
Devoxx France 2015 – 4 ième édition
Les préparatifs
Mercredi 8 avril 2015 au soir, préparation aux deux jours de conférence. La check list n’a pas beaucoup changé par rapport à l’année dernière :
- Batterie du téléphone portable chargée à bloque,
- Batterie du lap top idem,
- Bloc-notes + stylos,
- Tenue confortable,
- Lunette (ça c’est nouveau! :)),
- Mail permettant de retirer mon badge.
Ensuite vient l’organisation de la journée, établir le programme des conférences auquel je souhaite assister. Et c’est là que tout se complique.
En effet le grand changement, par rapport à 2014, c’est le lieu ou se tiendra la conférence.
L’année dernière, Devoxx France se tenait au Marriott, cette année c’est au palais des Congrès que se déroule l’évènement.
Beaucoup plus de conférences proposées. les choix deviennent difficiles :). En effet là ou l’année dernière 5 conférences se déroulaient en même temps, cette année, il y aura jusqu’à 8 conférences en parallèle.
Après un arbitrage sévère, le programme est enfin prêt (même si je sais que tout est encore mutable. :P)
Il ne me reste plus qu’à me coucher tôt pour être frais et dispo le lendemain du grand jour.
L’arrivée porte Maillot fait son petit effet. Lorsque l’on rentre dans le palais des Congrès que l’on monte au niveau 2, la conférence prend une nouvelle dimension par rapport aux années précédentes, c’est impressionnant.
2200 développeurs passionnés sont réunis, cela représente 300 personnes supplémentaires par rapport à l’année dernière. L’augmentation du nombre de convives ne se récent pas trop étant donné l’espace disponible.
Les Keynotes
Keynote de l’équipe Devoxx France
Bref, rentrons dans le vif du sujet. La journée commence par une première keynote tenue par Nicolas Martignole, Antonio Goncalves et Zouheir Cadi, les fondateurs de la conférence française.
Durant cette keynote, ils font un bilan le chemin parcouru pour aboutir à cette édition 2015.
Ils font également une annonce importante.. La famille des conférences Devoxx va s’agrandir, en effet la conférence
La Conférence JMaghreb rejoint la famille Devoxx et devient Devoxx Maroc. Comme les autres membres de la famille cette conférence sera un rendez-vous incontournable des développeurs, passionnés et entrepreneurs.
Au programme des sessions, des ateliers pratiques, des tables rondes, hackaton autour des sujets techniques liés au web, mobile, devops, gaming, sécurité.
Devoxx Maroc se tiendra au Mégarama de Casablanca du 16 au 18 novembre 2015.
Pour ceux qui souhaiterait tenter l’aventure de Devoxx Maroc en tant que speaker, le CFP ouvre le 1er mai prochain.
Le futur de la robotique personnelle
La seconde keynote, intitulé robot humanoïde pour tout le monde, a été présentée par Rodolphe Gelin sur le thème du futur de la robotique personnelle.
Il est directeur de la recherche dans la société Aldebaran.
Il commence par présenter différents robots développés par Aldebaran Nao, Pepper, Romeo.
Pour illustrer le thème de sa keynote, il nous propose une vidéo mettant en situation le premier robot de la liste (Nao). On voit une grand-mère interagir le robot.
Elle commence par l’appeler et lui demander de venir. Ensuite, elle lui demande les dernières informations importantes de l’actualité. Le robot s’exécute et lui énumère la liste. Lorsque la dame veut avoir plus de détails sur un titre, elle le demande naturellement au robot qui lui donne plus d’informations.
Cette scénette montre comment les robots pourront être utiles dans un futur proche dans le cadre de personne âgée pouvant être isolée socialement.
Au-delà de la diffusion des informations, Nao pourra aussi service de boîte mail interactive et aussi répondre au téléphone. Sur ce dernier point, Rodolphe Gelin insiste sur le fait, que cette fonctionnalité peut, par exemple, éviter des accidents.
En règle générale, les personnes agées se précipitent sur le téléphone lorsqu’elles reçoivent un appel et que c’est une des causes principales de chute. Avec le robot, cela limitera ces situations puisqu’il pourra prendre l’appel et éviter à la personne de faire un déplacement précipité.
A la fin de cette vidéo (fiction), le speaker précise que la situation montrée n’est pas encore possible. Aujourd’hui, le principal frein à la fluidité dans les interactions entre humain et robot dans une situation courante de la vie de tous les jours est la difficulté pour le robot à entendre et interpréter les messages oraux qui ne lui sont pas adressé explicitement.
Par exemple, vous êtes dans votre canapé, le robot est dans une autre pièce vous lui demandez quelque chose, il aura des difficultés à savoir qu’on s’adresse à lui directement et surtout entendre l’ordre. La raison principale à ce problème est la pollution sonore (ventilateur CPU, lorsqu’il parle, les bruits périphériques, etc).
Rodolphe Gelin se veut rassurant, ces obstacles ne sont évidemment pas insurmontable mais il reste tout de même du travail pour atteindre cette cible.
Les perspectives des travaux menés permettront de faire en sorte que le robot puisse évoluer au contact de la personne qu’il accompagnera. Il apprendra au fur et à mesure du comportement de la personne et à termes à réfléchir par rapport à ses habitudes.
Il pourra également, surveiller des comportements suspects comme une chute, un endormissement trop fréquent, etc) et dans ces situations critiques prévenir autrui.
D’ailleurs les organismes d’assurance s’intéressent particulièrement à ce projet. Il permettra de rationaliser les situations d’urgence.
