent d’une dizaine d’entreprises donatrices. L’objectif central est donc de récupérer et redistribuer un maximum d’équipement pour impacter la vie des gens éloignés du numérique. Autre objectif miroir : inciter les grands comptes à donner régulièrement et plus rapidement leurs parcs informatiques en fin de vie. 

Grande Collecte Numérique
Des écrans d’ordinateur en-veux-tu-en-voilà-(bientôt) © Mehdi Hassouni / OPEN NC

Au-delà de ces aspects, nous continuons ainsi à acquérir de l’expérience dans le traitement du volume et l’organisation du dispositif avec l’ambition de convaincre l’écosystème et les pouvoirs publics de pérenniser et d’étendre la Grande Collecte Numérique. Nous souhaitons vraiment que cette initiative soit un exemple concret de ce que peut être l’économie circulaire en Nouvelle-Calédonie et des avantages de son intégration au sein de la société. 

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FinTech : ciao Revolut, et après ? https://neotech.nc/fintech-ciao-revolut-et-apres/ Wed, 18 Feb 2026 22:01:14 +0000 https://neotech.nc/?p=15610 Derrière le terme "FinTech", contraction de « finance » et « technologie », se cache ainsi une nouvelle génération d’acteurs bancaires...

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« Tu peux me faire un Lydia pour me rembourser ?« . Si vous n’avez jamais entendu cette phrase, c’est que vous vivez bien en Nouvelle-Calédonie. Et non, Lydia n’est pas une nymphe magicienne du remboursement mais bien une application de paiement entre amis, l’une des FinTech françaises qui a connu le plus de succès au cours de ces dernières années. FinTech, le mot est jeté…

Derrière le terme FinTech, contraction de « finance » et « technologie », se cache une nouvelle génération d’acteurs bancaires misant sur le numérique pour simplifier les services financiers. En Nouvelle-Calédonie, le départ de Revolut met en lumière les limites de ce modèle dans un territoire hors Union européenne, mais ouvre aussi la voie à de nouvelles alternatives. Ciao Revolut mais bonjour qui ?

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Revolut solde ses comptes sur le territoire

La FinTech désigne l’ensemble des entreprises qui utilisent le numérique pour proposer des services financiers alternatifs aux banques traditionnelles. Applications mobiles, paiements dématérialisés, cartes internationales ou encore gestion automatisée des comptes : ces entreprises ont profondément modifié les usages bancaires au cours de la dernière décennie.

En Nouvelle-Calédonie, cette dynamique se heurte toutefois à une réalité institutionnelle spécifique.  Le retrait de Revolut du territoire, prévu demain, le 20 février, en est l’illustration parfaite. Très populaire auprès des usagers pour ses frais réduits et ses services à l’international, la néobanque britannique ne peut plus opérer légalement dans un territoire situé hors du cadre réglementaire de l’Union européenne ; et du point de vue de la réglementation bancaire, le Caillou ne s’y trouve pas.

Si ce départ marque un coup d’arrêt pour une partie des utilisateurs, il laisse également un espace à investir. Depuis quelques temps déjà, de nouveaux acteurs de la FinTech s’implantent sur le territoire, avec des modèles adaptés ou ajustés aux contraintes locales.

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Be-bunk, la néobanque calédonienne

Fintech

Parmi ces nouveaux entrants, Be-bunk la première FinTech néo-calédonienne. Lancée en 2022, l’entreprise a pour but de favoriser l’inclusion bancaire, professionnelle et sociale, ainsi que le bien-être financier des membres des communautés d’Outre-mer. Pour ce faire, elle propose un compte de paiement avec IBAN français, une carte Visa, un compte paramétrable en francs CFP et une application mobile destinée à un usage quotidien. 

« En 2026, Be-bunk étoffera son offre avec des programmes d’éducation financière accessibles via l’application mobile, ainsi qu’avec des produits d’épargne visant à améliorer le bien-être financier de ses clients sur le long terme. Le crédit sera proposé ultérieurement, car bien qu’il existe une forte demande, il doit être offert de manière responsable, après une sensibilisation des clients aux risques de surendettement », informe Laurent de Bernède, directeur général de Be-bunk.