Un point sur lequel Rodolphe a insisté est que l’on pourrait penser que ce petit robot pourrait créer un isolement social pour les personnes âgées. A cela, il répond que bien au contraire, le robot pourrait également se soucier de cet aspect et créer ce lien social en créant le contact avec d’autres personnes (proposer des appels, proposer des envois de mail, etc).
Ensuite, il nous a montré plusieurs petites vidéos présentant comment le robot pourrait apprendre de son environnement (au niveau des sons, des mouvements, etc)
Enfin, Rodolphe Gelin conclut par le fait que tous les apprentissages réalisés par les robots devront être partagé pour permettre de capitaliser sur ces connaissances précieuses.
Aussi, il a mis en avant les problématiques de sécurité et le fait que les robots devaient absolument être protéger d’une manière ou d’une autre du piratage étant donné la place qu’il prendrait dans le quotidien des humains.
Sur ce dernier sujet, il implique la responsabilité du développeur par rapport au fait qu’un robot est un outil et comme tous outils, il peut servir à faire des choses bien, ou pas…
Bien qu’elle est une teinture de science-fiction (assez proche) cette keynote était très intéressante et ouvre beaucoup de perspectives sur l’avenir.
La problématique du contrôle des technologies de l’information
La troisième keynote est présentée par Eric Filiol. Directeur du centre de recherche de l’ESIEA, il est un expert français en cryptologie et virologie informatique. Il a été lieutenant-colonel de l’armée de terre française.
On entend de plus en plus de faits mettant en cause les libertés d’expression et les actions visant à imposer un contrôle sur les technologies de l’information.
Eric rappelle, que depuis 60ans les technologies de l’information sont faites par des développeurs … mais que depuis 15 ans, elles sont régies par des personnes n’y comprenant rien, les Hommes politiques.
Si l’on regarde l’histoire passée, la gouvernance était organisée de façon pyramidale ou le sommet envoyait des ordres à la base. Les technologies de l’information (internet) ont changé cette organisation verticale; L’information circule beaucoup plus facilement et peu à peu s’impose un mode collaboratif.
Les strates politiques n’arrivent pas à prendre le train marche et plutôt que de s’adapter et d’accompagner ce mouvement, ils préfèrent en prendre le contrôle et de mettre sous surveillance les agissements des citoyens. Pour un état cette prise de contrôle abusive est un aveu de faiblesse.
Plusieurs faits marquant de tentatives de contrôle comme Cocom, Itar, arrangements de Wassenaar, etc.
Toutes ces actions sont légitimées, par nos politiques, par les faits terroristes et autres tragédies marquantes de l’actualité.
Eric Filiol cite une phrase historique du Cardinale de Richelieu : « Qu’on me donne 6 lignes écrites à la main de n’importe quel honnête homme j’y trouverai de quoi le faire pendre« .
En laissant les choses faire par les groupes politiques, on s’expose à une dictature de la donnée, une perte des valeurs démocratiques fondamentales et une perte du libre arbitre.
Eric Filiol nous donne une nouvelle citation : « Pas de libre arbitre -> pas de liberté … Pas de vie privée -> pas de libre arbitre« .
Par cette phrase, il nous invite à rester vigilant sur l’importance de garder un droit sur sa vie privée et de défendre fermement nos données privées. (même si l’on peut considérer que l’on n’a rien à cacher).
Il note les évolutions positives qu’il faudrait engager pour aller dans ce sens :
- Le respect de la vie privée,
- Inscription de ce respect dans la constitution,
- Renforcer le rôle du juge d’instruction,
- Créer un comité d’éthique.
Enfin il conclut en remettant au centre le développeur.
Il explique que le développeur à une part de responsabilité dans cette ‘bataille‘. Il est le gardien de la technologie (limiter les bugs, les backdoors, la qualité, etc) dans ce sens une responsabilité morale.
Reading and Writing in 20 Years
Le dernière keynote est présentée par Dan Allen project leader sur le projet asciidoctor.
Dan est venue parler de l’importance des écrits dans l’histoire de l’humanité.
Toutes les formes d’écritures depuis la nuit des temps ont permit de comprendre comment nos ancêtres vivaient.
Au tout début, les écrits étaient des dessins, puis l’écriture est arrivée, ensuite c’est l’imprimerie et maintenant l’ère du numérique avec les outils informatiques.
Jusqu’à une vingtaine d’années en arrière, les livres étaient la source principale de la connaissance, aujourd’hui ce support physique est en ‘déclin‘.
Ce déclin n’est absolument pas synonyme que l’homme s’est arrêté d’écrire bien au contraire, il n’a jamais été autant productif en matière d’écriture. Ce qui a changé c’est le support d’écriture.
Au-delà du simple faite d’écrire, ce qui permet de conserver cette mémoire à travers les âges c’est le partage de cette information.
Aujourd’hui, si le partage des écrits est facilité par le support numérique, il se pose quand même la question du format de partage. Le standard adopté (en général) est le format PDF, bien que celui-ci a été créé plus pour l’impression. Ce que Dan propose est plutôt la mise en place d’un format pivot permettant l’écriture, l’échange et à terme l’impression. Mais quel pourrait être ce format ? 😉
Un autre problème pouvant interférer est le langage. En effet, un écrit rédigé dans une langue, peut-être traduit dans plusieurs autres languages. Le problème est la précision avec laquelle la traduction est faite. On peut perdre du sens sur l’idée originelle et par conséquent induire des erreurs pour les générations futures.
En conclusion, Dan Allen encourage l’écrivain qui est en nous a continuer d’écrire et partager sans retenue. (l’idéal serait aussi de la faire en Asciidoctor 😛 )