Contrairement aux grandes fintech européennes, Be-bunk dispose d’une présence physique en Nouvelle-Calédonie. « Grâce à ses sept agences locales, Be-bunk se différencie des acteurs purement digitaux par son modèle hybride, alliant proximité et efficacité, brisant ainsi les barrières numériques ou culturelles, dans le but de réduire l’exclusion bancaire. C’est là sa raison d’être et sa mission », indique Laurent de Bernède.

Be-bunk en Nouvelle-Calédonie, c’est aujourd’hui plus de 20 000 clients actifs, avec une croissance annuelle soutenue de plus de 50%. La néobanque calédonienne détient une licence d’Établissement de monnaie électronique délivrée par l’ACPR, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution« À ce titre, Be-bunk ne court aucun risque de se voir retirer le droit d’exercer en Nouvelle-Calédonie », assure le directeur général de Be-Bunk. Avant de conclure : « nous encourageons tous les calédoniens à privilégier une solution locale, qui travaille activement pour le développement du territoire et opère en parfaite conformité avec la loi. »

« Be-bunk se différencie des acteurs purement digitaux par son modèle hybride, alliant proximité et efficacité, brisant ainsi les barrières numériques ou culturelles, dans le but de réduire l’exclusion bancaire » – Laurent de Bernède, directeur général de Be-bunk.

Deblock donne du crédit à la fintech

Fintech

Autre acteur à se positionner sur le marché calédonien : Deblock, une néobanque française, accessible sur le Caillou depuis avril 2024. « Notre démarche s’inscrit dans la volonté de permettre aux Français d’outre-mer d’accéder à un compte gratuit, moderne et simple d’utilisation, avec une ouverture rapide et une expérience entièrement mobile », nous confie Maui Richmond, responsable Deblock Pacifique, chargé de la communication en Outre-mer.

Tout comme Be-bunk, Deblock permet d’obtenir en quelques minutes une carte Visa et un IBAN français. Mais l’application propose également des fonctionnalités d’épargne via des coffres, avec des rendements variables pouvant aller jusqu’à 6 %. Autre particularité : l’intégration des cryptomonnaies à ses services bancaires. « Le portefeuille crypto permet aux utilisateurs d’acheter, de détenir et de gérer des actifs numériques directement depuis l’application. Une large majorité de nos utilisateurs, y compris en outre-mer, ont activé cette fonctionnalité », explique Maui Richmond.

En ce qui concerne le respect de la réglementation bancaire, « Deblock opère sous la supervision des autorités françaises, notamment l’ACPR et la Banque de France. Ce cadre réglementaire assure une stabilité et une conformité adaptées aux territoires français, y compris en Nouvelle-Calédonie », poursuit le responsable de Deblock dans le Pacifique. De quoi rassurer les plus de 25 000 utilisateurs de l’application résidants sur le Caillou.

 « Le portefeuille crypto permet aux utilisateurs d’acheter, de détenir et de gérer des actifs numériques directement depuis l’application. Une large majorité de nos utilisateurs, y compris en outre-mer, ont activé cette fonctionnalité » – Maui Richmond, responsable Deblock Pacifique, chargé de communication en Outre-mer

Un cadre d’innovations financières sous contraintes

Le départ de Revolut, suivi par l’arrivée ou la montée en visibilité de Be-bunk et Deblock, illustre une recomposition progressive du paysage FinTech en Nouvelle-Calédonie. Mais cette dynamique reste fragile.

Le statut institutionnel du territoire, son éloignement géographique et l’existence d’une monnaie distincte continuent de limiter l’implantation durable des grandes FinTech internationales. Faute d’un cadre juridique pleinement adapté, les nouveaux acteurs doivent composer avec des modèles hybrides, entre innovation technologique et adaptation locale.

Pour autant, le départ de Revolut pourrait être temporaire. La FinTech britannique a en effet déposé une demande d’agrément auprès de la Banque de France, afin d’être légalement apte à reprendre ses activités sur les territoires français hors de l’Union européenne. D’ici là, les Calédoniens se seront-ils laissés séduire par l’un de ses concurrents, comme Deblock ou Be-bunk, ou l’attendront-ils fidèlement ?

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